IV

Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis le moment fixé par M. St.-Aubin

pour le retour. Que pouvait-il lui être arrivé qui le retint si

longtemps, lui toujours si exact à revenir à l'heure dite. Déjà

accompagner de la petite Hermine, Mme. St.-Aubin avait parcouru des

distances assez considérables pour aller à à sa rencontre, et chaque

fois, elle était toujours revenue de plus en plus triste. C'était le

soir de la dixième journée après le départ de M. St. Aubin. Assise dans

le salon et tenant son enfant dans ses bras, elle ne pouvait se défendre

du vague et inexprimable sentiment qui l'obsédait. Pour la première

fois de sa vie, les babillages et les câlineries de sa petite fille ne

pouvaient la tirer de sa sombre préoccupation. Le ciel était bas et

chargé, le feuillage jaunissant qui entourait sa demeure et le froid

vent de nord qui s'était élevé, ajoutait encore à sa tristesse. Parfois

une feuille desséchée, poussée par la brise, courait dans l'avenue

déserte, où, d'une minute à l'autre, elle espérait voir arriver celui

qu'elle attendait avec tant d'angoisses.

Les heures s'écoulaient lentement, et la soirée était avancée. Vaincue

par le sommeil, la petite s'était endormie en demandant à sa mère:

"quand donc papa reviendra-t-il!" Alors deux larmes involontaires

vinrent briller aux paupières de la pauvre femme; elle pressa avec

transport son enfant sur son coeur; celle-ci ouvrit les yeux, lui sourit

doucement et comme une prière, le mot papa s'échappa encore de ses

lèvres, et elle se rendormit. C'en était trop; n'y pouvant plus tenir,

et presque sans pouvoir s'en rendre compte, Madame St. Aubin se mit à

fondre en larmes.

Longtemps elle pleura, quand des pas bien distincts retentirent autour

de la maison, et la porte s'ouvrit: Te voilà donc enfin, s'écria-t-elle,

s'élançant au-devant de celui qui arrivait. Mais jugez de sa stupeur!

c'était Jean Renousse! Jean Renousse, pâle, sanglant et défiguré, qui

venait lui apprendre la terrible nouvelle!!........

Bien des fois déjà et au moindre bruit, elle avait tressailli, puis

toute palpitante d'émotion et de joie, elle allait ouvrir et tendre les

bras; mais vain espoir, ce n'était point les pas du cheval, ce n'était

point non plus les joyeux aboiements de Phédor, mais bien le vent qui,

mugissant tristement dans les arbres, lui apportait, chaque fois une

poignante déception.

La foudre tombée à ses pieds n'eut pas produit plus d'effets. Madame

St.-Aubin s'affaissa sur elle-même. On la transporta mourante dans son

lit. Deux jours entiers se passèrent pendant lesquels elle luta contre

la mort. Dans son délire, elle appelait avec transport son mari,

demandant avec égarement à chaque instants aux personnes qui se

présentaient, son époux bien-aimé; et lorsqu'on lui apportait son

enfant, elle la repoussait durement. La pauvre petite qui ne comprenait

rien à la conduite étrange de sa mère, allait alors se cacher dans un

coin de la chambre, elle pleurait amèrement; et comme si elle se fut

crue coupable, elle revenait auprès du lit, baisant les mains de sa

mère, elle lui disait: "Ma bonne maman, embrasse-donc encore la petite

Hermine, elle ne te fera plus de mal, lèves-toi et allons au-devant de

papa." Enfin, son tempérament et surtout l'idée de laisser sa pauvre

enfant complètement orpheline, rendirent quelques forces à Madame

St.-Aubin, mais une insurmontable tristesse s'empara d'elle, et bientôt

cette demeure naguère si heureuse ne devint plus qu'un séjour de deuil

et de larmes.

Là, toutefois ne devaient pas s'arrêter ses malheurs.

La rage des pirates n'était pas encore satisfaite, il fallait de

nouvelles dépouilles à leur rapacité et de nouvelles victimes à leur

vengeance.

Peu de temps après les événements que nous venons de rapporter, on

signala au large un vaisseau de guerre portant pavillon anglais.

Instruite par l'expérience, la petite colonie, après avoir recueilli

tout ce qu'elle avait de plus précieux, crut prudent de se sauver dans

les bois. Madame St.-Aubin elle-même, réunit tout ce qu'elle put

avec l'aide de ses domestiques et de Jean Renousse, et dut aller les

rejoindre en toute hâte, car le vaisseau s'approchait de la côte avec

une effrayante rapidité.

Il n'y avait pas longtemps qu'elle avait abandonné ses foyers si chers

pour s'enfoncer dans les bois avec ses fidèles domestiques, lorsque

gravissant une petite éminence où ses compagnons d'infortune

l'attendaient, elle vit les tourbillons de flamme et de fumée s'élever

dans la direction de sa demeure et de celles des malheureux qui

l'entouraient. Ce navrant spectacle leur apprit à tous que les vandales

étaient à leur oeuvre de pillage et de destruction. Longtemps elle

contempla les cendres brûlantes de sa pauvre demeure qui s'élevaient et

retombaient tour-à-tour comme font chacune de nos illusions du jeune

âge. Elle jeta un coup-d'oeil en arrière, vers les jours heureux qu'elle

avait passés sous ce toit fortuné, vers les objets si chers qu'elle y

rencontrait à chaque instant, vers les personnes qui l'entouraient et

les autres qui, après être venues lui demander des consolations et des

secours, s'en retournaient en lui offrant des larmes de gratitude et de

bénédictions: mais sa pensée se reporta surtout sur la main bien-aimée

qui après Dieu lui avait fait ce bonheur si tot passé. Hélas! elle

n'était plus auprès d'elle pour la soutenir et la protéger avec son

enfant, cette main tant aimée et tant regrettée! Reverrait-elle jamais

celui auquel elle adressait chaque jour une pensée, un souvenir, une

larme! Et lorsque la dernière flamme vint jeter une lueur vacillant

et disparaître pour toujours, elle comprit alors qu'une barrière

insurmontable venait de s'abaisser entre elle et son passé. Il ne

lui restait plus désormais que l'avenir, mais quel avenir? L'hiver

s'approchant avec son nombreux cortège de froid, de privations et de

misères; nul asile pour la recevoir, à charge aux pauvres gens qui

n'avaient pas même de quoi se nourrir, qu'allait-elle devenir? Accablée

sous le poids de tant de malheurs elle sentait le désespoir la gagner,

lorsque tombant à genoux, elle s'écria: "Mon Dieu, mon Dieu, vous êtes

maintenant notre seul et unique espoir. Ce n'est pas en vain que la

veuve et l'orphelin vous implorent, ayez pitié de nous." Cette courte

mais fervente prière fut immédiatement exaucée. En relevant la tête,

elle aperçut, à quelques pas d'elle, la figure bienveillante et amicale

de Jean Renousse qui, n'osant dire un mot, paraissait attendre ses

ordres: "Jean, lui dit-elle, en lui remettant son enfant dans ses bras

prends soin de cette pauvre petite, veilles sur elle, c'est en toi seul,

après Dieu, en qui nous devons nous confier. Peut-être ne pourrai-je

jamais récompenser dignement ton généreux dévouement pour nous jusqu'à

ce jour, mais compte sur une reconnaissance qui ne s'éteindra qu'avec ma

vie." "Madame lui répondit celui-ci, d'une voix émue et avec noblesse.

Dieu m'est témoin que si j'ai tâché de vous être utile jusqu'ici ce

n'est pas dans l'espoir d'une récompense; je donnerais volontiers ma vie

pour pouvoir vous rendre ce que vous avez perdu; mais de grâce n'allez

pas vous désespérer! A deux pas d'ici est ma pauvre cabane, la vieille

Martine, votre servante, vous y attend. J'ai pu sauver quelques linges

et des provisions. Venez, Madame et tant que Jean Renousse pourra

porter un fusil, vous et la petite ne manquerez pas de nourriture et

de vêtements." Chargé de son précieux fardeau, il conduisit Madame

St.-Aubin dans sa demeure où Martine l'attendait. Un feu brillant avait

été allumé, le lit de sapins avait été renouvelé, on y avait étendu

les quelques couvertures que Jean Renousse, dans sa sollicitude, avait

sauvées du pillage.

La marmite était au feu. On offrit à Madame St.-Aubin les quelques

aliments qu'on avait préservés; elle en prit ce qu'il lui en fallait

pour se soutenir et s'empêcher de mourir. La petite mangea avec

l'appétit qu'on a à quatre ans, puis toutes les deux vaincues par les

émotions de la journée, la fatigue et le sommeil qui les gagnaient,

s'étendirent sur le lit de sapin et ne tardèrent pas à s'endormir

profondément. Jean Renousse et Phédor se couchèrent à l'entrée de la

cabane et firent bonne garde toute la nuit.

Lorsque Madame St.-Aubin s'éveilla le matin, tous les malheureux

proscrits, ses compagnons d'infortune, lui avaient construite une

demeure un peu plus confortable: c'était une misérable masure de pièces

qui lui offrait un séjour plus spacieux mais qu'il y avait loin de là à

la maison qu'elle avait laissée.

Comment l'hiver se passa-t-il? Laissons à M. Rameau de dépeindre ce

que durent souffrir les malheureuses victimes de l'expatriation. Cest

d'ailleurs de lui que nous emprunterons la partie historique de ce

récit, en ce qui concerne les Acadiens:

"Quelle que fut l'âpre sollicitude que montrèrent les anglais, un

certain nombre d'individus cependant se sauvèrent de la proscription.

Comment ces pauvres gens purent-ils vivre dans les bois et les déserts?

par quelle suite d'aventures et de souffrances ont-ils passé, pendant de

longues années en présence de spectateurs auxquels on distribua leurs

biens? c'est ce que nous ignorons..."

"Là pendant plusieurs années, ils parvinrent à dérober leur existence au

milieu des inquiétudes et des privations, cachant Soigneusement leurs

petites barques, n'osant se livrer à la culture, faisant le guet quand

paraissait un navire inconnu, et partageant avec leurs amis, les indiens

de l'intérieur, les ressources précaires de la chasse et de la pêche."

Enfin le printemps arriva. Jamais dans les longues journées d'hiver, le

zèle et le dévouement de Jean Renousse ne s'était ralentis une seule

fois. Sous le commandement de Bois-Hébert il avait été faire le coup de

feu contre les Anglais, puis aussitôt sa tâche achevée, il était revenu

prendre son rôle de pourvoyeur. Souvent, dans le cours de l'hiver, on

l'avait vu parcourir des distances considérables, refouler au plus

profond de son âme tout sentiment de haine et d'antipathie, qu'il avait

voué aux Anglo-Américains et rapporter des traitants Anglais, qui

étaient établis le long de la côte, à la place des malheureux Acadiens

expropriés, les quelques effets qui pouvaient être utiles et agréables à

ses protégées. Mais le printemps qui apporte, pour le pauvre au moins,

un soupir de soulagement et une larme d'espérance; pour l'homme qui

jouit de l'aisance, un sentiment de satisfaction par anticipation des

jouissances que la nouvelle saison doit lui donner, était pour les

pauvres expatriés chargé d'orages.

Où iraient-ils fixer leurs demeures? En quel endroit seraient-ils hors

des atteintes de leurs implacables ennemis? Était-il un lieu à l'abri de

leurs rapines, où l'on put fournir le pain et la nourriture à la famille

et aux pauvres enfants qui les réclamaient? Telles furent les questions

que se posèrent les Acadiens de la colonie que M. St.-Aubin avait

formée.

Plusieurs décidèrent de demeurer dans les bois, d'autres résolurent,

d'aller rejoindre leurs concitoyens échelonnés sur la côte, protégés

seulement par l'isolement et l'inhospitalité des parages qu'ils

habitaient. Madame St.-Aubin se voyant seule, à bout de toutes

ressources, et ne voulant plus être à charge du généreux Jean Renousse

ainsi qu'à ses compagnons, prit la résolution du se rendre en Canada. En

effet, de vagues rumeurs étaient parvenues que dans ces pays lointains

un bon nombre d'Acadiens avaient, dans le voisinage de Montréal, fondés

une petite colonie.

Jean Renousse, dans ces rapports avec les traitants anglais, avait

appris d'une manière certaine qu'un vaisseau portant un certain nombre

d'émigrants avait mis à la voile pour le Canada. D'après le nombre de

jours qu'il était en mer, il ne tarderait pas à être en vue.

V

Que nos lecteurs nous permettent de les transporter au-delà de l'Océan.

Nous sommes dans un port de mer: Voyons l'activité qui y règne. Des

centaines de vaisseaux déchargent d'un côté du quai d'amples provisions

de charbon et de coton, d'autres, les riches soieries et les magnifiques

produits de l'Orient. Tout le monde est à l'oeuvre. Partout il y a joie,

car il y a gain pour tous.

Mais d'où vient donc cette foule d'hommes en haillons, ces femmes

amaigries et presque nues, ces pauvres enfants si frêles, si chétifs,

qui occupent un tout petit espace du quai? D'où viennent ces pleurs et

ces gémissements à fendre l'âme? Ces embrassements pleins de regrets et

de tendresse? Ah! c'est qu'un père vient peut-être pour la dernière fois

de presser dans ses bras ses enfants bien-aimés! C'est que des amis

viennent de dire un adieu peut-être éternel aux compagnons de leur

enfance! C'est que, pour la dernière fois, on a jeté un regard de

douleur sur la vieille chaumière qui nous a vus naître! C'est que, dans

un dernier embrassement, nous avons échangé avec les amis émus, une

dernière poignée de mains, que pour toujours, nous avons salué les côtes

de l'Irlande, dont aucun de ses enfants ne peut parler sans verser une

larme de regret! Et ces malles, et ces paquets, que contiennent-ils,

sinon les pauvres vêtements des malheureux Irlandais. Mais dans le

navire qui est en partance, que de cris joyeux. A peine entend-on

l'ordre du contremaître: "Embarque, embarque;" voilà le mot qui se fait

entendre.

Inutile de le dire, nous le voyons déjà que trop, ce bâtiment est chargé

d'émigrants pour l'Amérique. Voyez sur le gaillard d'arrière cet homme à

la figure replète et trapue, comme il savoure avec délices les bouffées

de tabac qui s'échappent de sa longue pipe d'écume de mer; quels regards

distraits il jette sur la gazette qu'il lient entre ses mains; comme les

nouvelles sont loin de l'absorber; il hoche dédaigneusement la tête en

voyant les pleurs des malheureux enfants de la verte Erin. Dans le fond

que sont-ils pour lui? Des Irlandais catholiques, il est protestant. Que

lui importe donc si la plus grande partie d'eux n'atteint pas les côtes

de l'Amérique? Que lui importe si l'espace qu'il leur a destinée dans

son vaisseau n'est pas suffisant? Que lui importe si les aliments dont

il a fait provision ne peuvent suffire à une moitié de ceux qu'il

entasse à son bord? Sa bourse n'est-elle pas bien remplie, et si le

typhus, le choléra ou mille autres maladies viennent les décimer,

n'a-t-il pas devant lui un immense cimetière; comme bien d'autres qui

l'ont suivi, il peut dire à chacune de ces victimes qu'on jette dans

l'Atlantique; "Si une tombe, un mausolée, était élevé à chacune d'elles,

ou n'aurait pas besoin de boussole pour aller dans le Nouveau-Monde."

Tel était le "Boomerang" capitaine Brand, quelques jours avant le moment

où nous venons de laisser Madame St.-Aubin. Les communications étaient

alors bien difficiles entre l'Acadie et le Canada. C'était donc une

belle occasion qui se présentait pour Madame. St.-Aubin de se rendre

dans ce dernier pays. Là on pouvait correspondre plus facilement

avec l'Europe et les États-Unis et qui sait, peut-être avoir des

renseignements sur celui auquel, à chaque instant du jour, elle

adressait un cuisant souvenir, un pénible regret. Depuis plusieurs

jours, Madame St.-Aubin avait mise en vedette toute la petite colonie.

Chaque jour des berges prenaient le large et étaient chargées de venir

lui annoncer l'approche du vaisseau tant désiré. Bien des heures se

passèrent en d'inutiles et inexprimables regrets. Enfin Jean Renousse

vint un matin l'informer que le navire tant désiré était en vue, et lui

offrit en même temps de la conduire à son bord.

Il était facile de voir, à l'accablement de cet home trempé aux muscles

d'acier, à 'son air morne et abattu, combien il lui en coulait de

remplir cette pénible mission.

Il est dur, en effet, de voir disparaître les fruits d'un labeur de

chaque jour, de voir s'engloutir les années d'un travail constant

et journalier, de revoir à la place de sa demeure des débris et des

cendres.

La femme a chez elle un sentiment d'amour et de dévouement qu'on ne

sait pas toujours apprécier. Qu'il dut en coûter à Madame St.-Aubin

de laisser les endroits qui lui rappelaient de bien doux souvenirs,

d'abandonner ces pauvres gens qui auraient pu se priver du plus

essentiel nécessaire plutôt que de la voir s'éloigner; mais lorsqu'elle

les vit tous ensemble l'accompagner jusqu'à la barque fatale, qu'elle

vit leurs pleurs, que depuis l'aïeul jusqu'au plus petit des enfants, on

se pressait pour lui baiser les mains, enfin lorsqu'elle fut embarquée,

qu'elle les vit tomber à genoux, oh! alors, un inexprimable sentiment de

tristesse et de regrets s'empara d'elle.

Mon Dieu! que deviendraient-ils sur les terres étrangères les pauvres

exilés, si vous n'étiez pas là pour les consoler des regrets de la

patrie?

Cependant au signal de la petite barque, le navire avait mis en panne...

Une passagère de chambre, ah! c'était une nouvelle aubaine pour le

capitaine. L'échelle fut immédiatement descendue et avant que de gravir

le premier degré, Madame St.-Aubin tendit en pleurant sa main blanche

et frêle, à la main rude et calleuse de Jean Renousse. "Merci, ami,

lui dit-elle, pour ce que vous avez fait pour mon enfant et pour moi.

Puissiez-vous être heureux autant que vous le méritez, autant surtout

que mon coeur le désire."

Celui qui aurait contemplé alors la figure hâlée de Jean Renousse aurait

vu ses joues s'inonder de larmes abondantes, et elles n'avaient encore

été inondées, bien probablement, que les pluies du ciel et l'eau de la

mer. Il remit l'enfant à sa mère, après l'avoir couverte de baisers,

puis se jetant aux pieds du capitaine, il le supplia de le prendre lui

aussi à son bord. Mais celui-là ne payait pas. Violemment, au milieu

des rires et des huées d'une partie de l'équipage, on le rejeta dans la

berge, les ris furent lâchés et le navire, fin voilier, prit le large.

Jean Renousse, en regagnant la côte dans sa petite embarcation, jeta un

regard triste et désespéré sur le vaisseau qui emportait sa bienfaitrice

et l'enfant qu'il chérissait tant.

Plusieurs jours se passèrent, un vent favorable les conduisit à la

pointe Ouest de l'Ile d'Anticosti.

Le Cap au Diable, Légende Canadienne · 第 6 / 11 题