Zos. l. 3, c. 11.]

Il appela auprès de lui l'historien Aurélius Victor, celui même dont

nous avons un abrégé d'histoire, qui n'est pas sans quelque mérite.

Il l'avait vu à Sirmium et il estimait sa probité. Il lui donna le

gouvernement de la seconde Pannonie[340], et lui fit ériger une statue

de bronze. Cet Aurélius fut dans la suite préfet de Rome. Depuis la

fuite de Taurus et de Florentius, Rome et toute l'Italie, la Macédoine

et toute la Grèce, s'étaient déclarées en faveur de Julien. Persuadé

qu'il n'avait plus de réconciliation à espérer, il ne ménagea plus

Constance. Il s'empara des trésors du prince et des mines d'or et

d'argent qui étaient ouvertes en Illyrie. Il écrivit au sénat de

Rome une lettre remplie d'invectives si atroces contre Constance,

que les sénateurs n'en purent entendre la lecture sans s'écrier _que

Julien devait plus de respect à celui à qui il était redevable de son

élévation_. La mémoire de Constantin n'y était pas épargnée: Julien

le traitait de novateur, de destructeur des lois anciennes et des

usages les mieux établis; il l'accusait d'avoir le premier avili les

charges les plus éminentes et le consulat même, en le prodiguant à

des Barbares: reproche absurde, qui devait retomber sur son auteur,

comme le remarque Ammien Marcellin; puisque dès l'année suivante il

éleva au consulat Névitta, Goth de naissance, homme grossier, cruel,

sans expérience, sans autre mérite que de s'être attaché à la fortune

de Julien, et fort inférieur en toute manière à ceux que Constantin

avait honorés de cette dignité. Il écrivit en même temps aux armées

d'Italie, pour leur recommander la garde des villes: il fit assembler

sur les côtes de Sicile un grand nombre de troupes, qui devaient passer

en Afrique à la première occasion. Il dépêcha des courriers dans toute

la Grèce. Corinthe, Lacédémone, Athènes reçurent des manifestes de sa

part. Nous avons celui qu'il adressa aux Athéniens; c'est une longue

apologie[341], dans laquelle il développe dès l'origine toutes les

injustices de Constance à son égard: il y proteste qu'il est encore

disposé à se contenter de ce qu'il possède, si Constance veut entendre

à un accommodement; mais que, plutôt que de se livrer à la discrétion

d'un ennemi implacable, il est déterminé à périr les armes à la main,

si c'est la volonté des Dieux.

[Note 340: Avec les honneurs consulaires. _Victorem.... scriptorem

historicum, Pannoniæ secundæ consularem præfecit, et honoravit æneâ

statuâ._ Amm. Marc. l. 21, c. 10.--S.-M.]

[Note 341: Τοὺς Ἐρεχθείδας ὁ βασιλεὺς ἐποίει δικαστὰς, πέμπων

ἀπολογίαν ἐν γράμμασι. Liban. _or._ 10. t. 2, p. 288.--S.-M.]

[Note latérale: XLI. Il fait profession ouverte d'idolâtrie.

[Jul. ad Athen. p. 277 et 286.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 256 / 331 题