Till. not. 33, et 34.]

Gallus restait assis, tout tremblant. _Levez-vous_, lui dit brusquement

Barbation: en même temps il le fait monter dans un chariot et le

conduit à Flanona[29] dans l'Istrie. Cette ville était proche de

Pola, où Crispus César avait été mis à mort. On y gardait étroitement

Gallus, et ce prince infortuné, en proie à des alarmes continuelles,

n'attendait à chaque instant que le bourreau. L'eunuque Eusèbe, le

sécrétaire Pentadius, et Mellobaude capitaine des gardes, arrivèrent

de la part de l'empereur. Ils étaient chargés de l'interroger en

détail sur la condamnation de tous ceux qu'il avait fait périr à

Antioche. Gallus pâle et interdit ne put ouvrir la bouche que pour

s'excuser sur les mauvais conseils de sa femme. Constance encore plus

indigné de cette réponse qui flétrissait sa sœur, renvoie aussitôt

Pentadius avec Apodémius, et leur ordonne de trancher la tête à Gallus.

L'ingrat Sérénianus, comme pour punir le prince de l'avoir injustement

absous quelque temps auparavant, se charge avec eux de cette funeste

commission. A peine étaient-ils partis, que Constance par un retour de

compassion en faveur de son beau-frère, envoya après eux un officier

pour leur ordonner de suspendre l'exécution. Mais celui-ci corrompu par

Eusèbe et par les autres ennemis de Gallus, fit en sorte de n'arriver

qu'après le supplice. Ainsi périt ce jeune prince, à qui sa haute

naissance ne procura qu'une vie misérable et une fin tragique. Elle

l'avait d'abord exposé aux soupçons meurtriers de Constance; elle le

tint pendant plusieurs années dans une triste captivité; plus heureux

cependant, s'il n'en fût jamais sorti pour épouser une princesse

cruelle et sanguinaire, et pour être revêtu d'un pouvoir qui ne servit

qu'à le rendre criminel: la fin de sa disgrâce fut l'origine de sa

perte. Il mourut à l'âge de vingt-neuf ans, après avoir porté pendant

près de quatre années la qualité de César. Ceux qui avaient prêté leur

ministère pour le tromper, ne se félicitèrent pas long-temps du succès

de leurs mensonges et de leurs parjures. Scudilon mourut peu de temps

après d'une maladie violente, et Barbation périt dans la suite par le

même supplice où il avait conduit ce malheureux prince.

[Note 29: Cette ville se nomme actuellement _Fianone_; elle

est encore comprise dans l'Istrie moderne bien moins étendue que

l'ancienne.--S.-M.]

[Note latérale: XXIX. Joie de la cour.

Amm. l. 15, c. 1.

Ath. in Synod. t. 1, p. 718.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 93 / 331 题