Ma chère amie,
Dans ma dernière lettre je vous ai fait le récit d'un petit larcin et du
résultat qu'il eut. Dans celle-ci, je vous parlerai d'une jolie
demoiselle, voleuse de sa nature et non par occasion. C'est un cas de
kleptomanie, comme l'on dit aujourd'hui. Rien d'étonnant, lorsqu'on
qualifie d'un terme si extravagant ce qui n'est, bel et bien, qu'un vol,
que les gens timorés aient presque réussi à abolir cette bonne vieille
coutume de la verge.
Miss Selina Richards était une cousine de Laura Sandon, mon ancienne
condisciple et première camarade de lit, chez miss Flaybum.
Or, me trouvant en visite chez Laura, j'avais à cette époque dix-huit
ans, elle me signala ce cas en me disant que sa cousine était une
voleuse si incorrigible que sa famille redoutait réellement de la
laisser sortir de la maison de crainte qu'elle ne commît quelques
méfaits; ses parents étaient obligés de l'enfermer dans sa chambre quand
ils avaient des visiteurs, car la jeune voleuse se serait emparé des
bibelots et spécialement des bijoux sur lesquels elle aurait pu faire
main-basse, et vous supposez, Rosa, quel terrible scandale c'eût été
pour sa famille, si on avait eu motif de l'accuser d'une chose
semblable.
_Rosa._--Ils ne l'ont donc jamais punie comme il fallait pour la guérir
de cette abominable manie?
_Laura._--Ils l'enferment dans sa chambre et quelquefois la mettent
toute une semaine au pain sec, mais toutes ces punitions ne font pas
plus d'effet que les réprimandes.
_Rosa._--Ont-ils jamais essayé une bonne fessée?
_Laura._--Je ne crois pas que cela soit jamais venu à l'idée de ses
parents, ils sont d'une sensibilité stupide.
_Rosa._--Ma chère Laura, je n'hésite pas à vous avouer que je serais
ravie de fouetter cette petite voleuse. Depuis que j'ai quitté l'école,
j'ai toujours à l'esprit notre grande séance d'adieu et je me rappelle
avec ravissement le délicieux spectacle des postérieurs rouges, zébrés,
l'humiliation et l'indignation des victimes et, par dessus tout, leur
détresse en se voyant ainsi traitées en public. Nous avons quelques fois
entre nous des séances de fouet comme à l'école et, il y a peu de temps,
j'ai administré une terrible fessée à la femme de notre jardinier et à
ses deux fillettes pour avoir volé mon fruit, ce qui a été une cure
radicale, car elles sont maintenant de la plus stricte probité. Vous
devez bientôt venir me voir, ne pourriez-vous suggérer à votre oncle et
à votre tante de vous confier Selina en leur disant que vous me mettrez
au courant de son déplorable défaut? Ou mieux encore, vous pourriez leur
dire que vous m'en avez déjà parlé et que je propose d'essayer de guérir
la demoiselle si toutefois ils veulent me donner carte blanche pour m'y
prendre comme bon me semblera? Ce sera un vrai régal pour vous, car nous
mettrons à une rude épreuve la pudeur de la demoiselle en la
déshabillant et en l'exposant. Le spectacle de ses jolies formes nous
sera rendu encore plus agréable par la honte que nous lui ferons
éprouver. Les véritables fervents de la verge épient les impressions de
leurs victimes sur leur figure et s'en délectent, et font tout ce qu'ils
peuvent pour aviver cette sensation d'humiliation, de même qu'ils
prolongent la torture par leur adresse à manier la verge et à placer la
victime dans la position la plus pénible pour être fessée.
_Laura._--Mais vous êtes devenu une ogresse de cruauté, Rosa!
_Rosa_ (en l'embrassant).--Vous le deviendrez aussi, quand vous aurez un
peu plus d'expérience. Vous êtes de beaucoup mon aînée, mais à cet
égard, vous êtes plus jeune que moi. Par un judicieux emploi de la
verge, un club de dames pourrait jouir des plus sensuelles voluptés sans
le secours des hommes. J'ai l'intention d'épouser la verge (d'ailleurs
je suis déjà fiancée avec elle) et ainsi je garderai ma fortune et mon
indépendance.
_Laura._--Quel dragon de vertu! Dois-je réellement comprendre que vous
satisfaites votre sensualité en vous passant des hommes?
_Rosa._--Venez et vous verrez; je n'ai que cela à vous dire, ma
gracieuse incrédule. Arrangez-vous simplement pour emmener la jolie
voleuse avec vous et vous n'aurez pas lieu de regretter votre visite.
Laura réussit de tout point auprès des parents de Selina. Ceux-ci
pensèrent que la visite pourrait être réellement profitable à leur fille
et donnèrent volontiers toutes licences quant aux punitions à lui
infliger pour le cas où elle commettrait la moindre indélicatesse.
Quand elles arrivèrent à notre maison, on donna à Selina une petite
chambre pour elle seule, tandis que Laura demanda et obtint d'être ma
compagne de lit. Rien ne fut changé de place ni enfermé; j'étais
parfaitement sûre de l'honnêteté de tout mon entourage et savais que si
miss Selina volait quelque chose elle ne pouvait que cacher son butin
sans avoir l'occasion de s'en servir. Nous étions donc sûres de rien
perdre en fin de compte.
Miss Richards avait reçu une éducation très soignée; d'une façon
générale c'était une jeune personne très intéressante d'allure modeste
et réservée.
Plusieurs jours se passèrent fort agréablement et il semblait que les
doigts de notre jeune invitée eussent perdu leur fâcheuse habitude; je
commençai à craindre que notre victime ne nous échappât; mais sa réserve
n'était que l'effet d'une timidité qui devait disparaître à mesure
qu'elle se familiariserait davantage avec nous.
Quelques objets disparurent, des bijoux spécialement, d'abord une bague
avec un petit brillant, puis une broche avec une opale entourée de
perles, des épingles, des gants et autres menus objets, mais il nous fut
impossible de la surprendre mettant le pied dans ma chambre, malgré une
surveillance minutieuse du matin au soir. Aussi Laura et moi
songeâmes-nous à monter la garde pendant la nuit. Nous avions l'habitude
de ne quitter la chambre de Selina que lorsqu'elle était endormie, avant
de nous retirer dans la nôtre.
Dès la nuit suivante, nous mîmes notre projet à exécution et environ
deux heures après nous être couchées, à un moment où on devait nous
supposer profondément endormies, les charnières de la porte grincèrent
nous indiquant que quelqu'un s'approchait en silence.
Nous n'entendîmes pas marcher, mais nous distinguâmes dans
l'entrebâillement de la porte, la demoiselle avançant la tête pour
s'assurer si le terrain était libre.
Nous ne bougions pas et nos têtes étaient invisibles dans l'ombre des
rideaux du lit, tandis qu'un rayon de lune éclairait partiellement le
reste de la chambre. Aussi silencieuse qu'un Peau-Rouge, la jeune
voleuse rampait littéralement à quatre pattes vers la table de toilette;
arrivée là, sans se redresser, elle promena la main sur le meuble pour
happer ce qui pouvait s'y trouver. Nous ne la distinguions pas, puisque
nous étions couchées, mais nous entendions distinctement le bruit des
objets glissant sur le meuble.
Alors, nous jetâmes nos couvertures en l'air en criant: «Cette fois nous
vous tenons voleuse! Je courus vers la porte pour lui couper la
retraite, tandis que Laura arrêtait gravement notre prisonnière comme un
véritable policeman.
Fermant la porte à clef, nous fîmes immédiatement pencher Selina sur
notre lit, ses pieds restant à terre et lui retroussant sa chemise de
nuit nous lui administrâmes une magistrale fessée qui lui fit pousser
les hauts cris.
--Oh! Oh! Miss Coote, je vous en prie, pardonnez-moi. Laissez-moi
partir, je ne recommencerai plus. Oh! Oh! Ahhh! Je vous le jure!»
criait-elle en se débattant et en tortillant les fesses sous nos
vigoureuses claquades. La pale clarté de la lune nous permit de voir
combien rouge était celle que nous étions en train de fouetter. Enfin,
nous la tachâmes en lui annonçant pour le lendemain une enquête en
règle, et l'avertîmes qu'elle aurait à nous rendre tout ce qu'elle avait
volé, sinon qu'il lui en cuirait.
Je donnai ordre de l'enfermer dans sa chambre toute la matinée, et Jane
servit de geôlier. Après le dîner, vers six heures, elle fit comparaître
la prisonnière devant moi dans la salle de punition.
Pour rendre la séance plus impressionnante, toute la maison était
présente, excepté Charlie, le groom, car je ne jugeai pas décent d'avoir
un témoin masculin. Et l'audience commença:
_Miss Coote._--Selina Richards vous êtes devant moi comme une voleuse
prise en flagrant délit. Avez-vous rendu tout votre butin, petite
vicieuse?
_Selina_ (la figure écarlate et les yeux baissés).--Oh! Oui! Oui! Je le
jure! Demandez à Jane, elle a cherché et elle n'a rien trouvé autre
chose que ce que j'ai restitué. Ah! Miss Coote, je ne sais comment j'ai
pu faire cela. J'ai honte de moi-même et suis consternée de ma conduite.
Oh! que faire, mon Dieu! (Elle éclate en sanglots).
_Jane._--Mademoiselle, rien ne manque, excepté votre bague que je n'ai
pu trouver nulle part.
_Miss Coote._--Allons, coquine! Je sais ce que vous valez; n'essayez pas
de m'apitoyer Par vos simagrées et vos pleurnicheries. Qu'avez-vous fait
de ma bague? Dites?
_Selina_ (suppliante et qui paraît sincèrement repentante et
consternée).--Oh! Je ne l'ai jamais vue, je vous je certifie, Miss
Coote, je ne l'ai pas prise. Vous pouvez me croire; je suis déjà assez
humiliée de ma culpabilité. J'ai pris la bague, mais je l'ai rendue à
Jane avec tout le reste.
_Miss Coote._--Je n'en crois rien et vous allez recevoir la verge
jusqu'à ce que vous confessiez la vérité. Allons, déshabillez cette
petite voleuse, secouez et fouillez tous ses vêtements à mesure qu'on
les enlève, défaites sa coiffure, peut-être a-t-elle caché la bague dans
ses cheveux?
Malgré sa confusion, un sourire de satisfaction éclaira son visage ce
qui, sur le moment, m'étonna quelque peu.
On procéda au déshabillage et je pus remarquer que sa satisfaction
s'accentuait à mesure qu'on la dépouillait. «Vous voyez bien que vous ne
trouvez rien», articula-t-elle, ce qui me convainquit qu'elle avait très
adroitement caché la bague, mais je me creusais en vain la tête pour
deviner la cachette, car Jane m'affirma que la chambre avait été
feuillée de fond en comble, y compris l'intérieur de la literie.
Quand on eut déroulé toutes les boucles de sa chevelure, je lui fis
enlever son pantalon, et elle resta en chemise, toute confuse d'être
ainsi exposée; ses joues naturellement colorées avaient tourné au rouge
cerise. Elle considérait évidemment les recherches comme terminées,
aussi protesta-t-elle lorsque je donnai l'ordre d'enlever le dernier
voile.
--Oh! Oh! je vous en prie, épargnez-moi cette honte, il ne peut rien y
avoir dans ma chemise.
_Miss Coote._--Mais autre part, il peut y avoir quelque chose.
Sa physionomie prit soudain un air de détresse qui me convainquit que je
n'étais plus loin du but; ses cuisses étaient serrées l'une contre
l'autre et elle cachait de ses deux mains son monticule encore imberbe.
_Miss Coote._--Donnez-moi une verge, Jane, je vais la faire danser.
Prenant l'instrument en main, j'en cinglai les doigts de Selina.
«Enlevez vos mains, mademoiselle et sautez un peu!» Un second coup
s'abattit sur les fesses nues; la cuisson fit hurler la jeune fille,
dont les cuisses demeurèrent néanmoins serrées. De bas en haut, je lui
appliquai un troisième coup encore plus sévère: «Ouvrirez-vous enfin vos
cuisses, mademoiselle, et danserez-vous?» Cette fois, l'effet fut
prompt. Poussant un cri terrible, la victime se jeta sur le tapis; mais
il lui fut impossible d'empêcher la chute de la bague qui roula sur le
parquet.
Décrire la confusion, la consternation de la malheureuse serait
impossible. Maintenant que sa culpabilité était si complètement établie,
elle était devenue pourpre, et essayait de cacher sa figure dans ses
mains; ses fesses et l'intérieur de ses cuisses portaient les marques
rouges que le dernier coup de verge y avait laissées.
_Miss Coote._--Regardez-moi cette petite voleuse. Elle pense se cacher
en cachant sa figure, et elle n'a pas plus honte d'étaler ses parties
secrètes que de s'en servir pour cacher ma bague. Voilà une ruse bien
dégoûtante! Jane remettez-lui sa chemise et son pantalon, si elle manque
de décence j'en aurai pour elle, et je tiens à ce que la fessée se passe
décemment et dans les règles.
Jane et Polly la relevèrent et lui passèrent chemise et pantalon. Elle
demeura alors devant moi, toujours pleurant de honte et de souffrance.
Jamais je n'avais vu victime plus délicieuse à contempler. Elle avait la
carnation mate des brunes, sa chevelure presque noire tombait plus bas
que son dos jusqu'à ses genoux, ses globes mignons et bien ronds
pointaient impudemment leurs minuscules boutons au-dessus de sa petite
chemise qui, par en bas lui couvrait à peine les cuisses. Elle était,
tout autour, coquettement ornée de dentelles comme pour attirer
l'attention sur ses cuisses galbées et sur ses mollets, ceux-ci mis en
relief par des bas de soie bleue, de jolies jarretières et d'élégantes
bottines.
Jane lui glissa quelques mots à l'oreille et elle s'agenouilla
humblement devant moi, me disant d'une voix entrecoupée de sanglots:
--Oh! comment puis-je oser vous parler, chère mademoiselle Coote! Je...
Je... suis si honteuse... de moi... Me... Me pardonnerez-vous jamais!
Oh! que dois-je faire! Voulez-vous me... me punir... comme je le
mérite... et me guérir... de... cet affreux penchant? Je vous assure,
Miss Coote, c'est plus fort que moi! mes doigts... mes doigts...
saisissent les objets, même... quand je sais... que je n'en ai pas
besoin.
Puis elle embrassa la verge et éclata en sanglots nerveux.
Selon mes instructions, la victime est allongée sur l'échelle que je
préfère d'habitude au poteau; m'étant munie d'une verge très souple,
faite de légers brins de baleine, qui devaient cingler terriblement sans
causer de sérieux dommages, je me levai et me dirigeai vers l'échelle
pour commencer, mais auparavant, je fis un peu desserrer ses liens et
fis placer sous son ventre un gros traversin de divan, puis on resserra
ses liens de façon à ce que son derrière fut bien en saillie. Le
pantalon fut épinglé et fixé sous ses aisselles. La pauvre Selina ne
savait que trop ce qui l'attendait. Ses larmes s'étaient arrêtées, mais
elle m'implorait piteusement, me suppliait de la pardonner, d'attendre,
de la mettre à l'épreuve, pour voir si elle volerait encore quelque
chose.
_Miss Coote_, riant.--Ma foi! Vous faites une jolie poltronne! J'aurai
cru qu'une voleuse aussi intrépide montrerait plus d'énergie, car je
vous ai jusqu'ici à peine touchée. Vous ne serez pas cinglée plus que
vous ne pouvez l'endurer. Si je ne vous guérissais pas tout de suite de
ce vice, vous recommenceriez à la prochaine occasion.
_Selina._--Mes bras et des jambes sont trop écartés et mon pauvre
derrière me cuit des trois cinglées que vous lui avez administrées. Oh!
Grâce! Pitié! Chère miss Coote.
_Miss Coote._--Je ne m'attarderai pas à écouter de pareils
enfantillages. Vous êtes aussi menteuse que voleuse; miss Selina, le
ferez-vous encore... dites... dites?
Trois coups bien cinglants s'abattent sur la chair exposée; la baleine
siffle dans l'air où la fouetteuse la brandit avant de fouetter pour
mieux faire vibrer les coups.
_Selina._--Ah! Ah! Ahhh! Je n'en puis plus... Vous me lacérez avec des
lanières de fer rouge! Oh! Oh! Jamais plus je ne recommencerai!
Ses fesses sont sillonnées de petites lignes rouges et la terrible
souffrance qu'elle éprouve est encore accrue par la tension de ses
chevilles et de ses poignets, car elle ne peut s'empêcher de sursauter à
chaque coup.
_Miss Coote._--Vous n'avez pas l'air d'apprécier cela, Selina; mais
c'est vraiment pour votre bien. Que diriez-vous si l'on vous cinglait
réellement avec un fer rouge? Vous chanteriez une bien autre chanson.
Mais je perds mon temps: tenez... tenez... tenez... tenez... Vous n'avez
encore reçu que six coups, pourquoi hurlez-vous comme une petite
nigaude?
_Selina_ (poussant un cri aigu et prolongé).--Ahhh... Ahhh... Vous me
tuez... je sens que je meurs. (Son derrière rougit de plus en plus).
_Miss Coote._--Vous recevrez une douzaine de coups de la verge de
baleine.
Et elle compte tranquillement en frappant jusqu'à douze. Alors, elle
s'arrête un moment comme si c'était la fin; fa victime reprend
contenance et pousse un soupir de soulagement. Mais à ce moment miss
Coote lui applique une nouvelle cinglade en s'écriant: «Ah! Ah! Ah! vous
supposiez que c'était fini, n'est-ce pas, ma petite, mais il s'agissait
d'une douzaine de boulanger, je donne toujours treize pour douze, de
crainte d'en oublier un et j'aime à donner le dernier juste quand on
croit que c'est fini.
_Selina._--Je sais que je l'ai bien mérité, mais c'est si pénible.
Laissez-moi, à présent, je vous en supplie, pardonnez-moi, vous pourrez
maintenant avoir confiance en moi. En disant ces paroles, elle frémit
encore des effets du dernier coup.
_Miss Coote._--Vous laisser! Pas si vite que cela, mademoiselle! Dans
quelques minutes vos fesses ne souffriront plus et alors, vous ne ferez
plus que rire de l'incident. C'est au tour maintenant, de la vraie
verge. Examinez-moi celle-ci; c'est du vrai bouleau qui pousse dans mes
propres bois; il trempe depuis deux jours à votre intention dans de
l'eau salée pour être tout prêt et bien piquant le moment venu. Il vous
rappellera votre crime sous des couleurs plus vives et vous laissera des
marques qui vous rafraîchiront la mémoire pendant bien des jours.
_Selina._--Je vous en prie, donnez-moi à boire si je dois encore tant
souffrir, ma langue est desséchée; miss Coote, vous êtes vraiment trop
cruelle; je ne suis pas assez âgée pour endurer une pareille souffrance.
_Miss Coote._--Soyez tranquille, vous aurez un verre de champagne; mais
ne parlez pas de votre jeune âge, il ne fait qu'aggraver votre
culpabilité, car vous avez déployé une abominable précocité, un
dévergondage inimaginable chez une fille jeune comme vous l'êtes.
On lui donne la boisson réconfortante et la verge entre de nouveau en
danse.
_Miss Coote._--Ah ma gaillarde, les marques de vos fesses ne
s'effaceront pas de sitôt, et je veux bien parier que tant qu'elles
subsisteront vous n'aurez pas l'idée de voler. Allons! Encore deux
douzaines, ensuite, nous vous soignerons les fesses et vous mettrons au
lit: Un... deux... trois... quatre. La sévérité des coups s'accentue
progressivement et bientôt le sang suinte des sillons rouges qui
marbrent la chair.
_Selina._--Mère! Mère... Ah! Ahhh! Je meurs! Ah tuez-moi bien vite si
vous ne devez pas avoir de pitié. Elle se débat dans une telle agonie
que ses muscles se contractent et montrent par leur relief l'intensité
de la souffrance.
_Miss Coote_ (ricanant, de plus en plus excitée).--C'est cela, appelez
votre mère, elle viendra bien vite à votre secours. Ah! Ah! elle ne
supposait guère de quelle façon je vous guérirais quand votre papa m'a
laissée carte blanche pour vous punir à mon gré... Cinq... six...
sept...
Elle continue à compter en fouettant la pauvre fille sur les fesses et
les cuisses, traçant à chaque coup de nouveaux sillons dans la chair
gonflée. Les spectateurs sont vivement émotionnés et semblent jouir de
la vue du sang de Selina perlant en fines gouttelettes qui roulent
jusque sur ses bas et même sur le parquet.
La victime n'est pas assez vigoureuse pour supporter longtemps ce
traitement. Sa tête se penche, ses cris et ses gémissements deviennent
de plus en plus faibles, enfin, elle tombe en défaillance et la verge
s'arrête après le vingt-deuxième coup.
Miss Coote, hors d'haleine de s'être ainsi démenée, se laisse tomber sur
un sofa près de son amie Laura qu'elle étreint amoureusement en lui
décrivant les sensations aiguës qu'elle a éprouvées durant l'opération;
les joues empourprées de Laura, ses grands yeux bleus, brillant d'un feu
étrange, montrent qu'elle partage ces sensations. Mlle Fosse et les
servantes étendent Selina sur le parquet et lui aspergent la figure avec
de l'eau, tandis que l'une d'elles l'évente activement. Elles épongent
avec de l'eau salée son postérieur lacéré, sous cette cuisante lotion
elle revient un peu à elle. «Où suis-je?» balbutie-t-elle d'une voix
étouffée. «Oh! je me souviens! Miss Coote m'a haché le derrière! Oh! Oh!
Ah! Il me brûle affreusement.»
On lui ingurgite alors quelques cuillerées de cordial qui la raniment
tout à fait, mais pour mieux sentir les souffrances qu'elle endure.
_Miss Coote._--Et maintenant, pour en finir, Mary, allez dans la cuisine
chercher le pot que vous savez et le sac de plumes.
_Selina_ (affolée).--Oh! N'est-ce donc pas fini? Quelles tortures me
réservez-vous donc encore?
_Miss Coote._--Voici, nous ne vous ferons pas languir, ceci va panser
vos plaies et empêcher les mouches de s'y mettre par la chaleur que nous
avons.
Et tandis que Selina est maintenue debout, Mademoiselle ayant trempé un
pinceau dans le pot de goudron liquide que lui tend Mary, en badigeonne
l'infortunée victime sur le postérieur entier, sur le bas du ventre, à
l'intérieur des cuisses et même dans la raie des fesses sans s'inquiéter
de la barbarie de ce procédé. Selina pousse des hurlements de honte et
de souffrance et s'écrie: «Ah! Cela est pire que tout le reste, vous
m'écorchez, la peau s'arrache!» Et elle se tortille comme un serpent
qu'on écrase.
_Miss Coote_ (ricanant).--Au contraire, ma petite amie, c'est un vrai
pansement que je vous applique. Et quand nous vous aurons enduite de
bonnes plumes bien chaudes, je suis sûre que vous n'aurez jamais éprouvé
tant de bien-être de toute votre vie.
La cérémonie était aussi excitante qu'amusante. Mais comment décrire la
confusion de la pauvre fille, lorsqu'elle se vit roulée sur une couche
de duvet qui s'attacha au goudron dont elle était enduite. «Ah! Ah!
hurla-t-elle, cela ne finira donc pas!»
On en resta pourtant là; néanmoins, elle n'était pas au bout de ses
peines. Chaque jour, pendant près de trois semaines, elle fut obligée de
se trousser et d'exposer à nos regards son postérieur emplumé et subir
notre inspection et nos remarques railleuses. J'ai à peine besoin de
dire que, de ce jour, elle fut radicalement guérie de sa kleptomanie.
Ne pensez-vous pas, ma chère Nelly, qu'on devrait bien essayer ma
méthode avec les kleptomanes de notre temps.
Votre bien affectionnée,
Rosa BELINDA COOTE.