«Nous, conseiller d'état, préfet de police, etc.,
»Arrêtons ce qui suit:
»A compter de ce jour, les sieurs DRISSENN et RIPAUD, précédemment
autorisés à tenir sur la voie publique un jeu de _trou-madame_,
feront partie de la brigade particulière de sûreté, sous les ordres
du sieur VIDOCQ, chef de cette brigade.
»Ils continueront à tenir ce jeu, mais il leur sera adjoint six
autres personnes qui feront également le service d'agents secrets.
»Le conseiller d'état, préfet, etc.
»_Signé_ G. DELAVAU.
»Pour copie conforme, le secrétaire-général,
»L. DEFOUGERES.»
[11] Les bataillons coloniaux, à une époque où la France n'avait plus de
colonies, étaient destinés à devenir les égoûts de notre armée de terre.
Les officiers de ces corps étaient presque tous de méchants garnements
déshonorés par leur inconduite, et moins faits pour porter l'épée que le
bâton de l'argousin. Lorsque le despotisme impérial existait dans toute
sa vigueur, les bataillons coloniaux se recrutèrent d'une foule de
citoyens honorables, militaires ou non, que les Fouché, les Rovigo, les
Clarke, immolaient à leurs caprices ou à ceux du maître dont ils étaient
les esclaves. Des généraux, des colonels, des adjudants-commandants, des
magistrats, des prêtres, furent envoyés comme simples soldats dans les
îles de Ré et d'Oléron. La police avait réuni dans cet exil, bon nombre
de royalistes et de patriotes à cheveux blancs, qu'elle soumettait à la
même discipline que les voleurs réputés incorrigibles. Le commandant
Latapie faisait marcher au pas les uns et les autres.
[12] Je mets ce Réglement sous les yeux du lecteur, afin de lui prouver
que, sans me mêler de politique, j'avais assez d'occupation.