Amm. l. 18, c. 3.]

Il fut bientôt délivré du plus dangereux. L'année suivante, sous le

consulat d'Eusèbe et d'Hypatius, frères de l'impératrice, Barbation fut

lui-même sacrifié à ces défiances qu'il avait tant de fois inspirées

contre les autres. Ce méchant homme joignait à beaucoup de malice une

égale faiblesse. Un essaim d'abeilles qui se forma dans sa maison lui

donna de grandes alarmes. C'était dans la superstition payenne un

pronostic des plus fâcheux. Il consulta les devins et partit avec ces

inquiétudes pour une expédition qui n'est pas autrement connue. Sa

femme, nommée Assyria, étourdie et ambitieuse, se met dans l'esprit que

son mari, pour s'affranchir de ses craintes, va détrôner Constance.

Elle voit déja Barbation empereur. Cette folle imagination en enfante

une autre: la voilà jalouse d'Eusébia; elle se persuade que Barbation,

ébloui des charmes de la princesse, ne manquera pas de l'épouser. Sans

perdre de temps, elle envoie secrètement à son mari une lettre trempée

de ses larmes, pour le conjurer de ne lui pas faire l'injustice de la

croire indigne du rang d'impératrice. Elle avait employé pour l'écrire

la main d'une femme esclave, qui lui était venue de la confiscation des

biens de Silvanus. Dès que Barbation fut de retour, cette confidente,

pour venger son ancien maître, va de nuit trouver Arbétion; elle lui

met entre les mains une copie de la lettre. Celui-ci, trop heureux

de trouver une si belle occasion de perdre un rival, la porte à

l'empereur; et sur-le-champ Barbation est arrêté. Il avoue qu'il a reçu

la lettre; sa femme est convaincue de l'avoir écrite, et tous deux ont

la tête tranchée. Constance, une fois alarmé, ne se rassura pas si

tôt. On arrête, on met à la question beaucoup d'innocents. Le tribun

Valentinus[197], qui ne savait rien de cette prétendue intrigue, essuya

de cruelles tortures: il eut assez de force pour y survivre; et par

forme de dédommagement l'empereur lui donna le commandement des troupes

dans l'Illyrie.

[Note 197: _Ex primicerio protectorum tribunus._--S.-M.]

[Note latérale: XLVI. Séditions à Rome.

Amm. l. 17, c. 11, et l. 19, c. 10.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 201 / 331 题