M. BERTIN L'AÎNÉ À Mme RÉCAMIER.

«Aux Roches, 19 juin 1831.

«Madame,

«J'ai reçu hier votre lettre de samedi matin: mon fils viendra

passer aujourd'hui quelques heures aux Roches, je lui remettrai

l'article de Nodier, avec _injonction_ de le donner à l'impression

demain lundi; il paraîtra mardi matin. Si j'avais été à Paris, vous

l'auriez lu ce matin.

«Soyez bien convaincue, Madame, que je ne perdrai jamais un instant

pour faire ce que vous désirez.

«Je n'ai encore reçu qu'une lettre de Genève[85]; elle est, comme

celles que vous avez reçues, fort triste, mais pas plus que les

affaires publiques, qui me paraissent tout à fait désespérées.

«Dieu veuille que juillet et le retour des immortelles journées

n'amènent point l'effroyable dénoûment que je redoute!

«J'irai mardi passer quelques heures à Paris. Je descendrai des

Roches à l'Abbaye-au-Bois. Je reçois, Madame, avec bonheur, avec

fierté, l'expression du sentiment que voulez bien me témoigner.

J'en suis digne, s'il ne faut, pour le mériter, qu'un dévouement

absolu.

«Je suis avec respect, Madame, votre très-humble et très-obéissant

serviteur.

«BERTIN.»

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier (2/2) · 第 150 / 214 题