Amm. l. 25, c. 4.]

Ses officiers et ses soldats, témoins de la conduite qu'il avait tenue

dans la Gaule, confirmaient ces belles espérances: ils promettaient un

empereur égal aux Titus, aux Trajans, aux Antonins: ils ne cessaient

de louer sa tempérance, sa justice, sa prudence et son courage: ils

le représentaient sobre, chaste, vigilant, infatigable, affable sans

bassesse, gardant sa dignité sans orgueil, montrant dans la plus vive

jeunesse toute la maturité d'un vieillard consommé dans les affaires;

plein d'équité et de douceur, même à l'égard de ses ennemis; sachant

allier la sévérité du commandement avec une bonté paternelle; détaché

des richesses, des plaisirs, de lui-même; ne vivant, ne respirant

que dans ses sujets, dont il partageait tous les maux, pour leur

communiquer tous ses biens. Ils racontaient ses combats; combien de

fois l'avaient-ils vu, soldat en même temps que capitaine, tantôt

attaquer l'épée à la main les plus redoutables ennemis, tantôt arrêter

la fuite des siens en leur opposant sa personne, et toujours déterminer

la victoire autant par ses actions que par ses ordres? Ils relevaient

son habileté dans les campements, dans les siéges, dans la disposition

des batailles; la force de ses paroles et plus encore de ses exemples

capables d'adoucir les plus extrêmes fatigues, et d'inspirer le courage

dans les plus grands périls; sa libéralité qui ne lui laissait de

trésors que ceux qu'il avait placés entre les mains de ses peuples.

Quel bonheur pour l'empire, où il allait répandre les mêmes biens qu'il

avait procurés à la Gaule! Ces éloges étaient véritables; et il faut

avouer que si l'on retranche la superstition et la bizarre affectation

de philosophie, Julien César fut le modèle des empereurs les plus

accomplis. Mais il paraît que tant de qualités brillantes étaient

accommodées au théâtre, et quelles n'avaient pour la plupart d'autre

source que la vanité et peut-être la haine qu'il portait à Constance;

et je ne sais si l'on ne peut pas dire qu'il doit à ce prince presque

toutes ses vertus, comme tous ses malheurs. Son antipathie pour le

meurtrier de sa famille, l'éloigna de tous les vices de Constance: il

n'en fallait guère davantage pour faire un grand prince. Les faits

justifient ce que j'avance. Sa conduite équivoque dans la rébellion, le

rend d'abord suspect: la guerre ouverte qu'il entreprit ensuite contre

son empereur, démasque son infidélité et son ambition: celle qu'il

déclara au christianisme montre une malice réfléchie, qui se portait

à la cruauté, quand elle en pouvait éviter le reproche: enfin, son

expédition contre les Perses, en lui laissant la gloire du courage, lui

enlève entièrement le mérite de la prudence.

[Note latérale: III. Funérailles de Constance.

Amm. l. 21, c. 16.

Liban. or. 10, t. 2, p. 289.

Greg. Naz. or. 4, p. 115.

Mamert. pan. c. 3 et 27.

Socr. l. 3, c. 1.

Philost. l. 6, c. 6.

Zon. l. 13, t. 2, p. 24.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 283 / 331 题