«Rome, le samedi 13 décembre 1828.
«Jugez de mon chagrin, je reviens de ma cérémonie de
Saint-Jean-de-Latran, mourant de froid, bien fatigué, mais espérant
trouver le courrier arrivé avec une lettre de vous. Point de
courrier; il manque aujourd'hui: les Apennins sont couverts de
neige. Je n'ai que le temps d'écrire ces deux ou trois mots, pour
ne pas manquer moi-même le courrier. Je vous ai écrit heureusement
tous ces jours-ci de longues lettres. Mon dîner chez Guérin s'est
passé à merveille. Tous les jeunes gens étaient dans la joie.
C'était la première fois qu'un ambassadeur dînait _chez eux_. Je
leur ai annoncé le monument de Poussin: c'était comme si j'honorais
déjà leurs cendres. Je vais aussi souscrire au monument qu'on élevé
au Tasse, votre ami. Je suis obligé de vous quitter jusqu'à lundi.
«Soignez _Moïse_. À vous à jamais!»