LE MÊME.

«Vendredi, 18.

«Plusieurs ambassadeurs étrangers sont venus me prier de répondre

au discours de M. Canning[4]. Ils m'ont trouvé travaillant au

discours qu'ils me demandaient. Vous sentez que pourtant cela a un

peu réchauffé ma verve, en me promettant un succès en Europe. Je

vais m'ensevelir dans mon travail et je vous le montrerai. Mais je

ne pourrai vous voir aujourd'hui: voilà le contre-poids à ma joie

politique. Pardonnez-moi et aimez-moi un peu pour ma gloire. À

demain! Salvandy a aujourd'hui vengé les _Débats_[5].»

On se rappelle que Mme Joseph Bonaparte, après le mariage de sa fille,

avait l'année précédente annoncé l'intention d'aller avec ses enfants

rejoindre le comte de Survilliers en Amérique, et quel obligeant

empressement elle avait trouvé dans M. de Montmorency, alors ministre

des affaires étrangères, pour accorder une autorisation de prolongation

de séjour à Bruxelles en faveur de son gendre; elle ne rencontra pas une

moindre bienveillance dans l'administration de M. de Chateaubriand: on

le verra par les deux billets suivants.

LA REINE DE SUÈDE À Mme RÉCAMIER.

«Paris, le 20 mai 1823.

«Mme Joseph profitera de la permission qu'on veut bien lui accorder

de venir momentanément à Paris, si la circonstance l'exige, sous le

nom de Mme la comtesse de Villeneuve sa soeur, afin de garder le

plus grand incognito pendant le temps qu'elle y restera.

«Sa demeure actuelle est à Bruxelles, sous le nom de Mme la

comtesse de Survilliers.

«Un mot que Son Excellence daignerait en dire à M. le baron de

Fagel, pour en prévenir son gouvernement, éviterait toute

difficulté pour le départ de Bruxelles. Je remercie la belle dame

et la prie d'exprimer au plus obligeant et au plus aimable des

ministres toute la reconnaissance dont je suis pénétrée.

«DÉSIRÉE.»

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier (2/2) · 第 16 / 214 题