Zos. l. 3, c. 5.]

Florentius, dont il dérangeait les opérations, s'en vengea sur Salluste

dont les conseils n'inspiraient à Julien que bonté et que justice. Son

argent et ses intrigues gagnèrent à la cour Paul et Gaudentius, qui

étaient les canaux ordinaires par où la calomnie passait aux oreilles

de l'empereur. Ceux-ci persuadèrent à Constance que Salluste était un

conseiller dangereux auprès d'un jeune prince capable de tout oser.

Cet homme de bien fut rappelé[131]. On prit pour prétexte le besoin

que l'on avait de lui en Thrace, et l'on promit de le renvoyer ensuite

dans la Gaule, où nous le revoyons en effet trois ans après. Le départ

de Salluste fut très-sensible à Julien. Il l'honorait comme son père;

il lui fit ses adieux par un discours qui renferme un grand éloge de

cet illustre ami, digne de servir de modèle aux confidents des princes.

Cette séparation enleva à Julien la plus grande douceur de sa vie, sans

altérer son humeur et sans ralentir son zèle, du moins en apparence.

Il était trop maître de ses mouvements, pour laisser éclater un

ressentiment prématuré; et trop habile pour se nuire à lui-même, en se

vengeant, aux dépens de l'empire, des injustices qu'il essuyait de la

part de l'empereur.

[Note 131: Julien nous apprend qu'il fut remplacé par un nommé

Lucien.--S.-M.]

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 159 / 331 题