Mesrob, Hist. de Ners. c. 4.]]

--[Cependant, malgré la paix conclue et jurée, Arsace n'avait pas perdu

le désir de tirer une vengeance éclatante des princes qui l'avaient

offensé. Chassé par eux de son trône, obligé de souscrire ensuite

à de dures conditions, et de leur assurer une pleine impunité, il

pouvait craindre de se voir encore une fois à leur merci; comptant

peu sur leur foi incertaine, il songeait aux moyens de se préserver

d'un tel malheur. Il profita pour exécuter son dessein de l'absence

de Nersès, garant du traité. Sous prétexte d'une grande fête, tous

les dynastes sont invités à se rendre à Armavir, ancienne capitale

du royaume. Là, au lieu des plaisirs qu'ils croyaient y goûter, ils

trouvent une mort cruelle. Ils périssent victimes de la plus infâme

trahison. C'est principalement sur la race de Camsar que tomba la

fureur du roi: hommes, femmes et enfants, ils furent tous égorgés. Ce

n'en fut pas assez pour sa haine: il défendit de donner la sépulture

à leurs corps abandonnés aux chiens et aux vautours; des habitants de

Nakhdjavan, qui, malgré les ordres du roi, leur avaient rendu ce pieux

service, furent livrés au supplice. Il fit aussi lapider l'archevêque

de Pakrévant, qui gouvernait l'église d'Arménie pendant l'absence de

Nersès, parce qu'il avait osé lui faire des représentations sur sa

cruauté et sa perfidie. Sans perdre de temps, Arsace entra à la tête de

son armée dans la principauté qui appartenait à cette famille. Il se

saisit de la belle ville d'Érovantaschad[174], qu'il convoitait depuis

long-temps, et du fort château d'Artogérassa[175], où il mit garnison.

Spantarad, fils d'Arschavir et neveu de Nerseh, ainsi que ses deux

enfants Schavarsch et Gazavon, furent les seuls de cette maison qui

échappèrent à ce massacre; avertis à temps, ils purent se soustraire à

la cruauté d'Arsace, et chercher un asyle dans l'empire romain, où ils

habitèrent tant que leur persécuteur occupa le trône d'Arménie.

[Note 174: Cette ville, ruinée maintenant, était située dans la

province d'Arscharouni, au midi de l'Araxes. Elle avait été fondée

au milieu du premier siècle de notre ère par le roi Évovant. Voyez

mes _Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie_, t. 1, p.

120.--S.-M.]

[Note 175: Cette forteresse, appelée ainsi par Ammien Marcellin (l.

27. c. 12), est nommée _Artagéras_ par Strabon (XI, 529), _Artagéra_

par Velleïus Paterculus, et _Artagigarta_ par Ptolémée (l. 5, c. 13).

Chez les Arméniens c'est _Ardakers_ ou _Kapoïd-pert_, c'est-à-dire _le

château bleu_. Elle était aussi située dans la province d'Arscharouni

(l'Araxanène ou le champ Araxénien des anciens), sur une haute

montagne, au midi de l'Araxes. Il en sera beaucoup question dans la

suite de cette histoire.--S.-M.]

[Note latérale: XXIII. [Arsace épouse Olympias.]

[Faust. Byz. Hist. Arm. l. 4, c. 15.

Amm. l. 20, c. 11.

Athan. ad monach. t. 1, p. 385.

Mos. Khor. Hist. Arm. l. 3, c. 24.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 180 / 331 题