Le premier soin de Julien fut de rendre à son prédécesseur les devoirs
funèbres. Le corps de Constance embaumé et enfermé dans un cercueil
était parti de Cilicie, suivi de toute l'armée. Jovien, capitaine des
gardes, assis dans le char funèbre, représentait l'empereur. On lui
adressait les honneurs qu'on avait coutume de rendre au souverain,
quand il traversait les provinces. Les députés des villes se rendaient
sur le passage: on lui offrait l'essai du blé déposé dans les magasins
pour la subsistance des troupes; on lui présentait les animaux
entretenus pour le service des postes et des voitures publiques. On
remarqua après l'événement, que ces honneurs passagers avaient été
en même temps pour Jovien un présage de son élévation à l'empire et
celui d'une mort prochaine. Le char étant arrivé au bord du Bosphore,
fut placé sur un vaisseau. Julien sans diadème, revêtu de la pourpre,
mais dépouillé de tous les ornements impériaux, l'attendait sur le
rivage, à la tête de ses soldats sous les armes et rangés en ordre
de bataille. Il le reçut avec respect; il toucha le cercueil, et le
conduisit en versant des larmes à l'église des Saints-Apôtres, où
Constance fut déposé dans le tombeau de son père à côté de sa femme
Eusébia. Saint Grégoire, dans le détail de cette pompe funèbre,
parle de prières, de chants nocturnes et de cierges portés par les
assistants, comme de choses dès lors en usage dans les funérailles des
chrétiens. Mamertinus, panégyriste de Julien, et païen comme lui, donne
à Constance le titre de _Divus_. Ce nom, consacré par le paganisme
à l'apothéose des empereurs, se trouve quelquefois employé par les
chrétiens mêmes. Ce n'était plus qu'un terme de respect, qui avait
perdu sa signification primitive.
[Note latérale: IV. Punition de courtisans de Constance.
Amm. l. 22, c. 3 et 7.
Jul. ep. 23, p. 389.
Liban. or. 10, t. 2, p. 298.
[Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 91.
Soz. l. 5, c. 10.