Paris, le 13 janvier 1823

«Nous, conseiller d'état, préfet de police, etc.,

»Arrêtons ce qui suit:

»A compter de ce jour, les sieurs DRISSENN et RIPAUD, précédemment

autorisés à tenir sur la voie publique un jeu de _trou-madame_,

feront partie de la brigade particulière de sûreté, sous les ordres

du sieur VIDOCQ, chef de cette brigade.

»Ils continueront à tenir ce jeu, mais il leur sera adjoint six

autres personnes qui feront également le service d'agents secrets.

»Le conseiller d'état, préfet, etc.

»_Signé_ G. DELAVAU.

»Pour copie conforme, le secrétaire-général,

»L. DEFOUGERES.»

[11] Les bataillons coloniaux, à une époque où la France n'avait plus de

colonies, étaient destinés à devenir les égoûts de notre armée de terre.

Les officiers de ces corps étaient presque tous de méchants garnements

déshonorés par leur inconduite, et moins faits pour porter l'épée que le

bâton de l'argousin. Lorsque le despotisme impérial existait dans toute

sa vigueur, les bataillons coloniaux se recrutèrent d'une foule de

citoyens honorables, militaires ou non, que les Fouché, les Rovigo, les

Clarke, immolaient à leurs caprices ou à ceux du maître dont ils étaient

les esclaves. Des généraux, des colonels, des adjudants-commandants, des

magistrats, des prêtres, furent envoyés comme simples soldats dans les

îles de Ré et d'Oléron. La police avait réuni dans cet exil, bon nombre

de royalistes et de patriotes à cheveux blancs, qu'elle soumettait à la

même discipline que les voleurs réputés incorrigibles. Le commandant

Latapie faisait marcher au pas les uns et les autres.

[12] Je mets ce Réglement sous les yeux du lecteur, afin de lui prouver

que, sans me mêler de politique, j'avais assez d'occupation.

Mémoires de Vidocq, chef de la police de Sureté jusqu'en 1827, tome III · 第 39 / 41 题