Gallus qu'elle avait rendu plus coupable, et dont elle était cependant
la principale ressource, se trouva par sa mort dans un plus grand
embarras. Il faisait réflexion que Constance était implacable; qu'il
s'était accoutumé de bonne heure à ne pas ménager le sang de ses
proches; et que ses feintes caresses n'étaient sans doute qu'un appas
pour l'attirer dans le piége. Ce fut dans cette extrémité qu'il lui
vint en pensée de s'affranchir de toutes ses craintes en prenant la
qualité d'empereur. Mais il ne comptait pas assez sur ses principaux
officiers, pour leur déclarer ce dessein: il savait qu'il en était haï
comme cruel, méprisé comme faible et léger; et qu'au contraire, ils
redoutaient le bonheur attaché à Constance dans les discordes civiles.
Au milieu de ces violentes agitations, il recevait tous les jours des
lettres de l'empereur: c'étaient tantôt des prières, tantôt des avis:
on lui représentait l'état de la Gaule ravagée par les Barbares; que
tout l'empire ne faisait qu'un corps; qu'en qualité de César il devait
son secours à tous les membres: on lui rappelait l'exemple récent des
Césars soumis à Dioclétien, qui toujours en action, toujours prêts à
obéir, couraient sans cesse d'une extrémité de l'empire à l'autre.
Enfin arriva Scudilon, qui, sous l'apparence d'une franchise grossière,
cachait un esprit très-délié. Ce soldat courtisan, habile à composer
son visage, mêlant la flatterie aux raisons, protestant d'un air de
sincérité que Constance ne désirait rien tant que de l'embrasser,
de calmer ses craintes, de lui faire part des lauriers qu'il allait
cueillir en Gaule, comme il avait déja partagé avec lui sa majesté et
sa puissance, acheva de rassurer Gallus.
[Note latérale: XXVII. Il est arrêté à Pettau.
Amm. l. 14, c. 11.
Philost. l. 4, c. 1.