Zon. l. 13, t. 2, p. 24.]

Après avoir tracé ce plan général du gouvernement de Julien, nous

allons entrer dans le détail des événements de son règne. Il trouva

à Constantinople plusieurs ambassadeurs que les nations étrangères

avaient envoyés à Constance. Il leur donna audience et les congédia

honorablement, à l'exception des Goths qui contestaient sur les termes

du traité fait avec eux. Julien les renvoya en les menaçant de la

guerre. Plusieurs de ses officiers lui conseillaient d'effectuer cette

menace: il répondit qu'il cherchait des ennemis plus redoutables, et

que les pirates de Galatie[375] suffiraient pour lui faire raison de

la perfidie de cette nation. Ces corsaires courant alors les côtes du

Pont-Euxin enlevaient les Goths et les allaient vendre comme esclaves.

Il se contenta de réparer les fortifications des villes de Thrace, et

de poster des corps de troupes le long des bords du Danube.

[Note 375: Lebeau se trompe en disant que les Galates couraient

les côtes de l'Euxin pour y faire des esclaves. La Galatie, située au

centre de l'Asie-Mineure, n'avait point de port; et quand même elle

eût été dans une position maritime, il est difficile de croire que les

principes de gouvernement admis par l'administration romaine eussent

toléré de telles entreprises. Il n'était pas nécessaire que les Galates

fussent pirates pour faire le commerce d'esclaves; cette sorte de

trafic a toujours eu lieu dans les régions limitrophes de la mer Noire.

Il est encore en usage parmi les nations du Caucase. Il suffisait que

les Galates se rendissent dans les villes où se vendaient des esclaves,

qu'ils plaçaient ensuite dans l'empire. Les choses se passaient ainsi.

Ammien Marcellin, le seul auteur qui ait fait mention de la réponse de

Julien rapportée dans le texte de Lebeau, ne parle que de marchands et

non de pirates Galates. _Illis sufficere_, dit-il, _mercatores Galatas,

per quos ubique sine conditionis discrimine venumdantur_. Amm. Marc. l.

22, c. 7. Il est clair que les Galates faisaient métier de marchands

d'esclaves; ce qui est encore attesté par ce vers de Claudien (l. I.

_contr. Eutrop._ v. 59):

_Hinc fora venalis Galata ductore frequentat._--S.-M.]

[Note latérale: AN 362.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 292 / 331 题