L'empire, gouverné depuis douze ans par des princes fort inférieurs
en mérite à Constantin, perdait peu à peu son éclat, sans avoir
encore rien perdu de ses forces. Constance, réglé dans ses mœurs,
mais sombre et bizarre, s'égarait dans des discussions théologiques,
où l'hérésie pratiquait mille détours. Obsédé par des évêques ariens
et toujours environné de conciles, il négligeait la gloire de l'état,
et n'opposait qu'une faible résistance aux fréquentes incursions des
Perses. Constant, plus livré aux plaisirs, tranquille du côté de ses
frontières, dont il avait écarté les Francs, s'en rapportait sur les
questions de doctrine à Maximin, évêque de Trèves, dont il connaissait
la sainteté éminente et la science consommée. Guidé par les sages
conseils de ce prélat, il se déclarait hautement le défenseur de
l'orthodoxie; il réprimait l'audace des païens et des hérétiques; il
relevait l'éclat du culte divin par de riches offrandes; il comblait
les ecclésiastiques d'honneurs et de priviléges. Il reçut de bonne
heure la grace du baptême. A l'exemple de son père, il portait de
nouveaux coups à l'idolâtrie; il défendit les sacrifices; il fit fermer
les temples, sans permettre qu'on les détruisît, ni dans Rome, dont ils
faisaient un des principaux ornements; ni hors de Rome, parce qu'il ne
voulait pas priver le peuple des jeux et des divertissements établis à
l'occasion de ces temples.
[Note latérale: II. Caractère de Constant.
Athan. apol. ad. Const. t. 1, p. 296, 301 et passim.
Optat. de schism. Don. l. 3, c. 3.
[Eutrop. l. 10.]
Zos. l. 2, c. 42.
Aur. Vict. de cæs. p. 173.
Vict. epit. p. 225.
Zonar. l. 13, t. 2, p. 13.