Amm. l. 14, c. 11.]

Gallus qu'elle avait rendu plus coupable, et dont elle était cependant

la principale ressource, se trouva par sa mort dans un plus grand

embarras. Il faisait réflexion que Constance était implacable; qu'il

s'était accoutumé de bonne heure à ne pas ménager le sang de ses

proches; et que ses feintes caresses n'étaient sans doute qu'un appas

pour l'attirer dans le piége. Ce fut dans cette extrémité qu'il lui

vint en pensée de s'affranchir de toutes ses craintes en prenant la

qualité d'empereur. Mais il ne comptait pas assez sur ses principaux

officiers, pour leur déclarer ce dessein: il savait qu'il en était haï

comme cruel, méprisé comme faible et léger; et qu'au contraire, ils

redoutaient le bonheur attaché à Constance dans les discordes civiles.

Au milieu de ces violentes agitations, il recevait tous les jours des

lettres de l'empereur: c'étaient tantôt des prières, tantôt des avis:

on lui représentait l'état de la Gaule ravagée par les Barbares; que

tout l'empire ne faisait qu'un corps; qu'en qualité de César il devait

son secours à tous les membres: on lui rappelait l'exemple récent des

Césars soumis à Dioclétien, qui toujours en action, toujours prêts à

obéir, couraient sans cesse d'une extrémité de l'empire à l'autre.

Enfin arriva Scudilon, qui, sous l'apparence d'une franchise grossière,

cachait un esprit très-délié. Ce soldat courtisan, habile à composer

son visage, mêlant la flatterie aux raisons, protestant d'un air de

sincérité que Constance ne désirait rien tant que de l'embrasser,

de calmer ses craintes, de lui faire part des lauriers qu'il allait

cueillir en Gaule, comme il avait déja partagé avec lui sa majesté et

sa puissance, acheva de rassurer Gallus.

[Note latérale: XXVII. Il est arrêté à Pettau.

Amm. l. 14, c. 11.

Philost. l. 4, c. 1.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 90 / 331 题