SON JOUR

C’est le jeudi; mais pas, qu’on s’en souvienne,

Chaque jeudi: ce serait trop facile!

Première, seulement, et troisième semaine,--

Les obligations mondaines

Ont de ces nuances subtiles,--

(Encor, sans doute, faudra-t-il

Tenir compte de la lune, pleine ou pas pleine.

Et si l’année est bissextile);--

Le monde a sa mode, et son code:

Nos relations, amies, amis,

Sont prévenus qu’à part cela, c’est le jeudi:

C’est bien commode.

Donc, le matin de ce jour-là,

(Et d’abord, pas de chocolat,

La bonne a bien assez à faire,

A secouer toute la poussière,

Et à mettre tout en état,

Elle en a,

Elle en a la tête à l’envers),

Dès que l’aube commence à luire,

Debout, pour astiquer, frotter, faire reluire,--

Il faut que le salon fasse honneur à sa mère,

Pour que, si le bon vent la poussait à venir,

Elle n’y trouvât rien à redire;

Il ne faut pas qu’elle soupire

Comme la dernière fois:--Ma chère,

Ma chère enfant, surveille ta torchère

Empire!

(Car enfin, on aura beau dire,

A la face du ciel, je suis encore ta mère;)

Je viens, par curiosité,

Je viens d’en effleurer le dessous du coin droit:

Et vois mon doigt!

Ma petite enfant, souviens-toi,

En vérité je le proclame, en vérité,

Que, toute mariée qu’on soit,

Ce n’est pas un motif pour tolérer chez soi,

Pour tolérer de la saleté!

On doit

On doit sur son ménage exercer plus d’empire:

La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage · 第 114 / 126 题