D'EDMONTON A VICTORIA.

Vers les deux heures, le 5 mai après-midi, les compagnies Nos. 5 et 6

du 65e bataillon, accompagnées d'un détachement de Police à cheval, se

mirent en route pour Victoria, d'où elles devaient continuer jusqu'à

Fort Pitt quand les renforts promis seraient arrivés. C'était

l'avant-garde. Le commandant de l'expédition est le major Steele. Le

capitaine Oswald commande la force montée. Le 65e bataillon est sous le

commandement du major Prévost; les compagnies 5 et 6 le représentent;

la premiere est commandée par le capitaine Villeneuve, assisté du

lieutenant Lafontaine; la seconde par le capitaine Giroux, assisté du

lieutenant Robert. Le sous-lieutenant Mackay agit comme adjudant.

La journée fut très chaude. Après environ une heure de marche on dressa

les tentes.

Le lendemain, 6 mai, le lever eut lieu à cinq heures et demie; départ

à sept heures. La journée fut très froide. Le vent du nord souffla

continuellement. Tout le détachement était en voitures. Quand on arrêta

pour le lunch à une heure de l'après-midi on avait parcouru seize

milles. Le capitaine Doherty qui commandait la compagnie No. 7

stationnée au Fort Saskatchewan vint au camp faire une visite. Tout le

long du parcours, des terres bonnes et bien cultivées s'offrirent à la

vue des soldats; de temps à autre une modeste habitation variait la

scène. On rencontre messieurs Brunelle et Chamberlain. Ceux-ci disent

que les Métis et les Sauvages ont le droit de leur côté, et qu'il faudra

une armée de vingt mille hommes pour abattre la rébellion. Les Métis

sont trop avancés dans leur voie de révolte pour se retirer, leurs têtes

et celles de leurs chefs sont en jeu et ils sont disposés à vendre

chèrement, leur vie.

La nuit fut très froide.

Le lendemain le réveil eut lieu à cinq heures; départ à sept heures

et demie a.m. Le voyage se continue à travers un pays de bois et de

broussailles. On traverse à gué la rivière Éturgeon. A onze heures et

quart a.m., on arrête pour dîner. L'endroit choisi pour le camp était

entouré de tous côtés par des broussailles; l'eau était à peine potable,

on la prenait dans un étang voisin. La journée fut assez belle mais un

peu froide. L'après-midi fut agréable. On fit l'exercice vers les trois

heures Une bande de Sauvages Cris passe près du camp et déclare que

Gros-Ours a tout dévasté à Victoria et aux environs. Au souper les

soldats eurent de la viande fraîche; les officiers dégustèrent une soupe

aux canards préparée par le capitaine Giroux. La soirée et la nuit

furent très froides.

Le réveil eut lieu à sept heures, vendredi matin. De neuf heures et

demie à onze heures, exercice. Matinée belle, mais fraîche. Départ à

midi et demi. Pendant le trajet, on eut à passer à travers une forêt de

bois de bouleau très épaisse. A cinq heures et demie de l'après-midi on

monta les tentes à trois cents verges de la rivière Vermillon, dans un

endroit magnifique appelé "l'Anse Profonde".

Ce jour là même l'aile droite commandée par le Lt.-Col. Hughes et

composée des compagnies No. 3, capitaine Bauset, lieut. Ostell, et No.

4, capitaine Roy, lieut. Hébert, dont l'état-major comprenait le

major Robert, l'adjudant Starnes, le quartier-maître LaRocque,

l'assistant-chirurgien Simard et le Révd Père Provost, quittait Edmonton

pour rejoindre à marches forcées le détachement qui les précédait sur la

route de Victoria.

Le major-général Strange et le major Perry avec le canon et une escouade

de la police à cheval restaient à Edmonton pour attendre l'arrivée, de

Calgarry, de l'aile droite de l'Infanterie Légère de Winnipeg et aussi

pour surveiller la construction et le chargement des chalands qui

devaient les transporter par voie de la Saskatchewan jusqu'à Victoria,

endroit choisi pour la jonction des différentes parties de la colonne.

A six heures, le 9 mai, le lever. De dix heures à onze heures il y eut

exercice. Il fait un temps superbe et chaud. Dans l'après-midi on eut

encore de l'exercice de trois heures à cinq heures. Vers les six heures

le Lt.-Col. Hughes arrive avec les compagnies 3 et 4. La réunion des

deux ailes eut lieu au milieu de la joie générale. Les nouveaux venus

campèrent sur les bords de la rivière Vermillon. Dans la veillée on

chanta des cantiques à la Sainte-Vierge.

Le lendemain, 10 mai, étant dimanche, on eut la messe en plein air à six

heures du matin. Les officiers et les soldats unirent leurs voix dans

des chants divins. A neuf heures on se remit en route. Le personnel de

cette expédition était comme suit:

Commandant: Lt.-Col. Hughes.

Major de brigade: Prévost.

Cavalerie, Police à cheval: Major Steele.

Éclaireur: Capt. Oswald.

Cent-vingt jours de service actif Récit Historique Très Complet de la Campagne du 65ème au Nord-Ouest · 第 31 / 83 题