Ma chère Amie,
Il n'entre pas dans mes vues de vous raconter par le menu tous les
petits incidents qu'occasionna la rigueur de ma discipline domestique et
qui mirent maintes et maintes fois la verge en mouvement; je veux
seulement, pour votre amusement, vous relater ceux dont j'ai gardé
particulièrement le souvenir.
La cure de Selina Richards me valut une réputation spéciale dans un
cercle étendu de relations et d'amies. Je refusai toutefois de me
charger de guérir d'autres mauvais sujets. Par contre, je m'occupai de
fonder un club de dames exclusivement réservé aux adeptes de la fessée
disciplinaire. Les réunions avaient lieu dans ma maison, où mes
servantes ayant juré le secret agissaient comme membres en surnombre
sans être toutefois sur un pied d'égalité avec les dames du Club.
Le règlement imposant la plus absolue discrétion à tous les membres, les
postulantes ne pouvaient avoir la moindre idée de ce qui les attendait
lors de leur initiation aux mystères du «Rodney Club», comme nous
l'avions baptisé. Notre but était de faire de nos séances de réception
une occasion de nous délecter à voir l'effroyable humiliation des
initiées en se sentant troussées, dépouillées, et exhibées pour la
fessée devant les membres du Club.
Mes anciennes camarades d'école, Laura Sandon, Louise Van Tromp, Miss
Cécile Deben, Lady Clara Wawering et trois autres dames, outre Mlle
Fosse et moi comme présidente et intendante, furent les premières
adhérentes. Deux d'entre elles étaient mariées, mais nous convînmes
qu'on ne les désignerait que par leur nom de jeunes filles.
Lady Clara fut la première à solliciter l'admission d'une novice; une de
ses soeurs cadettes, qui, disait-elle, avait un peu trop de propension
pour les jeunes gens, comme elle s'était, à diverses reprises, comportée
de façon très inconvenante, il serait fort piquant de la sermonner et de
la fouetter.
On fixa un soir pour son admission et personne ne manqua pour cette
première séance de réception.
Notre grande salle de punition était tendue tout autour de jolies
tapisseries, ornée de nombreuses glaces, brillamment illuminée et
décorée de plantes et de fleurs.
Les dames du Club portaient toutes le même costume, c'est-à-dire un
corset de soie bleue avec lacets rouges, un court jupon de tulle blanc
ne descendant pas plus bas que le genou, de façon à montrer les jambes
gantées de bas de soie et que faisaient encore mieux valoir de hautes
bottines parisiennes. Tout le monde était ainsi court vêtu, les autres
vêtements ayant été enlevés pour permettre toute liberté dans les
mouvements et aussi pour dégager le cou et les seins des dames. Toutes
jeunes, belles et ardentes étaient empourprées d'excitation anticipée;
leur poitrine marmoréenne se soulevait d'émotion et un joli bouquet de
roses coquettement niché entre les deux globes d'amour rehaussait encore
la blancheur lactée de leur peau.
Comme présidente, j'étais assise dans un fauteuil, assistée de chaque
côté par quatre dames. Jane et Mary se tenaient debout derrière moi.
On frappe à la porte. Lady Clara va ouvrir, et introduit sa soeur, Lady
Lucrétia Wawering, âgée d'environ seize ans, brune, bien proportionnée,
de taille un peu au-dessus de la moyenne; elle a de grands yeux pensifs
de gazelle. Elle tient en main un joli bouquet et est vêtue tout de
blanc.
Elle s'avance avec assez d'assurance vers mon siège et me fait une
profonde révérence. Lady Clara dit alors: «Permettez-moi, Madame la
Présidente, et vous, Mesdames, de vous présenter ma soeur, Lady
Lucrétia, qui désire devenir notre collègue.
_La Présidente._--Lady Lucrétia, soyez la bienvenue dans notre
confrérie. Etes-vous décidée à nous jurer le secret et à être initiée
aux mystères de la verge?
_Lady Lucrétia._--Oui, et à me soumettre à tous vos rites et règlements.
_La Présidente._--Alors, déshabillez-vous pour revêtir notre tenue et
vous répondrez sincèrement aux questions que je vais vous poser.
Jane et Mary aident la novice à se déshabiller; elle rougit légèrement
lorsque après que sa robe a été enlevée, on se dispose à faire de même
pour le jupon. Elle se tourne alors vers moi et me dit: «On ne met
sûrement pas les postulantes toutes nues, je suppose que je dois
seulement changer de costume?»
_La Présidente._--Si, parce que vous aurez à tâter de la verge avant de
revêtir notre uniforme.
_Lucrétia_ (devenant pourpre).--Oh! je ne m'attendais sûrement pas à
cela! C'est d'une telle indécence!
_La Présidente._--Dépêchons-nous! De telles remarques sont tout à fait
déplacées! Soeur Lucrétia, vous avez déjà transgressé les règles en
discutant mes ordres souverains et il en cuira à vos fesses.
_Lucrétia_ (en proie à une grande confusion et la voix toute
troublée).--Je vous en prie, laissez-moi m'excuser, je ne supposais pas
que les membres fussent exposés aux châtiments et je pensais qu'elles
s'amusaient à fouetter les enfants indigents que les écoles leur
envoyaient pour être corrigés.
_La Présidente._--Vous vous excuserez sous la verge. Nous avons bien
autre chose à faire ici qu'à fouetter les derrières des enfants
indigents; bien qu'il soit du devoir de tous les membres d'appliquer la
discipline à la maison où dans tout autre endroit où ils exercent leur
autorité.
Lucrétia se tait; mais le pourpre de sa figure et les frémissements
nerveux des coins de sa bouche attestent qu'elle redoute l'approche de
la verge. Elle baisse les yeux d'un air contrit. Lorsqu'elle n'a plus
que son pantalon, sa chemise, ses bas et ses bottines, elle est conduite
vers l'échelle. La présidente et les dames l'accompagnent et
l'entourent.
_La Présidente._--Placez l'échelle presque verticale; ficelez ses
poignets tout en haut et qu'elle ne touche le sol que par la pointe des
pieds. Si elle ose gravir sans permission le premier barreau de
l'échelle, ses fesses apprendront ce qu'il en coûte.
Les larmes aux yeux, la victime, tremblante de honte et d'angoisse, crie
en vain que la position ordonnée doit être trop pénible et demande
grâce. Puis, lorsqu'elle sent sa chemise roulée sous ses aisselles et
son pantalon rabattu en dessous de ses genoux, elle s'écrie: «Pitié!
chère miss Coote, laissez-moi; il n'est pas possible que l'on soit aussi
sévère envers une novice!»
_La Présidente._--Je vous conseille de vous plaindre en vérité. Nous
allons vous initier aux délicieux mystères de notre société, dont vous
serez bientôt une des adeptes les plus enthousiastes.
Elle prend alors des mains de Jane une belle verge nouée avec des rubans
bleu et or et elle en cingle légèrement le derrière nu de la victime en
lui disant: «Maintenant, priez-moi de vous fouetter convenablement et
demandez pardon de votre ridicule résistance.»
_Lucrétia_ (sérieusement effrayée et d'une voix tremblante).--Oh! Est-ce
bien vrai? Est-il possible que je doive être cruellement fouettée?
_La Présidente._--Tenez! En voilà la preuve, entêtée que vous êtes.
C'est trop perdre de temps! Tenez! Tenez! Tenez!
Chaque mot est accompagné de bons coups de verge dont les traces
s'entrecroisent sur la surface des fesses, semant des roses à la place
des lys. Et miss Coote continue: «Dans une minute ou deux, vous jugerez
sans doute qu'il vaut mieux vous soumettre sans simagrées et demander
pardon.»
_La victime._--Ah! Ah! Oh la! Hola! c'est affreux! Oui! Oui! Je regrette
ce que j'ai dit, mais la verge me cingle si fort qu'on ne mesure pas ses
paroles. Oh! je vous en prie, pardonnez-moi... punissez-moi comme je
l'ai mérité, Ah! Ah! Ah! miséricorde.
En prononçant ses mots sans suite, elle se démène et se tortille sous
les piquantes cinglades qui ont déjà marbré de pitoyable façon sa peau
sensible et délicate.
_La Présidente._--Très bien! Voilà comme il faut parler! Mais maintenant
que vous allez être une des nôtres, il faut nous dire si vous avez un
amoureux.
Un coup plus cinglant que les précédents ponctue cette question. La
victime rugit: «Ah! Ahhh! Oh! C'est horrible. On dirait une lame
brûlante qui me déchire la peau. En vérité, je n'ai pas d'amoureux...
s'il est interdit d'en avoir.»
Mais, comme elle pose instinctivement les pieds sur le premier barreau
de l'échelle pour soulager la tension pénible de ses poignets, elle
reçoit en travers des mollets une furieuse cinglade qui la fait hurler
de plus belle.
--Comment osez-vous, Mademoiselle, bouger sans permission, lui crie la
présidente en lui administrant une volée de coups de verges sur les
jambes et sur les fesses, la faisant danser sous cette avalanche comme
un canard sur une plaque brûlante. «Là! Je pense que vous allez
maintenant rester en place! Revenons à ma question», continue miss
Coote, «si vous n'avez pas d'amoureux pour le moment, vous en avez eu
avant?»
_Lucrétia._--Oh! Oh! Mon pauvre derrière! Oh! Oui... Ah! Ah! j'en ai eu
un... mais Oh! Oh! je l'ai quitté il y a six mois! Ah! Pitié! Ne me
fouettez plus si vous voulez que je puisse vous répondre!
_La Présidente_ (sans cesser d'appliquer la verge).--Encore cette
chanson, soeur Lucrétia. Vos jolies fesses rouges apprécient sans doute
cette petite régalade, sans quoi vous ne me provoqueriez pas par vos
ridicules observations. Que dites-vous de cela? Et de cela? N'est-ce pas
que cela cingle comme il faut? Racontez-nous quelque chose sur cet
amoureux, s'il vous plaît!
_Lucrétia._--Mes poignets sont ankylosés et mon derrière... Oh! mon
derrière me cuit, me brûle... Non! Arrêtez... Vous voulez savoir... sur
mon amoureux... eh bien... je l'ai quitté parce qu'il avait été
inconvenant avec moi.»
_La Présidente._--Dites-vous vrai, soeur Lucrétia, c'est un point
capital pour vous. Nous appelons la verge le sceptre de la vérité, car
il n'y a rien de tel pour faire confesser la vérité. Que vous a donc
fait votre amoureux? Criez tant que vous voudrez, si cela vous soulage,
cela nous amusera de vous entendre.
_Lucrétia._--Ah oui! Je crie malgré moi. Vous m'avez si cruellement
fouettée! Et bien, il a voulu prendre des libertés avec moi et a eu
l'audace de fourrer la main sous mes jupons. Voilà tout! Ah! Assez!
Pitié! Vous ne me laissez même pas le temps de respirer!
--Etes-vous certaine que cela est bien vrai, fait alors la présidente en
se reposant un peu.
Lucrétia, croyant être enfin au bout de son épreuve, répond bien vite:
«Tout à fait vrai, chère miss Coote, voilà ce qu'il a osé me faire!»
Elle éprouve alors dans certaines régions intimes une sorte de chaleur
voluptueuse et, sous cette impression, ferme les yeux, tandis qu'un
sourire de sensualité décèle la voluptueuse émotion qu'elle éprouve.
_La Présidente._--Que signifie ce sourire langoureux, soeur Lucrétia. Il
me semble que vos fesses frissonnent d'émotion. Ma question sur votre
amoureux vous a-t-elle rappelé de plaisants souvenirs? Allons,
dites-nous toute la vérité. Vous nous en avez sûrement caché la moitié.
Et elle accompagne ces derniers mots d'une soudaine volée de coups de
verges qui, cette fois amènent le sang à la surface de la chair.
_La victime._--Ah! Ahhh! C'est trop de barbarie! Juste quand je pensais
être au bout de mes épreuves et que j'éprouvais une chaleur exquise à
mon derrière. Non vraiment, je ne pensais plus à mon amant!
En disant ces derniers mots, elle baisse les yeux et rougit comme une
pivoine.
_La Présidente_ (sévèrement).--Ainsi vous persistez dans vos mensonges?
Sachez que nous sommes au courant de ce qui s'est passé entre le jeune
Aubrey et vous. Allons, la vérité et vivement, sinon je découpe des
lanières dans la chair de vos fesses. N'essayez pas de nous tromper.
Nous connaissons les effets de la verge et les douces sensations qu'elle
procure.
Tout en parlant, la présidente fait siffler la verge sur les
malheureuses fesses où elles dessinent de longs sillons entrecroisés.
S'excitant à sa besogne, la fouetteuse semble éprouver à chaque coup
qu'elle applique, une sensation exquise. Les cris et les supplications
de Lucrétia sont une délicieuse musique pour elle et pour les
spectatrices qui ne dissimulent pas leur voluptueuse émotion. La victime
hurle de souffrance, elle se tortille et contorsionne ses fesses et tout
son corps, sans souci de la décence sous la furieuse correction dont on
la gratifie.
Les assistantes ont, tout d'abord, observé la scène avec la plus stricte
attention, mais, peu à peu, leur sang circulant plus fort dans leurs
veines amène à leurs joues une rougeur intense, et, bientôt, sous une
commune impulsion, les huit dames, Jane et Mary comprises, prennent
chacune une longue verge faite de brins souples fraîchement cueillis et
forment un cercle autour de la présidente qui continue à flageller la
victime sur son échelle. Chacune relève ses jupes sous son bras et
s'expose entièrement nue depuis la taille jusqu'aux genoux; c'est un
délicieux bouquet de blanches fesses rebondies, de cuisses nerveuses, de
mollets cambrés rehaussés de bas de soie, de jolies jarretières,
d'élégants souliers à boucles ou de hautes bottines; les ventres
impudemment étalés s'ornementent de toisons aux nuances variées, brun,
roux, châtain ou blond. Et sans tarder, la danse commence. Sur les
fesses blanches et fraîches les verges mettent bientôt une teinte rose,
chacune s'évertue de son mieux à rendre au postérieur placé devant elle
les cinglades que le sien reçoit. Des éclats de rire, des cris perçants,
des exclamations éveillent les échos de la salle, les bras se lèvent et
s'abaissent avec ardeur! Cette scène lascive se prolonge pendant trois
ou quatre minutes. A ce moment, sous la verge de la présidente, la
victime tombe en défaillance; ses cris sont devenus des sanglots, puis
ils s'atténuent peu à peu; elle s'évanouit; sa tête se renverse en
arrière et son derrière n'offre plus qu'une surface à vif d'où le sang
suinte et ruisselle sur la chair blanche des cuisses.
La présidente jette alors sa verge hors de service. «Allons, mesdames,
dit-elle, cessez vos ébats, et aidez-moi à la ranimer. Elle reviendra
bien vite à elle. Vos jolis culs sont ravissants à voir. Je veux faire
partie du prochain cercle que l'on formera.
La victime est détachée de l'échelle. Sous l'action de l'eau fraîche, de
sels médicinaux, et d'un large éventail, elle se ranime peu à peu. Ses
yeux s'entr'ouvrent et elle regarde autour d'elle d'un air égaré: «Où
suis-je, balbutie-t-elle à voix basse, quel joli rêve!» Puis, comme on
lui a fait prendre un vigoureux cordial, elle s'écrie: «Ah oui! Je m'en
souviens! Oh mon pauvre derrière, comme il me fait mal! Elle frotte
alors ses fesses de ses deux mains et voyant qu'elles sont toutes
couvertes de sang, elle sanglote nerveusement: «Quel monstre que cette
miss Coote! Comme elle a l'air de se délecter de mes tortures! Ah! si
jamais je tiens son derrière sous ma verge, elle s'en souviendra.»
Un bruyant éclat de rire accueille cette menace et nous nous délectons
toutes de la honte et de la confusion de la pauvre Lucrétia.
--Allons, soeur Lucrétia, lui dis-je alors du courage! Il ne vous reste
plus à faire que ce que nous appelons l'ascension de l'échelle. Un jour
ou l'autre, vous pourrez prendre sans doute votre revanche. En
attendant, vous allez voir si Louise Van Tromp est aussi sévère que moi,
et vous apprécierez sans doute sa façon de manier la verge sur vos
fesses écorchées. Tenez, Jane, je crois qu'elle est à point pour la
seconde partie de la punition.
--Oh! vous pouvez vous fier à moi pour la faire danser comme il faut,
dit alors Louise Van Tromp; elle n'est pas à la moitié de sa confession.
En disant cela, elle brandit et fait souffler une belle verge neuve aux
oreilles de la victime qui manifeste une véritable terreur.
Tandis que les larmes ruissellent sur ses joues, elle s'écrie d'une voix
coupée de sanglots: «Non! non! assez! C'est horrible! N'aurez-vous pas
pitié de moi? Voyez comme mon derrière est déjà lacéré; je ne veux plus
que vous y touchiez! Non! vous ne me remettrez plus sur cette affreuse
échelle.» Et comme Jane essaie de l'entraîner vers l'instrument, elle se
débat et veut fuir du côté opposé.
Voyant cela, Louise lui applique en travers des épaules un formidable
coup de verge: «Qu'est-ce qui vous prend? voulez-vous vous laisser faire
et vous dépêcher, ou gare à vos épaules?» lui crie-t-elle en examinant
d'un oeil satisfait les longues marques rouges que la verge a tracées
sur les blanches épaules de la victime.
--Aïe! aïe! oui! oui! j'obéis, gémit-elle en tendant à Jane ses deux
poignets qui sont vivement ligotés.
--Très bien, fait Louise, et maintenant, montez les barreaux de
l'échelle, mais un par un seulement, au fur et à mesure que j'appellerai
son numéro, en commençant par le bas, et faites attention de ne pas en
monter deux à la fois, ou il faudrait tout recommencer. Allons, nous y
sommes... Un! Ce mot est accompagné d'un coup furibond sur les fesses de
la pauvre fille.
--Ahhh! hurle-t-elle en sentant la verge s'enfoncer dans la chair à vif;
elle a soin, néanmoins, de ne gravir qu'un échelon.
Louise décrit en l'air des moulinets avec la verge, en disant: «Pas mal,
en vérité, attention, attention.» Et quand elle a ainsi tenu Lucrétia
dans l'angoisse, elle compte «deux» et «trois», ponctuant chaque coup
d'un nouveau coup de l'instrument, en laissant entre eux un intervalle
suffisant pour que la victime en éprouve le torturant effet.
A chaque assaut, Lucrétia répond par un cri perçant et articule
douloureusement: «Ah! c'est atroce! La peau de mon derrière se fend, je
sens que je suis toute déchirée.»
--J'en suis charmée, riposte vivement Louise, en regardant
triomphalement les assistantes. «Allons, continuons... et, après avoir
décrit de nouveaux moulinets, la verge retombe violemment sur les
chairs. «Quatre! cinq!» Chaque coup arrache du sang de la peau meurtrie.
Les spectatrices contemplent la scène avec avidité.
Le pied de Lucrétia a glissé sur un échelon, mais elle se reprend
vivement avant que Louise ait pu noter son erreur. «Encore deux!»
soupire-t-elle, calculant les échelons qui restent à gravir.
--Les cuisses droites, de façon à bien exposer votre cul, lui dit
Louise, en tapotant de la verge le minet que cette position presque
horizontale met en saillie. Puis, «six! sept!» Ces deux derniers coups
sont appliqués encore plus fort, mais la victime n'a pas bronché, et
d'unanimes bravos saluent son énergie. Jane profite de sa position pour
attacher les chevilles de la patiente qui se trouve fixée dans la
position la plus favorable pour une nouvelle flagellation.
--Merci, Jane, vous avez une excellente idée, fait Louise. Eh bien,
soeur Lucrétia, il faut nous raconter tout ce qui s'est passé entre vous
et le jeune Aubrey. Miss Coote ne vous en a pas fait confesser la
moitié.
Et elle caresse les fesses tendues de petits coups de verges. Écorchée
comme est Lucrétia, ces légers coups lui sont néanmoins pénibles, car
une grimace de souffrance crispe ses traits.
--Oh! oh! je vous en supplie! fait-elle, ne recommencez pas! Je vous ai
dit qu'il avait pris des libertés avec moi. Que puis-je vous dire de
plus? Oh! oh! ne me touchez pas, le moindre contact de la verge me fait
un mal affreux.
--Alors, petite obstinée, répond Louise, pourquoi persistez-vous à ne
pas dire toute la vérité? Ne l'avez-vous pas encouragé?
Cette question est accompagnée de petites cinglades qui, bien que
bénignes, en comparaison des précédentes, n'en font pas moins tortiller
le malheureux derrière à vif dans sa fatigante position.
Abreuvée de honte et de confusion, la figure empourprée à l'idée que
tant d'yeux sont braqués sur elle, Lucrétia implore lamentablement:
«Épargnez-moi, pitié! fait-elle. Puisque vous savez tout, n'insistez
pas! Rendez-vous compte de mes souffrances! Songez combien est pénible
une semblable confession! Ahh!! Faut-il que vous soyez barbares pour
vous repaître ainsi de ma honte et de mes tortures.»
--Bah! bah! fait Louise, ce n'est pas si terrible que cela. Il faut bien
souffrir quelque chose pour être des nôtres. Vous assisterez vous-même à
une scène semblable quand nous recevrons une nouvelle novice. Mais vous
me faites perdre mon temps. Allons! Avouez! avouez! avouez! Et trois
nouveaux coups font gigoter le malheureux postérieur.
--Aïe! ah! ah!! Je vais encore m'évanouir! Il me semble qu'on me cingle
la chair avec des fers rouges! fait Lucrétia d'une voix déchirante. Ah!
je vous ai dit qu'il m'a séduite, et... et... je l'avoue, je n'ai pas
résisté comme j'aurais pu. J'avais envie de goûter les douceurs de
l'amour, et tout à l'heure, la verge de votre présidente m'a rappelé ces
exquises sensations. Quand je me suis évanouie, j'ai cru, dans mon rêve,
me retrouver dans les bras de mon amant.
--A la bonne heure fait Louise, en gratifiant encore Lucrétia de
quelques coups de verges. Nous touchons à la vérité. Mais vous
prévariquez encore et essayez d'atténuer votre culpabilité. Voyons,
est-ce lui qui vous a violentée ou vous qui l'avez débauché?
--Arrêtez, arrêtez! laissez-moi parler! fait la néophyte. Je l'ai aperçu
endormi, étendu dans un coin écarté de notre jardin. Il dormait si fort
que je n'ai pas pu l'éveiller, mais je me suis rendu compte ensuite
qu'il feignait seulement de dormir. Remarquant une forte saillie dans sa
culotte, je la touchai du doigt, me demandant ce que c'était. La chose
se mit alors à grossir et à se soulever et elle devint, sous l'étoffe,
raide comme un bâton; mon sang bouillait; je ne sais pas bien comment
cela a pu se faire, mais au moment où il ouvrit les yeux, me regardant
en riant, j'avais dans la main son gros engin tout raide. Il se dressa,
s'élança sur moi et, profitant de mon trouble, il triompha de moi sans
difficultés. Mais pareille chose arrive tôt ou tard à toutes les filles
amoureuses. A présent que je vous ai tout dit, ayez pitié de moi, et
délivrez-moi!
On dénoue alors ses liens, on lui prodigue les plus affectueux baisers
et on la proclame membre du Lady Rodney's Club.
Toute meurtrie, la pauvre fille se lamente sur son postérieur à vif:
«Oh! oh! fait-elle piteusement, je vais être des semaines avant de
pouvoir m'asseoir sans souffrance. Oh! vous pouvez m'embrasser, après
m'avoir traitée avec une pareille barbarie! Si seulement je pouvais vous
amener Aubrey et lui donner une bonne cinglée, il ne l'aurait pas
volée!»
Nous éclatâmes de rire à cette sortie, et lui déclarâmes que nos règles
s'opposaient à l'admission de membres mâles dans notre club.
Vous verrez, dans ma prochaine lettre à quel subterfuge Lucrétia eut
recours pour arriver à ses fins.