Cellar. l. 2, c. 3, sect. 1.]

Constance, qui se pardonnait à lui-même tous les maux dont il

affligeait l'Occident, n'était pas d'humeur à rien pardonner à Gallus.

Il plaignait le sort de l'Orient. Mais les fréquentes incursions des

Barbares le retenaient en Gaule, et l'occupaient tout entier. Il partit

d'Arles au printemps, étant consul pour la septième fois, avec Gallus

pour la troisième, et vint à Valence [_Valentia_] dans le dessein

de marcher contre les deux frères, Gundomade et Vadomaire, rois des

Allemans, qui désolaient la frontière. Il fut long-temps arrêté dans

cette ville par la nécessité d'y attendre les convois qu'il faisait

venir d'Aquitaine, et dont le transport était retardé par l'abondance

des pluies et le débordement des rivières. L'armée était déja assemblée

à Châlons-sur-Saône [_Cabillona_]; et le soldat impatient de partir et

manquant de vivres, s'était mutiné. Constance, pour calmer les esprits,

voulut d'abord y envoyer Rufin, préfet du prétoire. C'était l'exposer

à une mort presque certaine. Les préfets du prétoire étant chargés du

soin des vivres, Rufin avait tout à craindre d'une soldatesque affamée.

On crut même que Constance ne lui donnait cette commission périlleuse,

qu'à dessein de le faire périr, parce que ce préfet était oncle de

Gallus, et assez puissant pour soutenir ce prince, dont on commençait

à se défier. Mais les amis de Rufin le servirent si bien en cette

occasion, que l'empereur changea d'avis. Il envoya en sa place Eusèbe,

son grand-chambellan, qui, étant dépositaire des trésors, ainsi que des

secrets du prince, vint à bout, à force d'argent distribué à propos,

d'apaiser la sédition. Les convois se rendirent enfin à Châlons, et

l'armée se mit en campagne. Après une marche pénible, les chemins étant

encore couverts de neige, on arriva aux bords du Rhin, près d'une ville

considérable appelée _Rauracum_, qui n'est aujourd'hui qu'un village

nommé _Augst_, à six milles au-dessus de Bâle. On entreprit de jeter

sur le fleuve un pont de bateaux: mais les Allemans qui bordaient en

grand nombre la rive opposée, faisant pleuvoir une grêle de traits,

rendaient ce travail impossible; et Constance ne savait quel parti

prendre. Enfin un paysan vint pendant la nuit enseigner un gué.

[Note latérale: XVI. Les Allemans demandent la paix.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 79 / 331 题