Moine, est-ce quand il veille ou quand il dort qu'on fait bien
d'attaquer le lion? Or, j'ai tenu éveillé le lion de Florence. Demandez
aux Pisans s'ils eurent à se réjouir de l'avoir assailli dans le temps
que je l'avais rendu furieux. Cherchez dans les vieilles histoires et
vous y trouverez peut-être aussi que les cités qui bouillonnent au
dedans sont toutes prêtes à échauder les ennemis du dehors, mais que
la gent tiédie par la paix est sans ardeur pour combattre hors de ses
portes. Sachez qu'il faut craindre d'offenser une ville assez vigilante
et généreuse pour soutenir la guerre intérieure, et ne dites plus que
j'ai affaibli ma patrie.