19 juillet 1843.

«Ma main allait mieux hier, parce que j'avais eu une nuit plus

tranquille: n'importe, je tiens à vous écrire ce matin. Je vous

remercie de votre lettre du 16, mais je crains que vous ne vous

fassiez mal en vous fatiguant pour m'écrire. J'étais bien sur que

c'était vous qui aviez poussé M. Ampère, et je vous en remercie. Je

me remettrai en route pour vous revoir la semaine prochaine, vers

la fin. Il nous restera bien des jours à l'automne, nous verrons ce

que nous en ferons. Pouvez-vous me lire? J'en doute. Mais aimez-moi

un peu du plaisir que j'ai à causer, même de loin, avec vous. Votre

lettre était un peu rude, mais elle m'allait au coeur par l'intérêt

que vous prenez à ma triste vie. À vous et à bientôt.

«Mme de Chateaubriand de son côté me dit mille biens de vous: voilà

comme vous me tenez enchaîné de toutes parts.

(_P.-S. dicté._)--«Mais vous ne m'avez rien dit de Mme Lenormant:

est-elle enfin accouchée? se porte-t-elle bien? le nouveau-né

est-il Mlle ou M. Lenormant? Vous savez combien je tiens à ce

dernier par ses chrétiennes opinions.»

À son retour des eaux de Bourbonne, au mois d'octobre 1843, M. de

Chateaubriand reçut de M. le comte de Chambord la lettre qu'on va lire.

Accablé par les infirmités dont le poids se faisait cruellement sentir à

cette imagination restée si poétique et si vive, il se rendit néanmoins

avec empressement à l'appel de son jeune prince.

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier (2/2) · 第 199 / 214 题