En 1860, M. Auguste Brodin, agent de change près la Bourse de Paris,
était tout dévoué à la cause de l'Empire.
Récemment décoré, admis aux grandes réceptions des Tuileries, il
postulait pour être invité à celles de Compiègne, quand une lettre
anonyme vint modifier, pour la vie, ses opinions politiques, ses
conceptions morales, sa façon d'apprécier les hommes et les choses.
Cette lettre, envoyée au milieu de janvier 1860, lui annonçait que
depuis deux mois sa femme, Mme Pauline Brodin, née de Tence, le
trompait presque chaque après-midi, dans un hôtel meublé de la rue de
Rivoli, avec le baron Carlier, chambellan de l'Empereur.
Après huit jours d'hésitation et deux heures de surveillance, M.
Brodin put acquérir la preuve que la lettre ne mentait pas et fit
constater par un commissaire de police le flagrant délit.
Au début sa colère était terrible, sa douleur excessive. Il prétendait
traîner les coupables devant la justice, se venger d'eux par un
procès scandaleux.
Mais des amis du chambellan intervinrent. La famille de Tence, de son
côté, se prodiguait en supplications, en conciliabules. On écrasa la
fureur de M. Brodin sous des prières, des dissertations. On fit appel
à ses sentiments de père, à ses sentiments de patriote. Et trop
faible, dans son chagrin, contre tant de gens doués de la ferme
vigueur de ceux qui sont sans souffrance, il céda, consentit à
s'abstenir de représailles judiciaires, à garder Mme Brodin, à
pardonner.
Il ne tint que la première partie de ses engagements. Il garda Mme
Brodin, mais ne réussit point à lui pardonner.
Il avait eu jusque-là deux amours: sa femme, qu'après douze années de
mariage il aimait encore d'une fougueuse tendresse, d'une ardeur de
chair jamais assoupie,--et l'Empire, à qui il devait les dignités, la
décoration, sans compter les espoirs pour l'avenir.
Il eut désormais deux haines, deux haines muettes, féroces, rapidement
invétérées: Mme Brodin et l'Empire.
Par une candide association d'idées, il accolait, dans sa rancune, la
femme qui l'avait surpris d'une si foudroyante douleur, et le régime
dont un fonctionnaire avait jeté si bas Mme Brodin; et il commença à
les haïr du jour où il eut promis le pardon.
Comme c'était une nature un peu solennelle, il donna à sa haine une
forme discrète, silencieuse, distinguée; il la dissimula sous
l'attitude guindée d'un dédain aveugle et sourd.
Il ne voulut plus entendre parler des Tuileries, qu'il feignait de
considérer comme un lieu de débauches indicibles; il ne voulut plus
s'occuper des affaires de sa femme, qu'il se faisait honneur de
regarder comme une créature perdue, sans pudeur et sans mœurs.
Il s'interdit de partager son lit, ne lui adressa plus la parole que
devant des tiers, ou en tête à tête, pour les nécessités du service et
des relations mondaines. Il affecta de se désintéresser complètement
de l'emploi de ses journées, lui permit, dans les salons, la liberté
d'allures ou de causerie la plus absolue. Et tandis que jusqu'en 1870
Mme Brodin s'imposait une conduite à peu près régulière, ne se
laissait séduire qu'à deux brèves aventures d'un an chacune, et encore
séparées par un intervalle de trois années totalement chastes, M.
Brodin fut constamment convaincu qu'elle avait des amants par dizaines
et se réjouissait à l'idée de ne pas même désirer les connaître.
Bientôt aussi, le mépris que lui inspirait Mme Brodin s'étendit aux
autres femmes.
Par la force d'une méditation continuelle sur ce sujet unique de la
trahison, il en vint à croire que toutes les femmes, même les plus
pudiques d'extérieur, les plus réputées pour leur décence, que toutes
trompaient ou tromperaient infailliblement leurs maris.
Dans les journaux, son obsession le poussait à découper les procès
d'adultères. Dans le monde, il avait parfois des sourires satisfaits à
l'image de tous les adultères qui germaient là ou fleurissaient parmi
le satin et les lumières. Dans la rue, il était persuadé que toutes
les promeneuses, toutes les dames en voiture ou à pied revenaient de
perpétrer l'adultère ou s'empressaient à aller le commettre.
D'un tempérament sensuel, la séparation volontaire qu'il s'infligeait
d'avec sa femme l'avait d'abord beaucoup privé.
Pour obvier à des tentations qui l'eussent droit mené à un
raccommodement répugnant, il commença à fréquenter des cocottes, au
hasard des promenades nocturnes, des rencontres au Bois, aux courses;
et il eut le plaisir de s'apercevoir que de rares escapades
contentaient assez des instincts que l'amour seul sans doute,
auparavant, surexcitait.
Quant aux besoins de tendresse qu'il avait, il lui suffit de les
reporter sur sa fille Hélène, une bambine de douze ans, déjà jolie de
figure et gracieuse comme une femme.
Cette beauté précoce, trop tôt dessinée, était le seul souci que
causât Hélène à M. Brodin.
Souvent des semaines, des mois entiers, il la choyait, se promenait
avec elle, l'emmenait au théâtre sans que rien gâtât sa fierté d'être
le père de cette petite que tout le monde admirait.
Mais d'autres jours, des jours de rêverie, de tristesse, il
s'assombrissait en la contemplant; il prenait la tête blonde d'Hélène
entre ses mains, il la fixait longuement, jusqu'au plus lointain fond
de ses larges yeux marrons comme pour y déchiffrer sa destinée, et il
murmurait: «Pauvre petite!... Pauvre petite!...»--car il songeait à
tous les amants que nécessairement elle aurait, à toutes les trahisons
que fatalement la vie la contraindrait d'accomplir.
Ce fut parmi ces réflexions hautaines, parmi ces douloureuses
distractions d'ironie que M. Brodin guetta patiemment la chute de
l'Empire et la décrépitude de sa femme.
Elles se produisirent presque simultanément.
Au Quatre-Septembre, Mme Brodin était avec sa fille, en Anjou, chez
une parente où M. Brodin lui avait commandé d'aller chercher
l'hospitalité, dès le début de la guerre.
Le 7 septembre, elle reçut une grande lettre de son mari.
Dans des phrases sournoisement joviales, M. Brodin lui annonçait la
déchéance de l'Empire; et tout le long de la lettre, tout au travers,
c'était un défilé, un dédale complexe d'allusions sarcastiques à
l'affaire de 1860, un mélange cauteleux d'aphorismes philosophiques et
de cris de revanche déguisés.
Elle répondit en lui demandant de venir la rejoindre. M. Brodin
repoussa cette demande.
La chute du régime maudit lui suggérait un regain d'ardeur
patriotique. Il se refusa à sortir de Paris que menaçait l'ennemi,
s'engagea dans la garde nationale, et subit avec vaillance et bonne
humeur toutes les dures misères du siège.
Mais lorsque au mois d'avril il retrouva à Versailles sa femme et son
enfant, une autre joie, une récompense nouvelle lui étaient réservées.
Bien qu'atteignant à peine quarante-six ans, Mme Brodin, en quelques
mois, avait perdu, dans une crise de diabète, tout ce qui lui restait,
au départ, de fraîcheur juvénile et de netteté séductrice. Un de ces
brusques effondrements, où parfois s'anéantît sans transition la
beauté dernière des femmes, l'avait soudain précipitée d'une maturité
appétissante encore à l'informe mollesse croulante des personnes
âgées. Elle revenait la taille épaisse, carrée, la poitrine
débordante, les joues gonflées d'une graisse hâtive où les traits
disparus devaient s'être peu à peu comme ensevelis; et avec sa
chevelure bouclée qu'elle persistait à teindre en rougeâtre, avec la
crémeuse couche de poudre de riz dont elle continuait à enduire son
visage flasque, elle avait un air vaincu, gêné, frileux de grosse
chatte rousse, de grosse chatte poussive et de coin du feu, qui donna
sur-le-champ à M. Brodin un sentiment imprévu de délivrance. Pour la
première fois depuis dix ans, il daigna l'embrasser. Il avait
l'impression agréable que c'en était fini maintenant pour lui d'être
ce que jadis cette grosse dame n'avait jamais cessé de le faire. Il
lui pardonnait presque, la devinant hors de combat, paralysée par
l'embonpoint et dorénavant incapable de nuire.
Des succès personnels, de plus, vinrent accentuer les dispositions
indulgentes de M. Brodin, adoucir davantage son pessimisme. Ses amis,
pour la plupart réfugiés à Versailles, lui assurèrent qu'il
rajeunissait. Il avait, pendant le siège, laissé pousser sa barbe, une
barbe en brosse, toute ronde, toute blanche; et on lui découvrait un
certain aspect de jeune Victor Hugo, avec un je ne sais quoi pourtant
de plus élégant.
Flatté par ces éloges, débarrassé du souci de ses ennemis intimes, il
ne renonça pas à ses doctrines, mais il s'appliqua moins âprement à en
étayer par des exemples la cruelle vérité. Il apporta, dans les
salons, une figure moins sombre, moins diaboliquement méprisante. Il y
menait le plus souvent Hélène, sans Mme Brodin que le diabète retenait
à la maison; et il avait pour préoccupation principale de marier la
jeune fille, qui prenait de l'âge, malgré sa claire beauté de blonde,
allait sur ses vingt-deux ans déjà.
Un jour de la fin de mai, ils s'étaient rendus ensemble à l'entrée de
la route de Paris, pour assister à l'arrivée des convois d'insurgés
capturés par les troupes versaillaises.
La foule, postée des deux côtés de l'immense avenue, attendait, dans
une effervescence de ressentiment et d'émotion, dans un brouhaha
bourdonnant des conversations proférées à mi-voix.
Quand les premiers prisonniers parurent tout blanchis de poussière, la
tête ou le bras encerclés de linges sanguinolents, le regard direct et
virant de rage, des insultes isolées partirent de la foule, comme des
coups de feu hésitants, puis l'audace d'injurier envahit la multitude,
gagna les rangs serrés des spectateurs.
Une poussée vers les insurgés s'opéra, que les gendarmes essayèrent en
vain de retenir. Des clameurs retentissaient, des huées éclatèrent;
c'était l'explosion de tout ce que peuvent hurler d'infâme et de
haineux une masse de braves gens en sécurité et qui se vengent.
Hélène, par peur ou par pitié, se sentait défaillir. M. Brodin,
l'entraîna toute pâle, l'assit sur un banc qui bordait, en arrière, le
trottoir, auprès des grands arbres séculaires. Il s'inclinait vers
elle, l'interrogeait, s'efforçait à la rassurer, quand un homme, le
chapeau à la main, s'approcha, proposa ses services.
--Tiens, Lahonce! s'écria M. Brodin d'un ton camarade.
Ils s'étaient connus pendant le siège à l'un des bastions de
Montrouge; et au cours des factions en commun, des longues heures
d'oisiveté sur les remparts, à la rumeur des canons tonnant au loin,
ils avaient lié intimité, une intimité guère moins superficielle et
éphémère, malgré la gravité du moment, que celles qu'on forme sur un
bateau, en wagon, dans un de ces endroits où le hasard des
circonstances vous tient, pour un temps, comme en une même geôle
enfermés.
M. Brodin remercia Pierre Lahonce de ses propositions cordiales, le
présenta à Hélène et l'invita même à leur rendre visite.
Le jeune homme y vint le lendemain, fut convié à dîner, fit une
seconde visite, une troisième; et au bout de quinze jours, il demanda
Hélène en mariage.
Orphelin, riche environ de trois millions, solide et gaillard, âgé
tout juste de vingt-quatre ans, neveu d'un homme d'État célèbre,
Pierre Lahonce réunissait en lui ces avantages de rang, de personne et
de fortune qui constituent ce qu'on appelle bourgeoisement un beau
parti.
Cependant M. Brodin n'accorda pas tout de suite son consentement, pria
qu'on l'autorisât à réfléchir.
En dépit de l'acceptation d'Hélène à laquelle Lahonce semblait agréer,
une hostilité suprême et inavouée contre tout ce qui avait touché au
monde impérial détournait M. Brodin d'acquiescer à cette union plutôt
honorable.
Enfin il parvint à maîtriser son antipathie, et le mariage eut lieu à
Paris, vers la fin du mois d'août.
Durant toute la cérémonie, M. Brodin fit bonne contenance. Il sut même
accueillir de sourires empressés les notabilités du parti déchu,
accourues pour féliciter le jeune marié.
Mais le soir, lorsque, après le dîner de famille qui s'était donné
chez lui, Hélène vint lui faire ses adieux, il fondit en sanglots.
On crut qu'il pleurait, par le chagrin de la séparation, et tout le
monde fut ému de cette bien naturelle souffrance d'un père délaissé.
La vérité était que son cœur fléchissait sous les morsures de cette
journée trop rude. Tous ces visages de courtisans, de fonctionnaires
impériaux, toutes ces beautés d'anciennes dames de la cour et
particulièrement la figure d'un proche cousin de Pierre qui
ressemblait d'une façon frappante, avec sa moustache cirée et sa
barbiche en forme de flamme, au funeste baron Carlier, toute cette
cohue détestée l'avait ramené à l'époque de son malheur, replongé
parmi les plus désolantes pensées, rejeté à une sorte de rechute.
En embrassant sa fille, il se rappelait, malgré lui, la honteuse scène
de la rue de Rivoli, puis toutes les coquetteries ultérieures de Mme
Brodin, puis toutes les affligeantes remarques accumulées sur la
corruption des femmes, et ces amertumes de naguère se joignaient pour
l'angoisser à des pressentiments indécis, des craintes confuses au
sujet de l'avenir de sa fille, de l'épouse infidèle que serait
logiquement Hélène, et des amants qu'elle ne pourrait manquer d'avoir,
parmi les drames ou les scandales.
Ces appréhensions calmées, durant les débuts du mariage, par la bonne
entente, les échanges de tendresse dont Lahonce et Hélène lui
offraient le spectacle, se réveillèrent après la naissance de Charlie,
quand la première fougue d'affection entre les jeunes gens se fut un
peu refroidie.
Sa manie de douter le reprenait; et inconsciemment, comme acharné par
une impérieuse habitude, il s'occupa à soupçonner sa fille, à l'épier
en cachette, à la surveiller ainsi qu'une épouse suspecte.
Bien que Mme Lahonce ne prêtât par sa tenue à aucun blâme, il notait
anxieusement ses démarches, ses paroles, les hommes avec qui il
l'avait vue causer dans le monde, les préférences qu'elle avouait
envers tel ou tel; et là-dessus il dressait des hypothèses, édifiait
des romans, inventait à Hélène des liaisons galantes dont il
l'innocentait ensuite, faute de preuves, pour lui en attribuer
d'autres qu'il jugeait plus croyables.
Jamais il ne confiait à Pierre ses observations, malgré l'envie qu'il
avait de le mettre en garde.
Il se piquait d'abord loyalement de ne pas accuser sa fille sur des
données aussi fragiles; et puis, tout en plaignant Lahonce de n'être
pas plus avisé, plus clairvoyant, plus soucieux de sa défense, il eût
rougi de dénoncer Hélène à cette jalousie dormeuse, de prendre parti
contre une femme, contre sa fille en faveur d'un étranger.
Pourtant, jusqu'en 1880, ses délicates recherches, son inquisition
ouatée de mystère ne lui avaient procuré aucun indice probant, aucun
témoignage positivement défavorable.
Il déplorait seulement le ton bref de révolte et d'agacement dont
Hélène accueillait ses questions tortueuses; et il se demandait s'il
fallait apercevoir, dans cette impatience à être interrogée, le signe
d'un irrespect tout moderne ou la marque d'une culpabilité en émoi.
Mais il ne possédait sur le cas de Lahonce nulle certitude et il se
fatiguait d'une pourchasse aussi difficile et infructueuse. Il fallut
la survenue de Vincent Favierres, présenté par Mme de Jehandy, pour le
ranimer au jeu.
Il redoubla d'attention alors, multiplia les ruses d'espionnage, les
pièges de conversation; et dès 1880, quoique n'ayant rien découvert
de décisif, il ne chercha plus, ferma l'enquête. Sûr que Favierres
était l'amant d'Hélène, l'inéluctable et premier amant qu'il redoutait
tant pour sa fille, il s'installa, se terra dans cette conviction
comme dans un inexpugnable refuge de pensée d'où il verrait l'aventure
se dérouler selon l'ordre normal pour finir par le ridicule ou par le
désastre; et depuis lors, il attendait, dans une mélancolie
tranquille, la suite d'événements qu'en conscience il se louait
d'avoir tout fait pour éviter.
* * * * *
M. et Mme Brodin étaient encore à table; achevaient de savourer leur
dessert, quand on apporta la lettre de Lahonce.
--Qu'est-ce que c'est?... Qu'est-ce qu'il y a? questionna Mme Brodin
de la voix somnolente qu'elle avait avant le somme où la jetait la
digestion de chaque repas.
--Je ne sais pas! répliqua froidement M. Brodin... Pierre nous fait
dire de ne pas venir... Tenez, voilà la lettre! Vous en saurez autant
que moi!
Il s'était levé, et les pouces dans l'entournure du gilet, la tête
alourdie d'une foison d'images tragiques ou dérisoires, il marchait
autour de la table, s'efforçant de déterminer jusqu'à quel point
étaient ennuyeuses ces choses dont Lahonce s'autorisait pour le
décommander, et si ces choses ne seraient pas par hasard celles que
prévoyait de si loin sa perspicacité avertie.
--Oh! mon Dieu! mon Dieu! s'écria plaintivement Mme Brodin lorsqu'elle
eut terminé... Qu'est-ce que cela peut bien être?... Cette pauvre
enfant!... Cette pauvre enfant!
M. Brodin, durement, enraya les doléances de sa femme, avoua son
opinion secrète:
--Cette pauvre enfant!... Qu'en savez-vous?... Qui vous dit que c'est
une pauvre enfant? Qui vous dit qu'elle n'a pas failli à tous ses
devoirs, à tous, vous saisissez!...
Et, dans l'intonation dont il prononçait «à tous», il y avait non
seulement un rappel à jadis, mais, de plus comme une mainmise sur une
hypothèse en voie de réalisation et qu'il n'entendait pas qu'on
détournât, qu'on incommodât par des hypothèses contraires.
Mme Brodin ne répliqua point. Elle revoyait, en une vision étonnée, le
baron Carlier et ses deux autres amants, effigies effacées, aux
contours pâlis et troubles, qui se brouillèrent encore davantage,
s'évanouirent entièrement dans la somnolence dont la grosse dame était
envahie.
Elle sursauta cependant au craquement de la porte que M. Brodin
ouvrait pour sortir:
--Où allez-vous donc? interrogea-t-elle en clignant ses paupières
collées.