LETTRE VIII

Ma chère Amie,

Il n'entre pas dans mes vues de vous raconter par le menu tous les

petits incidents qu'occasionna la rigueur de ma discipline domestique et

qui mirent maintes et maintes fois la verge en mouvement; je veux

seulement, pour votre amusement, vous relater ceux dont j'ai gardé

particulièrement le souvenir.

La cure de Selina Richards me valut une réputation spéciale dans un

cercle étendu de relations et d'amies. Je refusai toutefois de me

charger de guérir d'autres mauvais sujets. Par contre, je m'occupai de

fonder un club de dames exclusivement réservé aux adeptes de la fessée

disciplinaire. Les réunions avaient lieu dans ma maison, où mes

servantes ayant juré le secret agissaient comme membres en surnombre

sans être toutefois sur un pied d'égalité avec les dames du Club.

Le règlement imposant la plus absolue discrétion à tous les membres, les

postulantes ne pouvaient avoir la moindre idée de ce qui les attendait

lors de leur initiation aux mystères du «Rodney Club», comme nous

l'avions baptisé. Notre but était de faire de nos séances de réception

une occasion de nous délecter à voir l'effroyable humiliation des

initiées en se sentant troussées, dépouillées, et exhibées pour la

fessée devant les membres du Club.

Mes anciennes camarades d'école, Laura Sandon, Louise Van Tromp, Miss

Cécile Deben, Lady Clara Wawering et trois autres dames, outre Mlle

Fosse et moi comme présidente et intendante, furent les premières

adhérentes. Deux d'entre elles étaient mariées, mais nous convînmes

qu'on ne les désignerait que par leur nom de jeunes filles.

Lady Clara fut la première à solliciter l'admission d'une novice; une de

ses soeurs cadettes, qui, disait-elle, avait un peu trop de propension

pour les jeunes gens, comme elle s'était, à diverses reprises, comportée

de façon très inconvenante, il serait fort piquant de la sermonner et de

la fouetter.

On fixa un soir pour son admission et personne ne manqua pour cette

première séance de réception.

Notre grande salle de punition était tendue tout autour de jolies

tapisseries, ornée de nombreuses glaces, brillamment illuminée et

décorée de plantes et de fleurs.

Les dames du Club portaient toutes le même costume, c'est-à-dire un

corset de soie bleue avec lacets rouges, un court jupon de tulle blanc

ne descendant pas plus bas que le genou, de façon à montrer les jambes

gantées de bas de soie et que faisaient encore mieux valoir de hautes

bottines parisiennes. Tout le monde était ainsi court vêtu, les autres

vêtements ayant été enlevés pour permettre toute liberté dans les

mouvements et aussi pour dégager le cou et les seins des dames. Toutes

jeunes, belles et ardentes étaient empourprées d'excitation anticipée;

leur poitrine marmoréenne se soulevait d'émotion et un joli bouquet de

roses coquettement niché entre les deux globes d'amour rehaussait encore

la blancheur lactée de leur peau.

Comme présidente, j'étais assise dans un fauteuil, assistée de chaque

côté par quatre dames. Jane et Mary se tenaient debout derrière moi.

On frappe à la porte. Lady Clara va ouvrir, et introduit sa soeur, Lady

Lucrétia Wawering, âgée d'environ seize ans, brune, bien proportionnée,

de taille un peu au-dessus de la moyenne; elle a de grands yeux pensifs

de gazelle. Elle tient en main un joli bouquet et est vêtue tout de

blanc.

Elle s'avance avec assez d'assurance vers mon siège et me fait une

profonde révérence. Lady Clara dit alors: «Permettez-moi, Madame la

Présidente, et vous, Mesdames, de vous présenter ma soeur, Lady

Lucrétia, qui désire devenir notre collègue.

_La Présidente._--Lady Lucrétia, soyez la bienvenue dans notre

confrérie. Etes-vous décidée à nous jurer le secret et à être initiée

aux mystères de la verge?

_Lady Lucrétia._--Oui, et à me soumettre à tous vos rites et règlements.

_La Présidente._--Alors, déshabillez-vous pour revêtir notre tenue et

vous répondrez sincèrement aux questions que je vais vous poser.

Jane et Mary aident la novice à se déshabiller; elle rougit légèrement

lorsque après que sa robe a été enlevée, on se dispose à faire de même

pour le jupon. Elle se tourne alors vers moi et me dit: «On ne met

sûrement pas les postulantes toutes nues, je suppose que je dois

seulement changer de costume?»

_La Présidente._--Si, parce que vous aurez à tâter de la verge avant de

revêtir notre uniforme.

_Lucrétia_ (devenant pourpre).--Oh! je ne m'attendais sûrement pas à

cela! C'est d'une telle indécence!

_La Présidente._--Dépêchons-nous! De telles remarques sont tout à fait

déplacées! Soeur Lucrétia, vous avez déjà transgressé les règles en

discutant mes ordres souverains et il en cuira à vos fesses.

_Lucrétia_ (en proie à une grande confusion et la voix toute

troublée).--Je vous en prie, laissez-moi m'excuser, je ne supposais pas

que les membres fussent exposés aux châtiments et je pensais qu'elles

s'amusaient à fouetter les enfants indigents que les écoles leur

envoyaient pour être corrigés.

_La Présidente._--Vous vous excuserez sous la verge. Nous avons bien

autre chose à faire ici qu'à fouetter les derrières des enfants

indigents; bien qu'il soit du devoir de tous les membres d'appliquer la

discipline à la maison où dans tout autre endroit où ils exercent leur

autorité.

Lucrétia se tait; mais le pourpre de sa figure et les frémissements

nerveux des coins de sa bouche attestent qu'elle redoute l'approche de

la verge. Elle baisse les yeux d'un air contrit. Lorsqu'elle n'a plus

que son pantalon, sa chemise, ses bas et ses bottines, elle est conduite

vers l'échelle. La présidente et les dames l'accompagnent et

l'entourent.

_La Présidente._--Placez l'échelle presque verticale; ficelez ses

poignets tout en haut et qu'elle ne touche le sol que par la pointe des

pieds. Si elle ose gravir sans permission le premier barreau de

l'échelle, ses fesses apprendront ce qu'il en coûte.

Les larmes aux yeux, la victime, tremblante de honte et d'angoisse, crie

en vain que la position ordonnée doit être trop pénible et demande

grâce. Puis, lorsqu'elle sent sa chemise roulée sous ses aisselles et

son pantalon rabattu en dessous de ses genoux, elle s'écrie: «Pitié!

chère miss Coote, laissez-moi; il n'est pas possible que l'on soit aussi

sévère envers une novice!»

_La Présidente._--Je vous conseille de vous plaindre en vérité. Nous

allons vous initier aux délicieux mystères de notre société, dont vous

serez bientôt une des adeptes les plus enthousiastes.

Elle prend alors des mains de Jane une belle verge nouée avec des rubans

bleu et or et elle en cingle légèrement le derrière nu de la victime en

lui disant: «Maintenant, priez-moi de vous fouetter convenablement et

demandez pardon de votre ridicule résistance.»

_Lucrétia_ (sérieusement effrayée et d'une voix tremblante).--Oh! Est-ce

bien vrai? Est-il possible que je doive être cruellement fouettée?

_La Présidente._--Tenez! En voilà la preuve, entêtée que vous êtes.

C'est trop perdre de temps! Tenez! Tenez! Tenez!

Chaque mot est accompagné de bons coups de verge dont les traces

s'entrecroisent sur la surface des fesses, semant des roses à la place

des lys. Et miss Coote continue: «Dans une minute ou deux, vous jugerez

sans doute qu'il vaut mieux vous soumettre sans simagrées et demander

pardon.»

_La victime._--Ah! Ah! Oh la! Hola! c'est affreux! Oui! Oui! Je regrette

ce que j'ai dit, mais la verge me cingle si fort qu'on ne mesure pas ses

paroles. Oh! je vous en prie, pardonnez-moi... punissez-moi comme je

l'ai mérité, Ah! Ah! Ah! miséricorde.

En prononçant ses mots sans suite, elle se démène et se tortille sous

les piquantes cinglades qui ont déjà marbré de pitoyable façon sa peau

sensible et délicate.

_La Présidente._--Très bien! Voilà comme il faut parler! Mais maintenant

que vous allez être une des nôtres, il faut nous dire si vous avez un

amoureux.

Un coup plus cinglant que les précédents ponctue cette question. La

victime rugit: «Ah! Ahhh! Oh! C'est horrible. On dirait une lame

brûlante qui me déchire la peau. En vérité, je n'ai pas d'amoureux...

s'il est interdit d'en avoir.»

Mais, comme elle pose instinctivement les pieds sur le premier barreau

de l'échelle pour soulager la tension pénible de ses poignets, elle

reçoit en travers des mollets une furieuse cinglade qui la fait hurler

de plus belle.

--Comment osez-vous, Mademoiselle, bouger sans permission, lui crie la

présidente en lui administrant une volée de coups de verges sur les

jambes et sur les fesses, la faisant danser sous cette avalanche comme

un canard sur une plaque brûlante. «Là! Je pense que vous allez

maintenant rester en place! Revenons à ma question», continue miss

Coote, «si vous n'avez pas d'amoureux pour le moment, vous en avez eu

avant?»

_Lucrétia._--Oh! Oh! Mon pauvre derrière! Oh! Oui... Ah! Ah! j'en ai eu

un... mais Oh! Oh! je l'ai quitté il y a six mois! Ah! Pitié! Ne me

fouettez plus si vous voulez que je puisse vous répondre!

_La Présidente_ (sans cesser d'appliquer la verge).--Encore cette

chanson, soeur Lucrétia. Vos jolies fesses rouges apprécient sans doute

cette petite régalade, sans quoi vous ne me provoqueriez pas par vos

ridicules observations. Que dites-vous de cela? Et de cela? N'est-ce pas

que cela cingle comme il faut? Racontez-nous quelque chose sur cet

amoureux, s'il vous plaît!

_Lucrétia._--Mes poignets sont ankylosés et mon derrière... Oh! mon

derrière me cuit, me brûle... Non! Arrêtez... Vous voulez savoir... sur

mon amoureux... eh bien... je l'ai quitté parce qu'il avait été

inconvenant avec moi.»

_La Présidente._--Dites-vous vrai, soeur Lucrétia, c'est un point

capital pour vous. Nous appelons la verge le sceptre de la vérité, car

il n'y a rien de tel pour faire confesser la vérité. Que vous a donc

fait votre amoureux? Criez tant que vous voudrez, si cela vous soulage,

cela nous amusera de vous entendre.

_Lucrétia._--Ah oui! Je crie malgré moi. Vous m'avez si cruellement

fouettée! Et bien, il a voulu prendre des libertés avec moi et a eu

l'audace de fourrer la main sous mes jupons. Voilà tout! Ah! Assez!

Pitié! Vous ne me laissez même pas le temps de respirer!

--Etes-vous certaine que cela est bien vrai, fait alors la présidente en

se reposant un peu.

Lucrétia, croyant être enfin au bout de son épreuve, répond bien vite:

«Tout à fait vrai, chère miss Coote, voilà ce qu'il a osé me faire!»

Elle éprouve alors dans certaines régions intimes une sorte de chaleur

voluptueuse et, sous cette impression, ferme les yeux, tandis qu'un

sourire de sensualité décèle la voluptueuse émotion qu'elle éprouve.

_La Présidente._--Que signifie ce sourire langoureux, soeur Lucrétia. Il

me semble que vos fesses frissonnent d'émotion. Ma question sur votre

amoureux vous a-t-elle rappelé de plaisants souvenirs? Allons,

dites-nous toute la vérité. Vous nous en avez sûrement caché la moitié.

Et elle accompagne ces derniers mots d'une soudaine volée de coups de

verges qui, cette fois amènent le sang à la surface de la chair.

_La victime._--Ah! Ahhh! C'est trop de barbarie! Juste quand je pensais

être au bout de mes épreuves et que j'éprouvais une chaleur exquise à

mon derrière. Non vraiment, je ne pensais plus à mon amant!

En disant ces derniers mots, elle baisse les yeux et rougit comme une

pivoine.

_La Présidente_ (sévèrement).--Ainsi vous persistez dans vos mensonges?

Sachez que nous sommes au courant de ce qui s'est passé entre le jeune

Aubrey et vous. Allons, la vérité et vivement, sinon je découpe des

lanières dans la chair de vos fesses. N'essayez pas de nous tromper.

Nous connaissons les effets de la verge et les douces sensations qu'elle

procure.

Tout en parlant, la présidente fait siffler la verge sur les

malheureuses fesses où elles dessinent de longs sillons entrecroisés.

S'excitant à sa besogne, la fouetteuse semble éprouver à chaque coup

qu'elle applique, une sensation exquise. Les cris et les supplications

de Lucrétia sont une délicieuse musique pour elle et pour les

spectatrices qui ne dissimulent pas leur voluptueuse émotion. La victime

hurle de souffrance, elle se tortille et contorsionne ses fesses et tout

son corps, sans souci de la décence sous la furieuse correction dont on

la gratifie.

Les assistantes ont, tout d'abord, observé la scène avec la plus stricte

attention, mais, peu à peu, leur sang circulant plus fort dans leurs

veines amène à leurs joues une rougeur intense, et, bientôt, sous une

commune impulsion, les huit dames, Jane et Mary comprises, prennent

chacune une longue verge faite de brins souples fraîchement cueillis et

forment un cercle autour de la présidente qui continue à flageller la

victime sur son échelle. Chacune relève ses jupes sous son bras et

s'expose entièrement nue depuis la taille jusqu'aux genoux; c'est un

délicieux bouquet de blanches fesses rebondies, de cuisses nerveuses, de

mollets cambrés rehaussés de bas de soie, de jolies jarretières,

d'élégants souliers à boucles ou de hautes bottines; les ventres

impudemment étalés s'ornementent de toisons aux nuances variées, brun,

roux, châtain ou blond. Et sans tarder, la danse commence. Sur les

fesses blanches et fraîches les verges mettent bientôt une teinte rose,

chacune s'évertue de son mieux à rendre au postérieur placé devant elle

les cinglades que le sien reçoit. Des éclats de rire, des cris perçants,

des exclamations éveillent les échos de la salle, les bras se lèvent et

s'abaissent avec ardeur! Cette scène lascive se prolonge pendant trois

ou quatre minutes. A ce moment, sous la verge de la présidente, la

victime tombe en défaillance; ses cris sont devenus des sanglots, puis

ils s'atténuent peu à peu; elle s'évanouit; sa tête se renverse en

arrière et son derrière n'offre plus qu'une surface à vif d'où le sang

suinte et ruisselle sur la chair blanche des cuisses.

La présidente jette alors sa verge hors de service. «Allons, mesdames,

dit-elle, cessez vos ébats, et aidez-moi à la ranimer. Elle reviendra

bien vite à elle. Vos jolis culs sont ravissants à voir. Je veux faire

partie du prochain cercle que l'on formera.

La victime est détachée de l'échelle. Sous l'action de l'eau fraîche, de

sels médicinaux, et d'un large éventail, elle se ranime peu à peu. Ses

yeux s'entr'ouvrent et elle regarde autour d'elle d'un air égaré: «Où

suis-je, balbutie-t-elle à voix basse, quel joli rêve!» Puis, comme on

lui a fait prendre un vigoureux cordial, elle s'écrie: «Ah oui! Je m'en

souviens! Oh mon pauvre derrière, comme il me fait mal! Elle frotte

alors ses fesses de ses deux mains et voyant qu'elles sont toutes

couvertes de sang, elle sanglote nerveusement: «Quel monstre que cette

miss Coote! Comme elle a l'air de se délecter de mes tortures! Ah! si

jamais je tiens son derrière sous ma verge, elle s'en souviendra.»

Un bruyant éclat de rire accueille cette menace et nous nous délectons

toutes de la honte et de la confusion de la pauvre Lucrétia.

--Allons, soeur Lucrétia, lui dis-je alors du courage! Il ne vous reste

plus à faire que ce que nous appelons l'ascension de l'échelle. Un jour

ou l'autre, vous pourrez prendre sans doute votre revanche. En

attendant, vous allez voir si Louise Van Tromp est aussi sévère que moi,

et vous apprécierez sans doute sa façon de manier la verge sur vos

fesses écorchées. Tenez, Jane, je crois qu'elle est à point pour la

seconde partie de la punition.

--Oh! vous pouvez vous fier à moi pour la faire danser comme il faut,

dit alors Louise Van Tromp; elle n'est pas à la moitié de sa confession.

En disant cela, elle brandit et fait souffler une belle verge neuve aux

oreilles de la victime qui manifeste une véritable terreur.

Tandis que les larmes ruissellent sur ses joues, elle s'écrie d'une voix

coupée de sanglots: «Non! non! assez! C'est horrible! N'aurez-vous pas

pitié de moi? Voyez comme mon derrière est déjà lacéré; je ne veux plus

que vous y touchiez! Non! vous ne me remettrez plus sur cette affreuse

échelle.» Et comme Jane essaie de l'entraîner vers l'instrument, elle se

débat et veut fuir du côté opposé.

Voyant cela, Louise lui applique en travers des épaules un formidable

coup de verge: «Qu'est-ce qui vous prend? voulez-vous vous laisser faire

et vous dépêcher, ou gare à vos épaules?» lui crie-t-elle en examinant

d'un oeil satisfait les longues marques rouges que la verge a tracées

sur les blanches épaules de la victime.

--Aïe! aïe! oui! oui! j'obéis, gémit-elle en tendant à Jane ses deux

poignets qui sont vivement ligotés.

--Très bien, fait Louise, et maintenant, montez les barreaux de

l'échelle, mais un par un seulement, au fur et à mesure que j'appellerai

son numéro, en commençant par le bas, et faites attention de ne pas en

monter deux à la fois, ou il faudrait tout recommencer. Allons, nous y

sommes... Un! Ce mot est accompagné d'un coup furibond sur les fesses de

la pauvre fille.

--Ahhh! hurle-t-elle en sentant la verge s'enfoncer dans la chair à vif;

elle a soin, néanmoins, de ne gravir qu'un échelon.

Louise décrit en l'air des moulinets avec la verge, en disant: «Pas mal,

en vérité, attention, attention.» Et quand elle a ainsi tenu Lucrétia

dans l'angoisse, elle compte «deux» et «trois», ponctuant chaque coup

d'un nouveau coup de l'instrument, en laissant entre eux un intervalle

suffisant pour que la victime en éprouve le torturant effet.

A chaque assaut, Lucrétia répond par un cri perçant et articule

douloureusement: «Ah! c'est atroce! La peau de mon derrière se fend, je

sens que je suis toute déchirée.»

--J'en suis charmée, riposte vivement Louise, en regardant

triomphalement les assistantes. «Allons, continuons... et, après avoir

décrit de nouveaux moulinets, la verge retombe violemment sur les

chairs. «Quatre! cinq!» Chaque coup arrache du sang de la peau meurtrie.

Les spectatrices contemplent la scène avec avidité.

Le pied de Lucrétia a glissé sur un échelon, mais elle se reprend

vivement avant que Louise ait pu noter son erreur. «Encore deux!»

soupire-t-elle, calculant les échelons qui restent à gravir.

--Les cuisses droites, de façon à bien exposer votre cul, lui dit

Louise, en tapotant de la verge le minet que cette position presque

horizontale met en saillie. Puis, «six! sept!» Ces deux derniers coups

sont appliqués encore plus fort, mais la victime n'a pas bronché, et

d'unanimes bravos saluent son énergie. Jane profite de sa position pour

attacher les chevilles de la patiente qui se trouve fixée dans la

position la plus favorable pour une nouvelle flagellation.

--Merci, Jane, vous avez une excellente idée, fait Louise. Eh bien,

soeur Lucrétia, il faut nous raconter tout ce qui s'est passé entre vous

et le jeune Aubrey. Miss Coote ne vous en a pas fait confesser la

moitié.

Et elle caresse les fesses tendues de petits coups de verges. Écorchée

comme est Lucrétia, ces légers coups lui sont néanmoins pénibles, car

une grimace de souffrance crispe ses traits.

--Oh! oh! je vous en supplie! fait-elle, ne recommencez pas! Je vous ai

dit qu'il avait pris des libertés avec moi. Que puis-je vous dire de

plus? Oh! oh! ne me touchez pas, le moindre contact de la verge me fait

un mal affreux.

--Alors, petite obstinée, répond Louise, pourquoi persistez-vous à ne

pas dire toute la vérité? Ne l'avez-vous pas encouragé?

Cette question est accompagnée de petites cinglades qui, bien que

bénignes, en comparaison des précédentes, n'en font pas moins tortiller

le malheureux derrière à vif dans sa fatigante position.

Abreuvée de honte et de confusion, la figure empourprée à l'idée que

tant d'yeux sont braqués sur elle, Lucrétia implore lamentablement:

«Épargnez-moi, pitié! fait-elle. Puisque vous savez tout, n'insistez

pas! Rendez-vous compte de mes souffrances! Songez combien est pénible

une semblable confession! Ahh!! Faut-il que vous soyez barbares pour

vous repaître ainsi de ma honte et de mes tortures.»

--Bah! bah! fait Louise, ce n'est pas si terrible que cela. Il faut bien

souffrir quelque chose pour être des nôtres. Vous assisterez vous-même à

une scène semblable quand nous recevrons une nouvelle novice. Mais vous

me faites perdre mon temps. Allons! Avouez! avouez! avouez! Et trois

nouveaux coups font gigoter le malheureux postérieur.

--Aïe! ah! ah!! Je vais encore m'évanouir! Il me semble qu'on me cingle

la chair avec des fers rouges! fait Lucrétia d'une voix déchirante. Ah!

je vous ai dit qu'il m'a séduite, et... et... je l'avoue, je n'ai pas

résisté comme j'aurais pu. J'avais envie de goûter les douceurs de

l'amour, et tout à l'heure, la verge de votre présidente m'a rappelé ces

exquises sensations. Quand je me suis évanouie, j'ai cru, dans mon rêve,

me retrouver dans les bras de mon amant.

--A la bonne heure fait Louise, en gratifiant encore Lucrétia de

quelques coups de verges. Nous touchons à la vérité. Mais vous

prévariquez encore et essayez d'atténuer votre culpabilité. Voyons,

est-ce lui qui vous a violentée ou vous qui l'avez débauché?

--Arrêtez, arrêtez! laissez-moi parler! fait la néophyte. Je l'ai aperçu

endormi, étendu dans un coin écarté de notre jardin. Il dormait si fort

que je n'ai pas pu l'éveiller, mais je me suis rendu compte ensuite

qu'il feignait seulement de dormir. Remarquant une forte saillie dans sa

culotte, je la touchai du doigt, me demandant ce que c'était. La chose

se mit alors à grossir et à se soulever et elle devint, sous l'étoffe,

raide comme un bâton; mon sang bouillait; je ne sais pas bien comment

cela a pu se faire, mais au moment où il ouvrit les yeux, me regardant

en riant, j'avais dans la main son gros engin tout raide. Il se dressa,

s'élança sur moi et, profitant de mon trouble, il triompha de moi sans

difficultés. Mais pareille chose arrive tôt ou tard à toutes les filles

amoureuses. A présent que je vous ai tout dit, ayez pitié de moi, et

délivrez-moi!

On dénoue alors ses liens, on lui prodigue les plus affectueux baisers

et on la proclame membre du Lady Rodney's Club.

Toute meurtrie, la pauvre fille se lamente sur son postérieur à vif:

«Oh! oh! fait-elle piteusement, je vais être des semaines avant de

pouvoir m'asseoir sans souffrance. Oh! vous pouvez m'embrasser, après

m'avoir traitée avec une pareille barbarie! Si seulement je pouvais vous

amener Aubrey et lui donner une bonne cinglée, il ne l'aurait pas

volée!»

Nous éclatâmes de rire à cette sortie, et lui déclarâmes que nos règles

s'opposaient à l'admission de membres mâles dans notre club.

Vous verrez, dans ma prochaine lettre à quel subterfuge Lucrétia eut

recours pour arriver à ses fins.

Mémoires de Miss Coote: Exploits d'une fouetteuse britannique racontés par elle-même · 第 11 / 14 题