Aile droite,
Major Robert.
Compagnie No. 3: Capt. Bauset,
Lieut. Ostell.
No. 4: Capt. Roy.
Lieut. Hébert.
Aile gauche
Major Prévost.
Compagnie No. 5: Capt. Villeneuve.
Lt. Lafontaine.
Compagnie No. 6: Capt. Giroux.
Lieut. Robert.
Sous-lieut. Mackay.
Quartier-maître: Capt. LaRocque.
Aumônier: Révd. Père Provost.
Adjudant: Lieut. Starnes.
Chirurgien-Major Paré.
Assistant-chirurgien: Dr. Simard.
Instructeur: Labranche.
[Illustration: LIEUTENANT STARNES]
On traversa à gué la rivière Vermillon. Une partie de la route se fit
à travers de grands bois de bouleau, coupés ça et là par de profonds
ravins. Le temps était superbe et aurait été chaud s'il n'eût été
tempéré par une bonne petite brise de l'Est. On arrêta vers midi pour
prendre le lunch et on repartit vers les deux heures. En route les
deux ailes du bataillon se réunirent. On traversa des sites des plus
pittoresques par des chemins affreux. A six heures et demie a.m., le
camp fut choisi dans un site magnifique, sur un superbe plateau, près de
la rivière au Mulet. L'endroit formait un tableau digne du pinceau d'un
Vernet. Posé sur une élévation d'un demi mille au-dessus de la rivière,
le plateau est entouré de hautes falaises taillées à pic et couvertes de
sapins du plus beau vert et de beaux bouleaux. Le soleil en se couchant
donne à toute la scène un relief indescriptible. Les cimes des arbres se
revêtent d'une auréole du plus bel or, tandis que leurs bases reflètent
les feux allumés par les cuisiniers. Le mélange des ombres des soldats
errant autour du camp donne à la scène un aspect fantastique. Quelques
heures plus tard la lune se lève, et la scène, en changeant d'aspect, ne
perd rien de sa beauté. La reine des nuits promène lentement son char
féerique à travers les têtes fières et hautes des arbres, et semble
laisser un lambeau de sa robe transparente à chaque branche des sapins
d'où se détachent des lueurs verdâtres. Le vent est moins fort et une
faible brise fait seule onduler les cimes des arbustes.
Le lendemain le réveil eut lieu à quatre heures et demie; départ à six
heures et dix minutes du matin.
Le temps est très beau et un peu chaud. Traversée de l'anse Wasetna. Les
soldats suivent les guides qui passent par des chemins plus ou moins
praticables, pour descendre à la rive de la rivière Saskatchewan. La
route se poursuit pendant quelque temps le long du rivage. L'aspect de
la Saskatchewan et des paysages qui s'étendent en courbes multiples,
tout le long de son parcours, est des plus jolis. De l'anse Wasetna à
Victoria, les rives sont à une grande élévation et sont couvertes de
forêts épaisses. Plusieurs ravins viennent ça et là varier l'uniformité
du tableau. Vers onze heures et quart a.m., on fait la première halte
pour le dîner. La chaleur devient accablante. Après le dîner la marche
se continue à travers le bois et à quatre heures l'on arrive à Victoria
où l'on campe. Depuis Edmonton on a parcouru quatre-vingt milles.
Des éclaireurs viennent au camp pendant la veillée et annoncent que
Gros-Ours est à cinquante milles plus loin, dans un endroit appelé la
Côte du Renne. Il faut cependant attendre les ordres du major-général
pour continuer.
Le lendemain, il fait beau. Exercice dans l'avant-midi et l'après-midi.
Quelques officiers vont visiter le Fort Victoria. Il présente l'image de
la désolation la plus complète; il n'a plus d'occupant. A leur retour,
ils prennent un bain dans la Saskatchewan.
Rien d'extraordinaire le 13 mai. Exercice toute la journée. Les soldats
passent leurs moments de loisir à écrire à leurs parents et à leurs
amis.
Jeudi matin, réveil à cinq heures et demi. Messe basse à sept heures, à
l'occasion de la fête de l'Ascension. Beau temps frais. Les officiers se
construisent une table rustique pour prendre leurs repas. Ce sont des
troncs d'arbres placés sur des supports posés sur des pieux enfoncés en
terre. Des branches sont placées ça et là pour remplir les interstices
et égaliser la surface de la table, le tout est couvert d'une grosse
toile. Des troncs d'arbres servent de sièges; c'est un luxe d'un genre
nouveau. On s'aperçoit au souper que la provision de sucre est épuisée.
La nuit est froide.
Vers quatre heures du matin, le 15, il neige quelque peu; à cinq heures
et demie on se réveille et la neige continue à tomber jusqu'à sept
heures et demie. Il y avait alors deux pouces de neige sur le sol. De
neuf heures et demie à midi on fait encore de l'exercice.
Le lendemain, on se réveille à quatre heures et demie. Départ à neuf
heures. On lève le camp pour aller à un mille et demi plus loin dans la
vallée. Le général accompagné de l'Infanterie Légère de Winnipeg arrive
avec les chalands. Ils campent au Fort Victoria.
Le 17 mai, réveil à cinq heures et demie, messe à sept heures. La
journée est des plus ennuyeuse Il n'y a pas d'exercice. Les officiers
du 65e vont faire visite au camp de l'Infanterie Légère de Winnipeg. La
pluie commence à tomber vers les neuf heures du soir.
Le surlendemain, réveil à quatre heures et demie. Vers les six heures,
on lève le camp et l'on se dirige vers le Fort Victoria. Une petite
pluie légère est tombée vers les dix heures, mais n'a pas duré
longtemps. Il fait un fort vent d'est. Vers onze heures, un orage
violent éclate soudain, mais ne dure que quelques minutes. Durant la
journée le capitaine Bossé et le lieutenant Des Georges arrivent en
voiture d'Edmonton et font signer les listes de paie. Dans l'après-midi
ils se remettent en route pour rejoindre la compagnie No. 2 restée en
garnison à Edmonton. Pendant la veillée, un courrier apporte au camp la
nouvelle de la défaite des Métis, de la prise de Riel, et de la fuite de
Dumont.