Socr. l. 3, c. 1.]

Les meurtriers avaient épargné Gallus, parce qu'il semblait être sur

le point de mourir de maladie: Marc, évêque d'Aréthuse, avait sauvé

Julien. La fureur des soldats étant assouvie, Constance, qui n'avait

point d'enfants, prit le parti de laisser vivre ces deux jeunes

princes, l'unique ressource de la famille impériale. Il leur rendit une

partie de leurs biens, et les sépara l'un de l'autre, envoyant Gallus à

Éphèse en Ionie, où il possédait de grandes terres; et mettant Julien

entre les mains d'Eusèbe de Nicomédie, son parent du côté de Basilina.

On donna des maîtres à Gallus, qui ne fit pas de grands progrès.

Mais Julien se montra dès l'enfance docile, pénétrant, et avide de

connaissances. Les leçons d'Eusèbe, évêque fourbe et hypocrite, qui

avait autrefois sacrifié aux idoles, n'étaient guère propres à établir

les solides fondements de la foi dans un esprit léger, présomptueux,

hardi: et peut-être jetèrent-elles dans le cœur de Julien les premières

semences de l'apostasie. A l'âge de sept ans, son éducation fut confiée

à un eunuque, Scythe de nation, nommé Mardonius, homme de lettres et

philosophe. Il avait été employé par l'aïeul maternel de Julien, à

expliquer à Basilina les poésies d'Homère et d'Hésiode. Il y a quelque

apparence que ce gouverneur était un païen déguisé: du moins peut-on le

soupçonner par les louanges que Julien lui donne dans sa satyre contre

le peuple d'Antioche. Mais c'était un homme austère dans ses mœurs. Il

inspira de bonne heure à son élève l'éloignement des spectacles et des

plaisirs, le goût du travail et des occupations sérieuses, la gravité

et la modestie dans le maintien, et cet orgueil philosophique qui joue

le rôle de la sagesse. Sous la conduite de ce guide vigilant, Julien

fréquentait les écoles publiques, autant pour s'essayer aux vertus

civiles, que pour y prendre des leçons. Là confondu avec ceux de son

âge, soumis sans dispense aux mêmes exercices, assujetti aux mêmes

heures, il apprenait à connaître les hommes; à ne pas trop s'estimer

lui-même, faute de comparaison; à obéir à la règle, au temps, aux

circonstances; à se montrer patient, affable, humain, bienfaisant;

il ne se distinguait que par la vivacité d'esprit, la fidélité de la

mémoire, et l'application au travail. Ce fut apparemment en ce temps-là

qu'il fut instruit dans la grammaire et dans la lecture des poètes et

des historiens, par le grammairien Nicoclès de Lacédémone, renommé

pour son savoir et son amour de la justice. Mardonius, de son côté,

s'attachait à remplir son cœur des plus belles maximes de Pythagore, de

Platon et d'Aristote.

[Note latérale: XXVI. Gallus et Julien à Macellum.

Jul. ad Ath. p. 272 et 273.

Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 58.

Socr. l. 3, c. 1.

Theod. l. 3, c. 2.

Soz. l. 5, c. 2.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 39 / 331 题