Un éditeur, M. Tross, qui a donné une bonne reproduction des

_Songes drolatiques_, dit que les illustrations des _Devises

héroïques_ de Claude Paradin et de la _Vita e Metamorfoseo

d'Ovidio_, deux ouvrages publiés à Lyon en 1557 par le libraire

Ian de Tournes, ne furent pas sans influence sur les _Songes

drolatiques_.

Dans les figures sur bois des _Métamorphoses d'Ovide_, attribuées

par les uns à Salomon Bernard, par les autres à José Amman, de

Nuremberg, je ne vois que des encadrements de pages composés

d'arabesques au milieu desquelles se jouent des Pygmées, qui

n'offrent pas avec les Songes de Pantagruel cette «ressemblance

des plus frappantes» dont parle M. Tross.

Ces figurines, en tant que jalons des caprices au seizième siècle,

n'en sont pas moins curieuses; et sur les trois entourages

différents qui, à diverses reprises, sont répétés dans l'_Ovide_,

j'en donne un qui sert économiquement de frontispice aux _Devises

héroïques_ du même libraire lyonnais.

[Illustration]

Si les figures des _Songes drolatiques_ parurent originales en

France en 1565, date de leur publication, il n'en dut pas être de

même à l'étranger. Celui qui dessina ces caprices avait dû voir

les images flamandes sorties du magasin de Cock, l'éditeur breveté

de toutes sortes d'estampes[90].

[Note 90: _H. Cock excud. cum gratia et privilegio_, telle

est la légende reproduite au bas de la plupart des gravures de ce

marchand.]

Un graveur, dont le monogramme PME n'a pu faire découvrir le

véritable nom, travaillait pour Cock et vulgarisait avec son

burin les tableaux de «Hieronimus Bos» et de «P. Bruegel». Or,

les diableries de Jérôme Bosch et de Pierre Breughel, surtout

celles de ce dernier, popularisées par la gravure et publiées

antérieurement aux _Songes drolatiques_, devaient avoir une réelle

influence sur le dessinateur de ces caprices.

Il ne faut, pour s'en assurer, que confronter les figures

attribuées à Rabelais et les compositions symboliques de celui

qu'on a surnommé avec raison Breughel le drôle.

Le vieux maître flamand a fait preuve d'une grande imagination

dans ses compositions fantastiques, et quoique sa pensée soit

souvent obscure, elle se rattache à la symbolisation satirique des

vices et des passions.

Dans les _Songes drolatiques_ attribués à Rabelais, les

personnages ne se mêlent pas à une action déterminée: ces

types bizarres, dont quelques-uns semblent la caricature de

personnages connus, ont un parfum néerlandais; en les regardant,

un ressouvenir d'anciennes gravures hollandaises se présentait

à mon esprit. Ce sont bien là des fantaisies du Nord, épaisses

et lourdes, qui ne se rattachent qu'indirectement à l'art de la

Renaissance en France.

Je remarque combien de poissons, dans les _Songes drolatiques_,

viennent se mêler aux grotesques et danser des rondes autour

d'eux. Ces détails se présentent fréquemment au souvenir des vieux

maîtres néerlandais, et comme les peintres, gens souvent de peu

d'imagination, se servent volontiers des objets et des choses qui

les entourent, le poisson joue un grand rôle dans les accessoires

des maîtres flamands et hollandais.

On ne peut guère admettre ces caprices maritimes dans les

_Songes drolatiques_ publiés à Paris, qu'en se disant qu'un

graveur flamand a passé par là. Ce sont des minuties. Un

juge d'instruction s'inquiète des plus petits faits, et tout

commentateur doit contenir un juge d'instruction.

[Illustration: Fac-simile d'une planche des _Songes drolatiques_.]

On voit souvent, dans les prétendus dessins de Rabelais, des

personnages coiffés de larges feutres, dans la lisière desquels

sont passés des couteaux ou des cuillers à pot, détail qui se

retrouve également dans mainte composition de maîtres flamands.

C'est l'arme du paysan, du pêcheur, toujours prêts à éventrer les

quelques poissons apportés par les flots sur la plage: en une

seconde, le poisson est jeté dans la marmite. L'homme n'a pas

besoin d'un grand attirail de cuisine pour se mettre à table: une

cuiller à pot lui suffit.

[Illustration: D'après Breughel.]

L'auteur des _Songes drolatiques_ s'est plu à représenter des

personnages enserrés dans des tonneaux ou des pâtés au travers

desquels ils passent leurs bras armés de couteaux et de scies

pour en fendre la croûte: on retrouve certains gestes et actes

analogues dans les pêcheurs du maître de Breughel, Jérôme Bosch,

et dans Breughel lui-même, qui a représenté des gens avalés par

des poissons et se frayant un passage avec leur couteau, en

coupant à même de l'animal des tranches de chair.

Ces analogies deviennent plus marquées dans la planche _Invidia_

qui fait partie de la série des péchés capitaux peints par Pierre

Breughel. Ici des détails tout à fait identiques ont été empruntés

par le graveur des _Songes drolatiques_.

[Illustration: D'après les _Songes drolatiques_.]

Breughel imagine une tente terminée par deux jambes bottées

s'agitant en l'air.

Une semblable jambe avec la même botte est représentée formant

le chapeau d'une des figures pantagruéliques (la cinquième du

recueil).

Toujours dans la planche flamande: _Invidia_. Petit personnage

fantastique dont la figure est formée par un pot servant de

perchoir à des oiseaux. _Songes drolatiques_, même détail[91].

[Note 91: Pot encapuchonné qui porte plusieurs plumes d'oiseau

de paradis, «allusion à la triple couronne papale,» dit un

commentateur plein d'imagination.]

[Illustration: D'après Breughel.]

Le hasard seul a-t-il pu faire que deux détails de la même planche

se retrouvent dans les caprices attribués à Rabelais?

[Illustration: D'après les _Songes drolatiques_.]

Ce n'est pas tout. Au nombre des personnages symboliques qui

figurent dans la composition de l'_Avaritia_ de Breughel, on

remarque un homme dont la figure est entièrement cachée par un

grand feutre dans la lisière duquel est passé un couteau. Du

haut de ce chapeau s'échappent des nuages de fumée qui semblent

avoir une relation avec un soufflet accolé à la panse de ce

fantastique personnage. Quoique le titre, _Avaritia_, indique que

chaque figure doit représenter l'amour de l'argent, le sens de ce

personnage m'échappe absolument. Ce ne peut être la représentation

d'un alchimiste avec son soufflet. Breughel n'eût pas manqué d'y

adjoindre soit un matras, soit une cornue.

[Illustration: D'après Breughel.]

Quelle que soit la portée de ce symbole, le graveur des _Songes

drolatiques_ l'a reprise à son compte. Trait pour trait il a copié

cette figure, y ajoutant seulement un essaim de mouches, une ganse

de chapeau de cardinal flottant au chapeau, sur l'épaule un stylet

et une coquille de pèlerin. Et c'est là que pourraient être mis au

pied du mur les commentateurs qui prétendent tout expliquer.

[Illustration: D'après les _Songes drolatiques_.]

Sans hésiter M. Éloi Johanneau dit que «ce personnage ténébreux

est le pape Jules II. Le tourbillon de flammes et l'essaim de

mouches qui lui sortent de la tête, ainsi que le triple soufflet,

figurent l'humeur de ce pape ambitieux et le feu de la guerre

qu'il soufflait partout[92].»

[Note 92: _Œuvres de Rabelais_, édition variorum, augmentées

d'un nouveau commentaire historique et philologique par Esmangart

et Éloi Johanneau. Dalibon, 1823, t. IX, in-8.]

L'éditeur a annoncé en tête de son Rabelais un nouveau

commentaire; en effet, il est de toute nouveauté.

«Quant à la scie qu'on voit ici dans un tourbillon de flammes,

ajoutent MM. Esmangart et Johanneau, je la crois une allusion aux

malheurs de Bentivoglio, dont la scie était l'emblème, et que

Jules II a chassé de Bologne.»

Et voilà pourquoi votre fille est muette! Jamais ces critiques ne

sont embarrassés: ce grotesque, c'est Louis XII; cet autre, Henri

II; celui-ci, le cardinal de Lorraine; celui-là, le cardinal du

Bellay, etc.

Il n'y a que les commentateurs pour ne douter de rien. «Ils ont

les premiers, disent d'eux-mêmes MM. Esmangart et Johanneau,

rattaché au texte de _Gargantua_ et de _Pantagruel_ les

caricatures des _Songes drolatiques_, où l'on admire le cachet

de l'auteur, sa folie et son originalité, jointes à l'esprit et

à la malignité du burin de Callot, et où l'on voit reparaître,

sous les figures les plus grotesques, tous les personnages tant

réels qu'allégoriques de ces deux romans; ils ont _prouvé_ que

les sujets en étaient tirés, et qu'ils servaient comme de pièces

justificatives à ce commentaire historique, qui révèle _enfin_ au

grand jour ce qui était resté jusqu'ici couvert, sinon d'un voile

épais, au moins d'incertitudes.»

Les annotateurs de l'édition de 1823 n'eussent-ils pas rabattu

fortement de leurs affirmations si on leur eût montré les

_emprunts_ faits aux compositions de Pierre Breughel?

M. Paul Lacroix, qui, dans ces dernières années, a donné une

nouvelle édition des _Songes drolatiques_[93], est un peu moins

affirmatif.

[Note 93: In-8. Genève, Gay, 1868.]

«Il y a, dit-il, dans les figures de ce recueil tant de

physionomies expressives et caractérisées qu'on les reconnaîtrait

sans doute parmi les contemporains de l'auteur. Ce seraient

alors des portraits grotesques, tout à fait distincts de ceux

qui forment la galerie de personnages du _Gargantua_ et du

_Pantagruel_.

«Ainsi la figure 106 ressemble beaucoup à François Ier.

«La figure 108, qui représente un ouvrier emprisonné dans une

fontaine et taillant une pièce de bois avec une doloire, pourrait

être Étienne Dolet ou Charles Fontaine.

«Par des motifs analogues, nous serions disposé à reconnaître

Geoffroy Tory dans la figure 78, dont la tête est coiffée d'un pot

cassé,» etc.

La découverte des emprunts faits à un graveur de 1558[94] par un

graveur de 1565, l'impossibilité pour deux dessinateurs de se

rencontrer dans l'attifement de semblables figures, la possibilité

pour les érudits de trouver de nouvelles traces d'imitations

aussi flagrantes, me paraissent devoir arrêter les recherches des

commentateurs en ce qui touche les personnages.

[Note 94: La série des _Vices_, d'après Breughel, publiée par

Cock, est datée de 1558.]

Le premier éditeur, du reste, avertissait les gens de ne pas trop

s'en préoccuper:

«Ce sont, disait-il, figures d'une aussi estrange façon qu'il

s'en pourroit trouver par toute la terre.» Suivant le libraire

Richard Breton, ces inventions étaient bonnes «tant pour faire

crotestes que pour établir mascarades»; mais quant aux noms et

qualités des personnages, l'éditeur s'en tirait habilement: «J'ai

laissé ce labeur à ceux qui ont versé en ceste faculté et y sont

plus suffisants que moy: voire pour en déclarer le sens mystique

ou allégorique, aussi pour leur imposer les noms qui à chacun

seroient convenables.»

[Illustration: Fac-simile d'après les _Songes drolatiques_.]

Pour qui sait lire, ceci signifie qu'il n'y a ni sens mystique ni

allégorique dans ces figures; que chacun peut les baptiser à sa

fantaisie, mais qu'il en résultera un «_labeur_» considérable. Ce

qui est arrivé.

Il résulte toutefois de l'examen de quelques-unes de ces figures

grotesques une allusion à des princes, à des dignitaires de la

cour papale. On entrevoit des satires confuses, des sortes de

cauchemars qui prennent une vague configuration de cardinaux. A

quoi bon mettre un nom au bas de ces silhouettes grimaçantes?

Toute une armée de commentateurs s'est ruée sur le texte même de

Rabelais et a échoué à en faire jaillir la lumière; le crayon est

resté plus mystérieux encore que le roman.

Il faut attendre la Réforme pour faire parler à ses partisans

un langage plus net, plus grossier, plus cru. C'est ce que

je montrerai dans le prochain volume. Rabelais est le plus

utile trait-d'union entre le moyen âge et les manifestations

luthériennes. Aussi devais-je étudier avec détails quelle était

la part de Rabelais dans ces caprices? J'ai donné les raisons

prouvant qu'il comprenait l'utilité des arts du dessin. De là à

dessiner de semblables figures il y a un grand pas.

Celui qui, avec son crayon, a donné naissance à ces images

burlesques était un artiste habile. Ce que le graveur rêvait a été

rendu par son crayon sans hésitation, et déjà dans le harnachement

bizarre de ces figures apparaît une certaine adresse de main. Les

détails sont présentés d'une façon burlesque, mais ingénieuse.

L'auteur n'a pas voulu rendre autre chose, et c'est déjà beaucoup

que de l'énoncer clairement avec le crayon. Sans doute les

emprunts sont visibles, et je crois l'avoir montré suffisamment,

mais tout en empruntant il faut avoir beaucoup dessiné pour

arriver à ce résultat, et les études profondes et diverses,

les connaissances multiples de Rabelais, surtout sa probité de

conteur, ne me semblent l'avoir prédisposé ni à acquérir une telle

adresse de main, ni surtout à piller les compositions d'un maître

étranger.

[Illustration: D'après un ancien manuscrit.]

TABLE ANALYTIQUE

PRÉFACE.--L'Université et l'art satirique du moyen âge.--Timidité

des spiritualistes de profession.--Figures des comédies de

Térence.--Pensée confuse du peuple.--Trilogie: le diable, la

Danse des Morts, Renart.--Opinion de M. César Daly.--Utilité des

_ineptiarum_ 3

CHAPITRE PREMIER

VANITÉ DU SYMBOLISME

Trait d'union de l'art entre l'antiquité et le moyen

âge.--Abus de la symbolique chrétienne.--L'imagination prête

ses visées à la pierre.--Orphée et le Christ.--Lettre de

saint Nil à Olympiodore.--Art apocalyptique des premiers

siècles.--Remontrances de saint Bernard.--Les sculptures des

cathédrales furent-elles commandées par l'Église pour châtier

les vices ou sont-elles de purs caprices d'ouvriers?--Lettre du

père Cahier.--Enseignement des ouvriers qui concoururent à la

construction des églises.--Symbolisme prémédité.--Prophéties de

l'an 1000.--Le facétieux abbé de Saint-Germain d'Auxerre.--Sceau

de l'évêque de Pinon.--Symbolisation des pierres, de la

chaux, du sable, suivant Guillaume Durand.--L'_explet de la

pélégrination humaine_, par Guille de Guyeville.--Mason Neable

et Webb, fanatiques catholiques anglais.--Ils ne permettent pas

l'emploi de l'ogive aux protestants.--L'abbé Aubert et l'église

de Poitiers.--Ce que c'est que le symbolisme à outrance.--M.

de Bastard et les miniatures.--Le Christ, le tireur d'arbalète

et le limaçon.--Le limaçon de M. de Bastard et le lymasson du

Grand-Compost.--Notions architecturales de Claude Villette sur la

hauteur des fenêtres et leurs vitres, sur les barres de fer et les

clavettes.--Singulière miniature d'un livre d'Heures; sa réelle

signification.--Le renard et les poules à l'église Saint-Fiacre,

au Faouet.--Faut-il regarder ce bas-relief comme le triomphe de la

foi sur l'hérésie? 17

CHAPITRE II

LES ANIMAUX MUSICIENS

Pline et les naturalistes de la

Renaissance.--Marco-Polo.--Bestiaire fantastique de

l'antiquité.--Singulière pénurie intellectuelle des

artistes.--Parodies des musiciens de profession.--L'âne, animal

biblique.--L'âne qui vielle, l'âne qui lyre, l'âne harpant.--Sa

fête.--Analogie avec les kermesses hollandaises.--Écrivains

pieux, écrivains voltairiens 49

CHAPITRE III

LA FÊTE DE L'ANE

Prose de l'âne.--Manuscrit de Sens.--Opinion de M. Clément.--L'âne

est-il le symbole de Jésus-Christ?--Ce que pensait Mérimée des

sculptures du moyen âge.--Le _Psalterium glossatum_.--Hauteur,

largeur, longueur d'une cathédrale, c'est espérance, charité,

persévérance.--Les enfants de l'Angoumois et leurs chansons.--Que

signifient les oreilles de l'âne?--Si le toit d'une cathédrale

symbolise la figure d'un intendant fidèle, pourquoi la queue de

l'âne ne représenterait-elle pas le goupillon du curé?--Gauloise

conclusion des enfants terribles de l'Angoumois 61

CHAPITRE IV

DANSES DANS LES ÉGLISES ET LES COUVENTS

L'évêque d'Erfurth danse trop pour sa santé.--Peintures de pieux

manuscrits, accablantes pour les moines.--Instructions des

conciles, ordonnances royales, décrets des facultés de théologie

contre les danses.--Analogie avec les gaietés provinciales des

messes de minuit.--Opinion de M. Villemain 71

CHAPITRE V

LE DIABLE.

Le diable, antithèse de Dieu.--Noire livrée du diable.--Poil,

cornes, pattes, griffes empruntés à l'antiquité.--Le diable et

le renard.--Opinion de M. Viollet-le-Duc.--La pèse des âmes.--Le

malin triche.--_Ecce diabolus!_--Diable et femme.--Messe de saint

Martin.--La femme, quelquefois acolyte, quelquefois adversaire du

diable.--Comment Luther recommandait d'empoisonner le diable 85

CHAPITRE VI

LA DANSE DES MORTS

Principe égalitaire.--De quoi ricanent les têtes de

mort?--Réponse de Maupertuis.--Impression plus réconfortante

qu'assombrissante.--Grave leçon aux puissants et aux

riches.--Erreurs de certains historiens.--La danse des morts

de 1424.--Rien de commun avec l'asservissement de Paris par

les Anglais.--Prétentieux _repeints_ de l'époque actuelle.--La

danse des antithèses.--Noël du Fail.--Sent-on battre le cœur de

la France dans la danse des morts?--Leber et Langlois s'élèvent

contre ces imaginations.--Les Anglais emportent dans leur île un

«battement du cœur de la France».--Reliquaires bretons.--La mort

du pont de Lucerne.--La mort de Bâle.--Sensation désagréable des

rois, des moines, des usuriers, des avares, des grands seigneurs,

des courtisanes en voyant arriver la mort.--Le grave et satirique

Holbein.--Humanité de la mort.--_Mors melior vita._--La Danse

macabre du père Honoré 107

CHAPITRE VII

RENART

Fabliau du renard et de la cigogne.--Le renard s'empare du froc

des moines.--Réprimande de Gauthier de Coinsy.--_Aventures de

maître Renard_, de M. Paulin-Paris.--M. Lenient et la _Satire

française au moyen âge_.--Observation des mœurs du renard, par

Richard de Fournival.--Rôle du renard dans le blason.--Admiration

des sculpteurs et des peintres pour l'animal.--Ce que veut

dire _escorcher le regnard_.--Métonymies populaires.--Curieux

bas-relief de Saint-Fiacre, au Faouet.--Tradition de la

langue conservée par le peuple.--_Missale Ambaniensis_

de la Haye.--Représentation du renard en France et en

Angleterre.--Enseigne du renard prêchant, à Strasbourg.--Excessif

enthousiasme des Allemands pour le _Roman de Renart_ 137

CHAPITRE VIII

CONSÉQUENCES DU ROMAN DE RENART SOUS LOUIS XV

Procession burlesque, sculptée sur un chapiteau de la cathédrale

de Strasbourg.--L'antiquaire Tschernein.--Fête-Dieu de 1728.--Le

cardinal de Rohan et les images luthériennes.--Réquisitoire contre

d'anciennes sculptures.--Condamnation de Tschernein.--De la

tolérance moderne 157

CHAPITRE IX

LE ROMAN DE FAUVEL

Torcher-Fauvel, proverbe.--Le courtisan Fauvel, inférieur à Renart

indépendant.--La littérature de cour et la littérature du peuple 169

CHAPITRE X

LE NOBLE, LE MOINE, LE SERF

Néo-symbolisme religieux et néo-symbolisme

révolutionnaire.--Discours sur les dissolutions du clergé, au

concile de Sienne.--Les cochons mitrés et l'extase de sainte

Brigitte.--Robes de moines et robes de femmes: graisse et

feu.--_Chansons des ordres_, de Rutebœuf.--Mot d'Érasme.--Bible

historiale, peu favorable aux moines.--L'avarice à

Saint-Pierre-sous-Vézelay.--Les patenôtres de l'usurier.--Symbole

de l'ivrognerie en Bretagne.--La dispute de la culotte.--Le

serf-cariatide.--Riches imaginations archéologiques.--La peau d'un

prince ne vaut pas plus que celle d'un charretier.--Le _Roman de

la Rose_.--Clergé, noblesse, peuple 173

CHAPITRE XI

MINIATURES DE MANUSCRITS

La truie qui file.--Le monde renversé.--Travaux de MM.

Champollion-Figeac et Ed. Fleury.--Tournois grotesques.--Manuscrit

de Soissons et hôtel de Jacques Cœur.--Étude des

manuscrits.--Libre érudition peu encouragée.--Prêches contre

la toilette des femmes.--Enfants paresseux au treizième

siècle.--Des croquis et des faits.--Mieux vaut dessiner

qu'épiloguer.--L'Annonciation et le fou malséant.--Opinion de M.

Le Roux de Lincy 191

CHAPITRE XII

ARCHITECTURE RELIGIEUSE.--LA MAISON DES TEMPLIERS A METZ

Découverte importante de M. de Saulcy.--La poutre historiée du

magasin à poudre de Metz.--Animaux parodiant les actions de

l'homme.--Analogie avec certains papyrus égyptiens.--Les Templiers

ont-ils rapporté d'Égypte des motifs satiriques? 211

CHAPITRE XIII

ARCHITECTURE MILITAIRE.--LA TOUR DESCH

Rareté des caprices ornementatifs en architecture

militaire.--Canonnières de la tour Desch, décrites par M. Lorédan

Larchey.--Le guerrier malséant.--Guimbarde des Lorrains 218

CHAPITRE XIV

FIGURES SATIRIQUES ET FACÉTIEUSES DES MONUMENTS CIVILS

L'Hôtel de Ville de Saint-Quentin.--Description des

figurines.--Singulier corbeau de l'Hôtel de Ville de Noyon.--Ce

que voyait Anne de Bretagne aux fenêtres du château de

Blois.--Fâcheuses odeurs d'une femme sans pudeur.--La morale du

quinzième siècle et celle du dix-neuvième siècle.--Une commère de

Saint-Quentin trop chiffonnée.--L'homme à la broche.--Énigme du

chanoine Ch. de Boyelles.--Il est temps de gratter le badigeon du

symbolisme 222

CHAPITRE XV

LES STALLES DES ÉGLISES

Ce que coûtait l'œuvre de hucherie d'une cathédrale.--Les

sculpteurs de poupées.--D'où vient le mot _miséricorde_, en tant

qu'appliqué aux stalles?--Les compagnons flamands faisant leur

tour de France.--Histoire du moine Pigiere.--Ce qu'enseignait

le chevalier de La Tour Landry à ses filles.--Recherches

archéologiques souhaitables dans le Poitou.--Stalles de l'église

de Mortain.--Analogie de détails avec Breughel.--Stalles de la

collégiale de Champeaux.--Le Lai d'Aristote, à Rouen.--Stalles de

Saint-Martin-aux-Bois.--Miséricorde de l'église de Saint-Spire de

Corbeil.--Stalles de Saints-Gervais-et-Protais.--Miséricordes en

Angleterre et en Allemagne 232

CHAPITRE XVI

LA CATHÉDRALE AU MOYEN AGE

Pensée qui décida de l'érection des cathédrales.--Protestation

contre la féodalité.--Opinion de M. Viollet-le-Duc.--Destination

de la cathédrale.--Singulière sculpture de la cathédrale

souterraine de Bourges.--Brochure de M. de Salies.--Le moine de

L'abbaye de Gué-de-Launay fréquente les cabarets 256

CHAPITRE XVII

DÉROUTE DU SYMBOLISME

Aberration de la Symbolique.--Gobineau de Montluisant et la

science hermétique appliquée à l'architecture.--Magot, gog et

magog.--Les pères Cahier et Martin.--Lumière et réalité 265

CHAPITRE XVIII

LES FOUS

Érasme et l'_Éloge de la Folie_.--Des fous de cour et de leur

utilité.--Cul-de-lampe sculpté de l'hôtel de Jacques Cœur, à

Bourges.--Légende romanesque à ce sujet.--Le rôle des fous

dans les fêtes religieuses.--Description d'un Fol par Clément

Marot.--Médailles satiriques des réformés contre la cour

papale.--La Folie triomphe de la Mort.--La _Nef des Fous_, de

Sébastien Brandt.--Sermons de Geiler de Keyserberg 270

CHAPITRE XIX

ÉRASME ET L'ÉLOGE DE LA FOLIE

Le savant Érasme appelé à prendre place dans le Panthéon

des humoristes.--Ses violentes esquisses de vieillards

amoureux.--Érasme se sépare de Luther et attaque les moines avec

plus de force encore.--Ce qui poussa Érasme à railler les rois,

les princes et les grands.--Révélations de son portrait au Louvre 292

CHAPITRE XX

COLLABORATION D'HOLBEIN ET D'ÉRASME

Holbein dessine des croquis pour amuser Érasme.--Le satirique veut

prouver que son _Éloge de la Folie_ est une œuvre pie.--Holbein

embarrassé en face de ces dogmes singuliers.--La réalité

supérieure à l'imagination 304

CHAPITRE XXI

RABELAIS CARICATURISTE

Histoire de la caricature au moyen âge et sous la renaissance · 第 12 / 13 段