Ces Bastards sont appelez en leur langue

_Marap_, ou _Ché-marap_.

Et les Bastards des François,

_Mulâtres_.

Les loix de ces bastards sont diverses, selon la diversité de leurs

descentes: & auparavant que je les touche, il faut poser la regle

generale qu’ils observoient vers les bastards, qui est, que quand...

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(Lacune d’une feuille.)

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ils l’appellent _Toreuüe_, c’est à dire gaillard, _Cheroreuuë_, je suis

joyeux, gaillard: celuy qui est plaisant, & a le mot à dire,

_aron-ayue_.

Leurs salutations, demandes, & responces, quand ils se trouvent par

ensemble, sont si douces que rien plus: d’autant qu’ils les prononcent

avec un accent assez long, fort doux, & attrayant, specialement les

femmes & les filles; & pour ce que je sçay, que cela apportera une

consolation au Lecteur: j’ay mis cy dessoubs la forme & maniere

ordinaire de leur pourparler, qui est telle[95].

Le matin quand ils se levent, ils se disent.

Bon jour. _Tyen-de-Koem._

Et à vous aussi. _Nein Tyen-de-Koem._

Le soir quand ils reviennent du travail, & qu’ils se separent, ils se

disent.

Bon soir. _Tyen de Karouq._

Et à vous aussi. _Nein Tyen de Karouq._

Quand la nuict est fermee, & qu’ils veulent aller coucher, ils disent

l’un à l’autre.

Bonne nuict. _Tyen-de-petom._

Et à vous aussi. _Nein-Tyen-de-petom._

S’ils voient quelqu’un venir à eux, ou passer aupres d’eux, ou s’ils se

rencontrent en chemin, souvent ils s’arrestent un peu, &

s’entre-demandent avec une parole & un visage familier.

D’où venez vous? _Mamo souï pereiou?_

Où allez-vous? _Mamo peresso?_

Lors ils respondent & disent d’où ils viennent, & où ils vont, & c’est

ordinairement l’une de ces choses suivantes, ausquelles toute leur vie &

exercice est appliquee, à sçavoir, ou pescher en la mer, aller dans le

bois, couper des arbres, visiter leurs jardins, planter leurs racines,

cueillir leurs fruicts, arracher leurs naveaux, aller à la chasse, se

promener çà & là, visiter les villages, & les loges l’un de l’autre par

ainsi ils respondent,

Je viens de la mer. _Paranam-souï-Kaiout._

Je viens de pescher. _Pira-rekie-souï-Kaiout._

Je viens du bois. _Kaa-souï-Kaiout._

Je viens de couper du bois. _Ybouïra monosoc._

ou bien _Ybouïra mondoc._

Je viens du jardin. _Ko-souï-Kaiout._

Je viens de jardiner. _Ko-pirarouer-Kaiout._

Je viens de bescher & planter. _Maëtum arouere._

Je viens de cueillir des

fruicts. _Vuapoo-arouere-Kaiout._

Je viens de la chasse. _Kaaue-arouere-Kaiout._

Je viens de me promener. _Mosou-arouere-Kaiout._

Je viens d’un tel village. _Taaue-souï-Kaiout._

Je viens de voir un tel. _Ahere-piac-souï-Kaiout._

Je viens de mon logis. _Cheroe-souï_, ou bien,

_Cheretan-souï_.

A Dieu, je m’en vay. _Ne in cheaiourco._

A Dieu, nous en allons. _Ne in oro iourco._

Que si quelqu’un de leurs voisins les va trouver en leur loge, ou s’ils

le voient en peine, cherchant çà & là quelque chose luy demandent,

Que cherchez-vous? _Maëperese-Kar?_

Que demandez-vous? _Marapereico?_

Alors ils disent ce qu’ils cherchent, & ce qu’ils demandent fort

librement; Pour exemple,

Je demande à manger. _Ageroure deué-cheremyouran ressé._

Je demande de la farine. _Ageroure ouï ressé._

Je demande de la chair. _Ageroure soo ressé._

Je demande du poisson. _Ageroure pyra ressé._

Je demande de l’eau. _Ageroure v. ressé._

Je demande du feu. _Ageroure tata cheué._

Je demande un couteau. _Ageroure xè._

Une hache. _Iu._

S’ils voient quelqu’un tout pensif en soy-mesme, ils luy demandent ce

qu’il a, à quoy il pense.

Voyage dans le nord du Brésil fait durant les années 1613 et 1614 · 第 18 / 29 题