65ÈME BATAILLON.

Aile droite,

Major Robert.

Compagnie No. 3: Capt. Bauset,

Lieut. Ostell.

No. 4: Capt. Roy.

Lieut. Hébert.

Aile gauche

Major Prévost.

Compagnie No. 5: Capt. Villeneuve.

Lt. Lafontaine.

Compagnie No. 6: Capt. Giroux.

Lieut. Robert.

Sous-lieut. Mackay.

Quartier-maître: Capt. LaRocque.

Aumônier: Révd. Père Provost.

Adjudant: Lieut. Starnes.

Chirurgien-Major Paré.

Assistant-chirurgien: Dr. Simard.

Instructeur: Labranche.

[Illustration: LIEUTENANT STARNES]

On traversa à gué la rivière Vermillon. Une partie de la route se fit

à travers de grands bois de bouleau, coupés ça et là par de profonds

ravins. Le temps était superbe et aurait été chaud s'il n'eût été

tempéré par une bonne petite brise de l'Est. On arrêta vers midi pour

prendre le lunch et on repartit vers les deux heures. En route les

deux ailes du bataillon se réunirent. On traversa des sites des plus

pittoresques par des chemins affreux. A six heures et demie a.m., le

camp fut choisi dans un site magnifique, sur un superbe plateau, près de

la rivière au Mulet. L'endroit formait un tableau digne du pinceau d'un

Vernet. Posé sur une élévation d'un demi mille au-dessus de la rivière,

le plateau est entouré de hautes falaises taillées à pic et couvertes de

sapins du plus beau vert et de beaux bouleaux. Le soleil en se couchant

donne à toute la scène un relief indescriptible. Les cimes des arbres se

revêtent d'une auréole du plus bel or, tandis que leurs bases reflètent

les feux allumés par les cuisiniers. Le mélange des ombres des soldats

errant autour du camp donne à la scène un aspect fantastique. Quelques

heures plus tard la lune se lève, et la scène, en changeant d'aspect, ne

perd rien de sa beauté. La reine des nuits promène lentement son char

féerique à travers les têtes fières et hautes des arbres, et semble

laisser un lambeau de sa robe transparente à chaque branche des sapins

d'où se détachent des lueurs verdâtres. Le vent est moins fort et une

faible brise fait seule onduler les cimes des arbustes.

Le lendemain le réveil eut lieu à quatre heures et demie; départ à six

heures et dix minutes du matin.

Le temps est très beau et un peu chaud. Traversée de l'anse Wasetna. Les

soldats suivent les guides qui passent par des chemins plus ou moins

praticables, pour descendre à la rive de la rivière Saskatchewan. La

route se poursuit pendant quelque temps le long du rivage. L'aspect de

la Saskatchewan et des paysages qui s'étendent en courbes multiples,

tout le long de son parcours, est des plus jolis. De l'anse Wasetna à

Victoria, les rives sont à une grande élévation et sont couvertes de

forêts épaisses. Plusieurs ravins viennent ça et là varier l'uniformité

du tableau. Vers onze heures et quart a.m., on fait la première halte

pour le dîner. La chaleur devient accablante. Après le dîner la marche

se continue à travers le bois et à quatre heures l'on arrive à Victoria

où l'on campe. Depuis Edmonton on a parcouru quatre-vingt milles.

Des éclaireurs viennent au camp pendant la veillée et annoncent que

Gros-Ours est à cinquante milles plus loin, dans un endroit appelé la

Côte du Renne. Il faut cependant attendre les ordres du major-général

pour continuer.

Le lendemain, il fait beau. Exercice dans l'avant-midi et l'après-midi.

Quelques officiers vont visiter le Fort Victoria. Il présente l'image de

la désolation la plus complète; il n'a plus d'occupant. A leur retour,

ils prennent un bain dans la Saskatchewan.

Rien d'extraordinaire le 13 mai. Exercice toute la journée. Les soldats

passent leurs moments de loisir à écrire à leurs parents et à leurs

amis.

Jeudi matin, réveil à cinq heures et demi. Messe basse à sept heures, à

l'occasion de la fête de l'Ascension. Beau temps frais. Les officiers se

construisent une table rustique pour prendre leurs repas. Ce sont des

troncs d'arbres placés sur des supports posés sur des pieux enfoncés en

terre. Des branches sont placées ça et là pour remplir les interstices

et égaliser la surface de la table, le tout est couvert d'une grosse

toile. Des troncs d'arbres servent de sièges; c'est un luxe d'un genre

nouveau. On s'aperçoit au souper que la provision de sucre est épuisée.

La nuit est froide.

Vers quatre heures du matin, le 15, il neige quelque peu; à cinq heures

et demie on se réveille et la neige continue à tomber jusqu'à sept

heures et demie. Il y avait alors deux pouces de neige sur le sol. De

neuf heures et demie à midi on fait encore de l'exercice.

Le lendemain, on se réveille à quatre heures et demie. Départ à neuf

heures. On lève le camp pour aller à un mille et demi plus loin dans la

vallée. Le général accompagné de l'Infanterie Légère de Winnipeg arrive

avec les chalands. Ils campent au Fort Victoria.

Le 17 mai, réveil à cinq heures et demie, messe à sept heures. La

journée est des plus ennuyeuse Il n'y a pas d'exercice. Les officiers

du 65e vont faire visite au camp de l'Infanterie Légère de Winnipeg. La

pluie commence à tomber vers les neuf heures du soir.

Le surlendemain, réveil à quatre heures et demie. Vers les six heures,

on lève le camp et l'on se dirige vers le Fort Victoria. Une petite

pluie légère est tombée vers les dix heures, mais n'a pas duré

longtemps. Il fait un fort vent d'est. Vers onze heures, un orage

violent éclate soudain, mais ne dure que quelques minutes. Durant la

journée le capitaine Bossé et le lieutenant Des Georges arrivent en

voiture d'Edmonton et font signer les listes de paie. Dans l'après-midi

ils se remettent en route pour rejoindre la compagnie No. 2 restée en

garnison à Edmonton. Pendant la veillée, un courrier apporte au camp la

nouvelle de la défaite des Métis, de la prise de Riel, et de la fuite de

Dumont.

Cent-vingt jours de service actif Récit Historique Très Complet de la Campagne du 65ème au Nord-Ouest · 第 32 / 83 题