Zon. l. 13, t. 2, p. 22.]

Ce prince n'est mémorable que par la qualité de fils de Constantin.

S'il est vrai qu'il ait été l'auteur du massacre de ses proches,

cette action horrible est le seul trait de vigueur qui se rencontre

dans toute sa vie. Tout le reste n'est que faiblesse. On n'y voit que

vanité, jalousie, et une légèreté qui le rendait l'esclave de ses

femmes, de ses flatteurs, de ses eunuques et le jouet des Ariens:

indifférence pour le mérite, insensibilité à l'égard des provinces

accablées, dont les plaintes ne le réveillèrent jamais; une timidité

et une défiance qui le portèrent souvent à la cruauté. Au travers de

tant de défauts on aperçoit quelques-unes de ces vertus qui peuvent

s'assortir avec la médiocrité du génie: il était sobre; aussi fut-il

rarement malade; mais toutes ses maladies furent dangereuses. Il

dormait peu; sa chasteté fut irréprochable. Il maintenait avec soin

la subordination entre les officiers, et la distinction entre les

dignités civiles et militaires, dont il voulait que les fonctions

fussent exactement séparées. Il se faisait une loi de ne donner les

premières charges du palais qu'à ceux qui avaient passé par les grades

inférieurs. Il récompensait assez libéralement les services, et se

ressentait peu des injures personnelles. On dit que les habitants

d'Édesse ayant, dans une sédition, abattu et traité avec outrage une

de ses statues, en criant que celui dont la statue méritait un tel

affront, n'était pas digne de régner, il ne tira aucune vengeance de

cette insolence criminelle. Naturellement porté à rendre justice,

il commit des injustices sans nombre, toujours trompé par ses

courtisans, ou aveuglé par ses soupçons. Il avait quelque teinture

des belles-lettres, et on l'y aurait cru plus habile, s'il n'eût

pas succombé à la tentation de faire de mauvais vers. Il établit à

Constantinople une bibliothèque, dont il donna le soin à un intendant.

Il acheva les murailles de cette grande ville; il rebâtit plusieurs

édifices qui commençaient à tomber en ruine. Il décorait les églises

avec magnificence; il y attachait des revenus considérables, et

traitait les évêques Ariens avec beaucoup de respect: mais les prélats

catholiques n'éprouvaient de sa part que des rigueurs.

[Note latérale: L. Dernières lois de Constance.

Cod. Th. l. 1, tit. 2, leg. 5.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 265 / 331 题