Hugo Joseph-Léopold-Sigisbert

et

Marie-Catherine

Tomat Isaétony

_Du 6 Septembre 1821_

Aujourd'hui six septembre mil huit cent vingt-un, à six heures

du soir, par devant Nous, Louis, marquis de Béthune Sully,

chevalier de l'ordre Royal de la Légion d'honneur, maire et

officier de l'état-civil de la commune de Chabris, canton de

Saint-Christophe, arrondissement d'Issoudun (Indre), sont comparus M.

Joseph-Léopold-Sigisbert Hugo, ancien officier général, domicilié à

Nancy[20], département de la Meurthe, né à Nancy le quinze novembre

mil sept cent soixante-treize, fils majeur de feu Joseph Hugo, vivant

propriétaire, décédé à Nancy, le quinze messidor, an sept et de feue

Marguerite Michaud, décédée aussi à Nancy le vingt-trois février mil

huit cent quatorze.

[Note 20: Le général Hugo résidait, en fait, à Blois, depuis

plusieurs années.]

D'une part,

Et Dame Marie-Catherine Tomat Isaétony, domiciliée à Chabris[21],

Comtesse de Salcano, née à Cervione, le cinq novembre mil sept cent

quatre-vingt-quatre, veuve de Anaclet d'Almay, vivant propriétaire,

décédé à la Havane, le quinze août mil huit cent dix-sept, fille

majeure de feu Nicolas de Ligny Tomat, décédé en Corse le premier

novembre mil huit cent trois et feue Lina Isaétony de Compolor,

décédée à Cervione le quinze décembre mil sept cent quatre-vingt-cinq,

[Note 21: «Plus exactement elle résidait au Château de Beauregard,

habitation du marquis de Béthune-Sully, dont elle était l'hôte» (Dr

Patrigeon)... passagère, car la veuve d'Almeg était depuis 1816,

propriétaire à Blois, et cet acte de l'état civil n'était que la

consécration des liens... religieux (?) qui depuis longtemps déjà

l'unissaient au général Hugo.]

D'autre part,

Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage

projeté entre eux et dont les publications ont été faites dans cette

commune les dimanches vingt-deux et vingt-neuf juillet dernier et

dans la ville de Nancy, les dimanches vingt-deux et vingt-neuf

juillet aussi dernier, d'après qu'il résulte du certificat de

Monsieur l'adjoint dudit Nancy, en date du dix-huit août dernier,

signé Morville, adjoint.

Aucune opposition audit mariage ne nous ayant été signifiée, vu aussi

la permission de mariage accordée par le Ministre Secrétaire d'État

au département de la Guerre, en date du vingt-huit août dernier,

faisant droit à leur réquisition, après leur avoir donné lecture

de toutes les pièces ci-dessus mentionnées, ainsi que du chapitre

six du code civil: _Du Mariage_; nous avons demandé au futur époux

et à la future épouse s'ils veulent se prendre pour mary et femme;

chacun d'eux nous ayant répondu séparément et affirmativement, nous

avons déclaré: Au nom de la loi, que Joseph-Léopold-Sigisbert Hugo

et Marie-Catherine Tomat Isaétony sont unis par le mariage, dont

acte fait à la mairie de Chabris, les jour, mois et an que dessus,

en présence des sieurs Jacques Rousseau, chevalier de l'ordre royal

de la Légion d'honneur, âgé de quarante-six ans[22], de Jacob

Schiésingeyer, cocher de M. le marquis de Béthune Sully, âgé de

trente-quatre ans; de Chantreau Maurice, homme d'affaires de M. de

Béthune, âgé de quarante-huit ans, et de Nicolas Kallenborenne,

tailleur d'habits, âgé de trente-cinq ans, tous demeurant commune

de Chabris et ont, lesdits comparants et témoins, signés avec Nous,

après lecture faite.

[Note 22: Ancien soldat de l'Empire, Jacques Rousseau était adjoint

au maire de Chabris.

«Il n'y eut pas de bénédiction nuptiale à l'église de Chabris. Aucun

contrat ne fut passé en l'étude de Me Jaupitre, notaire de la

localité» (Dr Patrigeon).]

_Le Général Hugo_

_Veuve Dalmay_

_Rousseau, Jacob Schiésingeyer, Chantreau, Kallenborenne,

Le Marquis de Béthune Sully._

L'on connaît par Edmond Biré, le singulier faire-part que le général

adressa en cette occasion à ses connaissances:

_M._

Monsieur le général Léopold Hugo a l'honneur de vous faire part qu'il

vient de faire légaliser, par devant M. l'officier public de Chabris

(Indre), les liens purement religieux qui l'unissaient à Madame veuve

d'Almé, comtesse de Salcano.

Saint-Lazare, près Blois[23].

[Note 23: Edmond Biré: _Victor Hugo avant 1830_, p. 233.]

La religion a parfois bon dos... Victor, cependant, se contenta

d'ignorer ainsi que ses frères, la seconde femme du général «la femme

pour laquelle il a quitté sa famille[24]» jusqu'au jour où les soins

donnés à son frère Eugène et à son petit Léopold amenèrent entre le

beau-fils et la belle-mère un rapprochement passager.

[Note 24: Victor Hugo: _Lettres à la Fiancée_, 1820-1822, Paris,

Fasquelle, 1901, in-12 de 340 pp. Note, p. 231.]

Victor Hugo à vingt ans: Glanes romantiques · 第 11 / 60 题