Jul. Misop. p. 370, ed. Spanh.]

Les excès de Gallus n'étaient pas seulement l'effet d'une simplicité

grossière, comme Julien le voudrait faire entendre; on y découvre les

traits d'une malice réfléchie. Un jour qu'il partait pour Hiérapolis,

le peuple d'Antioche, se jetant à ses pieds, le suppliait de ne pas

quitter la ville, sans avoir pris des mesures pour prévenir la famine,

dont on sentait déja les approches. Gallus se contenta de leur dire en

montrant Théophile, gouverneur de Syrie, qui se trouvait auprès de

lui: _Je vous laisse celui-ci; il ne tiendra qu'à lui qu'aucun de vous

ne manque de pain_. Ces paroles furent pour Théophile un arrêt de mort.

C'était un homme de bien, dont Gallus voulait sans doute se défaire.

Quelques jours après, la disette s'étant fait sentir dans la ville,

il s'éleva une querelle dans les jeux du cirque, ce qui était fort

ordinaire. Quatre ou cinq misérables de la lie du peuple en prennent

occasion de se jeter sur Théophile: il est assommé de coups, foulé

aux pieds, traîné par les rues. La populace furieuse court en même

temps à la maison d'Eubulus, l'un des premiers magistrats: ses grandes

richesses étaient un crime impardonnable aux yeux d'une multitude

affamée. Il se sauve avec son fils à travers une grêle de pierres,

et va se cacher dans les montagnes voisines: on réduit en cendres sa

maison qui égalait en magnificence les palais des princes. L'indulgence

de Gallus en faveur d'un homme justement odieux, augmenta encore le

mécontentement. Sérénianus, duc de la Phénicie, avait par lâcheté

abandonné une partie de la province aux ravages des Sarrasins. Il fut

juridiquement accusé de crime de lèse-majesté. On le convainquit même

d'avoir consulté un oracle pour savoir s'il pourrait se rendre maître

de l'empire. Il fut absous malgré l'indignation publique.

[Note latérale: XX. Massacres de Domitien et de Montius.

Amm. l. 14, c. 7.

[Jul. ad Athen. p. 272.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 82 / 331 题