[Note latérale: [Eckhel, doct. num. vet. t. VIII, p. 121-123.]]
A la fin de l'hiver, Constance, qui s'était continué avec Gallus dans
le consulat, envoya ses généraux pour terminer la guerre. Magnence fut
entièrement défait près d'un lieu nommé alors le mont Séleucus[11],
entre le Luc et Gap dans le Dauphiné, et s'enfuit à Lyon. Les soldats
qui l'accompagnèrent dans sa fuite, le voyant sans ressource et ne
jugeant pas à propos de périr avec lui, résolurent de le livrer à
l'empereur. Ils environnent sa maison, et criant, _Vive Constance
Auguste_, ils le gardent non plus comme leur maître, mais comme leur
prisonnier. Magnence effrayé de l'idée des supplices qu'il doit
attendre, entre en fureur; il égorge tout ce qu'il a de parents et
d'amis auprès de lui, tue sa propre mère, porte à son frère Désidérius
qu'il avait fait César, plusieurs coups dont aucun ne fut mortel;
et appuyant la garde de son épée contre la muraille, il se perce
le sein et expire sur ces corps sanglants. C'était le 11 du mois
d'août. Il était âgé d'environ cinquante ans; il avait porté le titre
d'Auguste trois ans et près de sept mois. On lui coupa la tête, qu'on
porta en spectacle dans toutes les provinces. Sept jours après, son
frère Décentius, qui accourait à son secours, et qui était arrivé à
Sens, ayant appris sa mort tragique et se voyant lui-même enveloppé
de troupes ennemies, s'étrangla de ses propres mains[12]. On peut
conjecturer par ses médailles et par celles de Magnence, qu'il avait
été associé à l'empire, apparemment dans le même temps que Désidérius
avait reçu le titre de César. Celui-ci, dès qu'il fut guéri de ses
blessures, se remit à la discrétion de l'empereur. Constance vint à
Lyon après la mort de Magnence[13]. Il y était le 6 septembre. C'est
la date d'une loi donnée à Lyon, par laquelle il accorde une amnistie
générale pour les crimes commis sous la domination du tyran, à la
réserve de cinq crimes atroces qui excluaient tout pardon. La loi
ne les spécifie pas; mais on peut conjecturer par une autre loi,
que c'étaient le crime de lèse-majesté au premier chef, la violence
publique, le parricide, l'empoisonnement, et l'assassinat. Malgré
ces amnisties, et quoi qu'en dise Julien, qui fut le panégyriste de
Constance tant qu'il eut sujet de le craindre, le vainqueur fit peu de
grace au parti vaincu; et s'il épargna Désidérius, comme Zonare donne
lieu de le croire, beaucoup d'innocents furent d'ailleurs enveloppés
dans sa vengeance. Avant que d'en raconter les tristes effets, je crois
devoir m'arrêter pour tracer une idée des lois qui furent publiées
depuis la mort de Constantin le jeune. Le fil des événements m'a obligé
de différer jusqu'ici cet article, qui n'est pas étranger à l'histoire.
Afin d'éviter des interruptions trop fréquentes, je joindrai les lois
qui furent données les deux années suivantes, jusqu'à la mort de Gallus.
[Note 11: Cette indication fait voir que les généraux de Constance
entrèrent dans la Gaule par le passage du mont Genèvre. L'itinéraire
d'Antonin (p. 357, ed. Weissel.) place le mont Séleucus à 24 milles de
_Vapincum_ (Gap), et à 26 de _Lucus_ (le Luc) sur la route de Die (_Dea
Vocontiorum_). Cette position répond à Mont-Saléon, petit endroit sur
une hauteur à la droite de la petite rivière de Buech, qui se jette
dans la Durance. On a trouvé des antiquités romaines dans ce lieu qui
est dans le département des Hautes-Alpes.--S.-M.]
[Note 12: Le 18 du mois d'août.--S.-M.]
[Note 13: Constance était à Ravenne le 21 juillet; à Lyon, le 6
septembre; à Arles, le 3 novembre de cette année. Il se trouvait encore
dans cette dernière ville le 23 du même mois.--S.-M.]
[Note latérale: XLV. Lois touchant la religion.
Cod. Th. lib. 8, tit. 4, leg. 7.
Lib. 9, tit. 17, leg. 1, 2, 3 et 4.
Lib. 16, t. 10, leg. 4, 5, 6, et tit. 2, leg. 8 etc. usque ad 17.
Theod. l. 5, c. 21.
[Socr. l. 5, c. 16.]
Soz. l. 1, c. 7 et 15.
Symm. l. 10, epist. 54.
Suet. in Aug. c. 100.
Dio, l. 51, t. 1, p. 655, ed. Reimar.
Liban. epist. 15, 451, 572.
Till. art. 27. 46, 50.
Hieron. epist. 2, t. 1, p. 8 ed. Vall.
Valent. 111, novel. 12.