AVIS POUR LA SECONDE ÉDITION

Il y a neuf ans que ce manuel a vu le jour; il reparaît plutôt

remanié que transformé. Outre que je l’ai revu plusieurs fois,

j’ai profité de nombreuses observations que je dois à de savants

amis, soit pour améliorer le fond, soit pour perfectionner

l’expression, et j’ai inséré quelques articles nouveaux. J’ai en

revanche supprimé les étymologies, tantôt parce que je m’étais

trompé en les croyant justes, tantôt (et le plus souvent) parce

qu’elles n’ont aucun sens pour l’élève et qu’elles peuvent même

occasionner des méprises quand elles ne sont pas approfondies.

L’auteur.

Erlangen, décembre 1848.

————

MANUEL DE

SYNONYMIE LATINE

A

—Abdere, v. *Celare*.

Abesse. Deesse. Deficere.

1. *Abesse* marque une absence qui se réduit à une relation de

lieu, ne pas être quelque part, par opposition à *adesse*;

*deesse* marque une absence qui rend un tout incomplet, comme

manquer, faire défaut, par opposition à *esse* et *superesse*.

Cic. Brut. 80. Calidio hoc unum, si nihil utilitatis habebat,

*abfuit*, si opus erat, *defuit*. Si vous jugez cette qualité

inutile, j’avouerai qu’elle n’existait pas chez Calidius; si

vous la jugez nécessaire, je conviendrai qu’elle lui faisait

défaut.

2. *Deesse* s’applique à ce qui nous fait complétement défaut,

*deficere*, à ce qui commence à nous faire défaut. Cic. Verr. I,

11. Vererer ne oratio *deesset*, ne vox viresque *deficerent*.

Je craindrais que la parole ne me manque, que ma voix et mes

forces ne faiblissent.

—Abnuere, v. *Negare*.

Abolere. Delere.

*Abolere*, anéantir, faire disparaître et plonger dans l’oubli

par tous les moyens possibles; *delere*, détruire, mettre en

mauvais état, hors de service. *Abolere* se dit plutôt des

œuvres de l’esprit; *delere*, des objets matériels. Leges

abolentur, urbes delentur. On annule les lois, on détruit les

villes.

Abominari. Exsecrari. Detestari.

*Abominari*, repousser un présage qui fait horreur, chercher à

détourner par une pratique religieuse un malheur qui nous

menace, par opposition à *omen accipere*; *exsecrari*, maudire

en excluant un coupable de la société des hommes, en le

déclarant *sacer*, en le dévouant aux dieux des enfers, par

opposition à bénir; enfin *detestari*, chercher à éloigner de

nous, en invoquant les dieux, un danger dont nous menace une

personne ou une chose; il a pour opposé appeler par ses prières.

—Abscondere, v. *Celare*.

—Absolvere, v. *Finire*.

—Abstinentia, v. *Modus*.

Abundare. Redundare.

*Abundare*, abonder, sert, comme περιεῖναι, à parler avec éloge

de l’abondance prise comme un symbole de plénitude et de

richesse; *redundare*, surabonder, se prend en mauvaise part,

comme περισσεύειν; la surabondance est prise comme le symbole de

l’excès et du luxe. L’*abundans* existe en grande quantité, le

*redundans* est superflu et inutile.

—Abunde, v. *Satis*.

—Ac, v. *Et*.

Accendere. Incendere. Inflammare. Comburere. Cremare.

*Accendere*, *incendere* et *inflammare*, mettre le feu:

*accendere*, par dehors et par un seul point, comme allumer,

ἀνάπτειν; *incendere*, par le dedans, comme ἐνδαίειν;

*inflammare*, enflammer par le dehors ou le dedans, comme

ἀναφλογίζειν. *Comburere* et *cremare*, consumer et brûler:

*comburere*, comme ϰαταϰαίειν, sur des charbons ardents (c’est

le causatif d’*ardere*); *cremare*, comme πιμπράναι, par flammes

vives (c’est le causatif de *flagrare*). On brûle les morts,

mortui *cremantur*, sur un bûcher flamboyant; on brûle les

vivants à petit feu, vivi *comburuntur*, et cette manière de

parler rend plus frappante l’horreur de la mort par ce genre de

supplice.

—Acceptus, v. *Gratus*.

Accidere. Evenire. Contingere. Obvenire. Obtingere.

*Accidere*, *evenire* et *contingere* marquent des événements

favorables ou défavorables, le premier, lorsqu’ils sont

inattendus, qu’ils surprennent; le second, lorsqu’ils sont

attendus, pressentis; le troisième, lorsqu’on les a préparés,

amenés; *obvenire* et *obtingere* ne se disent que d’événements

heureux. Les *accidentia* sont l’œuvre du hasard, les

*evenientia* sont des conséquences de nos actions ou des

circonstances; les *contingentia*, des effets de nos efforts, de

nos vœux, de nos fautes; les *obtingentia* et les *obvenientia*,

des faveurs du sort. Cic. Fam. VI, 21. Timebam ne *evenirent*

quæ *acciderunt*. Je craignais de voir ces hasards se réaliser.

Le premier des deux verbes, *evenirent*, se rapporte à Cicéron

lui-même, à ses pressentiments; le second, *acciderunt*, regarde

les personnes qui se montrent surprises à l’heure de

l’événement. Sen. Ep. 110. Scies plura mala *contingere* nobis

quam *accidere*, c’est-à-dire que nos souffrances sont plus

souvent les suites de nos propres vœux que l’effet d’un hasard

aveugle.

—Accipere, v. *Sumere*.

—Accire, v. *Arcessere*.

—Accusare, v. *Arguere*.

Acer. Vehemens.

*Acer* présente la vivacité sous son aspect louable de feu,

d’énergie, par opposition à *frigidus*, comme ὀξύς; *vehemens*,

sous son aspect blâmable de chaleur et de passion, par

opposition à *lenis*, comme σφοδρός.

Acerbus. Amarus.

*Acerbus* marque une amertume qui emporte la bouche, par

opposition à *mitis*, comme ὀξύς; *amarus*, une amertume qui

dégoûte, par opposition à *dulcis*, comme πιϰρός.

Acervus. Congeries. Strues. Cumulus.

1. *Acervus* et *congeries*, monceau d’objets de même espèce

auparavant dispersés qu’on réunit et qu’on entasse en un lieu:

*acervus* indique, comme σωρὸς, un certain ordre et suppose

d’habitude une forme conique; *congeries* admet tout le désordre

de la négligence. *Strues* s’emploie, comme θημών, pour marquer

que la mise en tas a produit un arrangement nouveau, donné aux

objets rassemblés une forme déterminée, utile, artificielle.

Curt. VIII, 7, 11. Passim *acervos* *strues*que accendebant. Ils

allumaient çà et là des tas et des piles de bois.

2. *Cumulus* ne signifie point le tas lui-même, mais seulement

la pointe qui le termine, la dernière pierre qui donne seule à

une construction son élévation régulière et parfaite, à peu près

comme ϰορυφή; *cumulare*, en particulier, se rapproche tout à

fait de ϰορυφοῦν. Comparez Liv. XXII, 59. Superstantes *cumulis*

cæsorum corporum: juchés sur des monceaux de victimes, avec la

fin du même chapitre: Cannenses campos *acervi* Romanorum

corporum tegunt. Des tas de cadavres romains couvrent la plaine

de Cannes. Et XXIII, 5. Molibus ex humanorum corporum *strue*

faciendis. Faire des digues en empilant des cadavres.

Achivi. Achæi. Achaius. Achaicus. Troius. Troicus.

1. *Achivi*, les Grecs d’Homère, ᾿Αχαιοί; *Achæi* se dit soit

des habitants de l’Achaïe proprement dite, soit chez les poëtes

de tous les Grecs considérés en général comme les contemporains

des Romains. Cic. Divin. I, 16. Cum *Achivi* cœpissent inter se

strepere. Quand eurent commencé les querelles bruyantes des

anciens Grecs. Comparez avec Cæcil. 20. Quod eum sibi *Achæi*

patronum adoptarant. Parce que les Grecs de l’Achaïe l’avaient

souhaité et choisi pour protecteur.

2. *Achaius* est l’adjectif d’*Achivus*; *Achaicus* celui

d’*Achæus*.

3. *Troius*, adjectif réservé à l’ancienne Troie héroïque et

homérique; *Troicus*, adjectif usuel pour le pays de Troie, pour

la Troade, sans allusion à la guerre de Troie.

Acies. Acumen. Cacumen. Mucro. Cuspis.

1. *Acies*, tranchant propre à couper; *acumen*, pointe propre à

piquer. Au figuré, l’*acies mentis* débrouille ce qui était

confus, le fait connaître clairement: on met de l’ordre dans ses

idées; l’*acumen mentis* approfondit ce qui était caché, aboutit

à des découvertes ingénieuses: on acquiert des idées nouvelles.

2. *Acumen* et *cacumen*, pointes naturelles: *acumen*, pointe

du cône, du bec, etc.; *cacumen*, terme spécial, pointe d’une

montagne. *Mucro* et *cuspis*, pointes artificielles destinées à

pénétrer et à blesser: *mucro*, pointe de l’épée, du poignard,

etc.; *cuspis*, de la lance, de la flèche, comme αἰχμή.

—Acies, v. *Pugna*.

—Acta, v. *Ripa*.

Actor. Comœdus. Ludio. Histrio.

1. *Actor* et les termes spéciaux de *comœdus* et *tragœdus*,

l’acteur considéré comme un artiste estimable; *ludio*,

*ludius*, le comédien considéré comme un artisan vulgaire avec

une idée accessoire de trivialité; enfin *histrio* se dit tantôt

de l’un, tantôt de l’autre, mais avec une idée accessoire de

fanfaronnade et de bouffonnerie. Cic. Sext. 54. Ipse ille maxime

*ludius* non solum spectator, sed *actor* et acroama. Ce baladin

lui-même, car il n’est pas un simple spectateur, il est, vous le

savez, tour à tour acteur et bouffon[1]. Rosc. com. 10. Nemo ex

pessimo *histrione* bonum *comœdum* fieri posse existimaret.

Personne n’imaginerait qu’un misérable farceur pût devenir un

bon comédien. Ep. ad. Qu. fr. I, a. E. Hortor ut tanquam poetæ

boni et *actores* industrii solent in extrema parte

diligentissimus sis. Je t’engage à soigner extrêmement la fin à

l’exemple des grands poètes et des acteurs consciencieux.

—1 Traduction Guéroult. Dans la collection Panckoucke. Cicéron,

t. XIII, p. 375.

—Acumen, v. *Acies*.

—Adamare, v. *Diligere*.

Adesse. Interesse. Præsentem esse.

1. *Adesse*, être près d’une personne ou d’une chose;

*interesse*, prendre part à une action. Cic. Verr. I, 40.

Crimina ea quæ notiora sunt his qui *adsunt* quam nobis... De

illo nihil dixit in quo *interfuit*. Ces accusations plus

familières aux assistants qu’à nous-mêmes... Il n’a rien dit du

fait auquel il a pris part.

2. *Adesse* marque, en général, notre présence dans un cercle

dont nous faisons partie; *præsentem esse*, la présence

immédiate, sensible, visible. D’un hôte qu’on attend on dit

*adest* quand il se trouve dans nos murs; on dit *præsens est*

quand il est dans la même pièce que nous. Ter. Ad. III, 3, 29.

Non quia *ades præsens* dico hoc. Je ne dis pas cela parce que

tu es près de moi, devant moi.

Adhuc. Hactenus. Hucusque.

*Adhuc* est adverbe de temps: jusqu’à ce moment; *hactenus* et

*hucusque* sont adverbes de lieu: jusqu’à cet endroit ou jusqu’à

ce point.

—Adigere, v. *Cogere*.

—Adimere, v. *Demere*.

—Adipisci, v. *Invenire*.

—Admirari, v. *Vereri*.

—Admodum, v. *Perquam*.

—Adolescens, v. *Puer*.

—Adorare, v. *Vereri*.

—Adscendere, v. *Scandere*.

—Adsequi, v. *Invenire*.

—Adsolere, v. *Solere*.

—Adspectus, adspicere, v. *Videre*.

—Adulari, v. *Assentiri*.

—Aduncus, v. *Curvus*.

—Advena, v. *Exterus*.

—Adventor, v. *Hospes*.

Adversarius. Hostis. Inimicus.

1. *Adversarius*, terme général pour tout adversaire à la

guerre, dans la politique, en justice, comme ἀντιστάτης;

*hostis*, ennemi à la guerre, en campagne, par opposition à

*pacatus*, comme πολέμιος; *inimicus*, ennemi du fond du cœur,

par opposition à *amicus*, comme ἐχθρός. Cic. Man. 10. Pompeius

sæpius cum *hoste* conflixit quam quisquam cum *inimico*

concertavit. Pompée compte plus de combats contre des armées

ennemies, que qui que ce soit au monde ne compte de luttes

contre un ennemi particulier. Liv. XXII, 39. Nescio an infestior

hic *adversarius*, quam ille hostis maneat. J’appréhende que ton

adversaire ne reste plus dangereux que ton ennemi.

2. *Hostilis* et *inimicus* indiquent une disposition

permanente, *infestus* et *infensus*, un état passager:

*infestus* ne suppose qu’une attitude hostile, et peut se dire

même des objets inanimés qui nous menacent d’un danger;

*infensus* suppose des mouvements passionnés et ne se dit que

des personnes. Tac. Ann. XV, 28. Non *infensum*, nedum *hostili*

odio Corbulonis nomen habebatur. Le nom de Corbulon n’avait

jamais excité de ressentiment, loin d’être l’objet d’une haine

nationale. Sen. N. Q. III, pr. Animus luxuriæ non *adversus*

tantum, sed et *infestus*. Ame non-seulement contraire, mais

rebelle aux plaisirs. Liv. 11, 20. Tarquinium *infesto* spiculo

petit; Tarquinius *infenso* cessit hosti. Il lance à Tarquin un

trait dangereux; Tarquin se retira devant cet ennemi furieux.

3. *Hosticus* marque un rapport de convenance: ennemi, qui

appartient à l’ennemi; *hostilis*, une disposition, comme

hostile.

Advocatus. Causidicus.

Dans l’âge d’argent de la langue latine, *advocatus* désigne un

procureur par rapport aux services qu’il rend, et à son client

dont il est l’ami et l’appui; *causidicus*, par rapport à sa

condition et à son métier, souvent avec une idée de mépris,

comme un mercenaire.

—Ædes, v. *Templum*.

Ædificium. Domus. Ædes. Familia.

1. *Ædificium*, terme général pour toute espèce de bâtiment,

comme οἰϰοδόμημα; *domus* et *ædes*, *ædium*, maison

d’habitation: *domus*, demeure, siége héréditaire d’une famille,

comme οἶϰος; *ædes*, assemblage d’appartements, comme δόμοι,

δώματα. Virg. G. II, 461. Ingentem foribus *domus* alta superbis

mane salutantum totis vomit *ædibus* undam. La fière demeure par

ses portes orgueilleuses rejette, dès le matin, de ses

appartements encombrés un long flot de courtisans.

2. *Domus*, la famille au sens patriarcal, comme une société

close et intime; *familia*, au sens politique, comme une partie

de la noblesse, *gens*, de la cité, *civitas*, du peuple,

*populus*.

Æger. Ægrotus. Morbidus. Morbus. Valetudo.

1. *Æger*, terme général qui s’applique à toute espèce

d’incommodité et de malaise, au trouble d’esprit comme au mal

physique; *ægrotus* et *morbidus* supposent une maladie du

corps; *ægrotus*, chez l’homme, *morbidus*, chez un animal.

L’*æger* se sent malade, l’*ægrotus* et le *morbidus* sont

malades.

2. *Morbus* et *valetudo* désignent une maladie actuelle:

*morbus*, comme un accident auquel l’homme est sujet;

*valetudo*, comme un état dont le malade a conscience.

—Ægre, v. *Vix*.

—Ægritudo, v. *Cura*.

—Ægrotus, v. *Æger*.

—Æmulatio, v. *Imitatio*.

—Æqualis, v. *Æquus*.

—Æquor, v. *Mare*.

Æquus. Par. Æqualis. Parilis. Compar. Impar. Dispar.

1. *Æquum*, égal en soi, uniforme, composé de parties

similaires, par opposition à *varius*; *par*, égal à quelque

chose d’autre, et placé au même degré par opposition à

*superior* et *inferior*. *Æquo Marte* présente dans son

ensemble le combat des deux partis; *pari Marte* oppose la

fortune de l’un à celle de l’autre.

2. *Par*, marque une égalité de grandeur, de puissance,

d’influence ou encore de nombre, d’équilibre, de proportions,

comme ἴσος; *æqualis*, une égalité de nature, comme ὅμοιος.

*Par*, présente à l’esprit l’idée d’un homme d’action qui est

pour le moins prêt et résolu à entrer en lutte avec ses pairs;

*æqualis*, l’idée d’un personnage inactif, et le mot ne se prête

qu’à des comparaisons et à des parallèles. *Paria*, choses ou

personnes opposées, hostiles, jalouses, qui se disputent la

prééminence; *æqualia*, choses ou personnes distinctes, mais

unies, comme des parents qui ont des qualités et des sympathies

communes. *Pariter*, au même degré, ἴσα; *æqualiter*, de la même

façon, ὁμοίως, ὁμῶς.

3. *Par*, tout à fait égal; *parilis*, à peu près égal, c’est un

intermédiaire entre *par* et *similis*.

4. *Par*, égal à quelque chose ou à quelqu’un, exprime un

rapport simple; *compar*, qui se dit de plusieurs choses ou de

plusieurs personnes égales entre elles, un rapport réciproque,

sans renchérir d’ailleurs sur le degré de ressemblance. Cette

distinction se retrouve dans *finitimi* et *confines*, dans

ἐγγύς et ξυνεγγύς.

5. *Impar* marque une inégalité, soit comme en arithmétique

celle des nombres impairs qui ne sont point exactement

divisibles par deux, soit une inégalité de force qui implique

une infériorité relative; *dispar* exprime une dissemblance et

ne précise point de quel côté penche la balance dans un

parallèle.

Æquus. Planus. Campus.

1. *Æquum*, terrain plat, surface horizontale, par opposition à

ce qui monte ou descend, à *superior*, *inferior* et *acclivis*;

*planum*, la plaine unie, par opposition à un sol inégal, à

*montosus*, *saxosus*. *Æquum*, signifie au figuré l’équité,

parce que l’injustice commence dès que l’un se met au-dessus de

l’autre; *planum*, la clarté et la netteté, parce qu’on ne peut

embrasser d’un seul regard qu’une plaine, où aucune hauteur

n’arrête la vue.

2. *Æquor* et *planities*, la plaine par rapport à sa forme;

campus, par rapport à sa position, comme pays bas par opposition

aux hauteurs.

—Æquus animus, v. *Satis habere*.

—Aer, v. *Anima*.

Ærarium. Fiscus.

*Ærarium*, la caisse de l’état; *fiscus*, la cassette de

l’empereur. Tac. Ann. VI, 2. Bona Sejani ablata *ærario*, ut in

*fiscum* cogerentur; tanquam referret. Les richesses de Séjan

retirées du trésor public entrèrent dans la cassette impériale,

comme si cela eût tiré à conséquence.

—Ærumna, v. *Labor*.

—Æstimare, v. *Censere*.

—Æstuare, v. *Calere*.

—Æternus, v. *Continuus*.

—Affari, v. *Alloqui*.

—Affatim, v. *Satis*.

—Affinis, v. *Necessarius*.

—Affirmare, v. *Dicere*.

—Ager, v. *Rus* et *Villa*.

Agere. Facere. Gerere. Opus. Factum. Age. I nunc. Degere.

1. *Agere*, marque un effet qui n’a lieu que dans le temps,

comme agir; *facere*, un effet qui se développe dans l’espace,

comme faire. Les *acta* sont passés aussitôt que l’*agens*

s’arrête, deviennent dès lors invisibles, et ne subsistent plus

que par le souvenir; les *facta* ne sont complets que quand le

*faciens* s’arrête, et ne prennent qu’à partir de ce moment une

existence propre. Cela doit s’entendre d’ailleurs d’*acta* et de

*facta* considérés exclusivement comme participes, non comme

substantifs. *Agens* donne l’idée de l’activité en général,

*faciens* l’idée d’une activité pratique.

2. *Agere*, agir dans son propre intérêt; *gerere*, dans

l’intérêt d’un autre et par commission. Cic. Verr. I, 38. Quæ

etiamsi voluntate Dolabellæ *fiebant*, per istum tamen omnia

*gerebantur*. Tout se faisait par la volonté de Dolabella, mais

par l’entremise de Verrès.

3. *Opus*, œuvre, ἔργον, est le substantif qui répond à

*facere*; *factum* (pris comme substantif), action, celui

d’*agere*; *res gestæ*, actes importants, hauts faits, πράξεις;

*acta*, mesures politiques. Cic. Att. XIV, 17. Multa de *facto*

ac de *re gesta*, de nombreux détails, tant sur cette entreprise

que sur ce grand acte: le premier, *facto*, s’appliquant à la

tentative d’Amatius, le second, *re gesta*, au châtiment que lui

a infligé Dolabella avec autant de sagesse que de courage.

4. *Age*, *agedum*, encouragement donné sérieusement; *i nunc*,

encouragement ironique.

5. *Agere*, mener une vie active et affairée; *degere*, vivre

dans l’oisiveté, soit parce que l’aisance nous dispense de

travailler, soit parce que nous sommes réduits à l’inaction.

Tac. Ann. XV, 74. Deûm honor principi non ante habetur quam

*agere* inter homines desierit. Avant de rendre à un prince les

honneurs divins, on attend qu’il ne soit plus mêlé aux affaires

de la vie. Comparez avec IV, 41. Ut Tiberium ad vitam procul

Roma amœnis locis *degendam* impelleret. Afin de pousser Tibère

à vivre loin de Rome dans le repos d’un agréable séjour.

—Agere ferre, v. *Vastare*.

Agger. Vallum.

*Agger*, simple levée, comme une digue; *vallum*, levée qui sert

à clore un espace. L’*agger* peut tenir lieu d’une courtine de

redoute dans des fortifications de campagne; le *vallum* ou

rempart fait toujours partie d’une forteresse, d’un camp, d’une

place forte.

—Agmen, v. *Caterva*.

—Agrestis, v. *Rus*.

—Aio, v. *Dicere*.

Ala. Penna. Pluma. Pinna.

1. *Ala*, la charpente, les muscles de l’aile, πτέρυξ; *penna*,

l’aile restreinte aux plumes qui concourent au vol, πτερόν.

Plaut. Pœn. IV, 2, 48. Meæ alæ pennas non habent. Je n’ai pas de

plumes à mes ailes.

2. *Penna*, plumes grandes et dures qui servent à voler;

*pluma*, duvet, petites plumes moelleuses qui servent à vêtir le

corps de l’oiseau, comme πτίλον. Sen. Ep. 42. Meministi, quum

quemdam affirmares esse in tua potestate, dixisse me volaticum

esse ac levem, et te non pedem ejus tenere, sed *pennam*;

mentitus sum, *pluma* tenebatur quam remisit et fugit. Un jour,

tu dois t’en souvenir, tu prétendais avoir une personne en ton

pouvoir, et je te répondais qu’elle était volage et légère, que

tu ne la tenais point par le pied, mais par une plume. Eh bien,

ce n’était pas vrai: tu ne la retenais que par une petite plume

de duvet qu’elle t’a laissée, et la voilà partie.

3. *Penna*, la plume entière, tuyau et barbes; *pinna*, les

barbes seules par opposition au tuyau.

—Alacer, v. *Gaudere*.

Alapa. Colaphus.

*Alapa*, soufflet, coup appliqué sur la figure avec le plat de

la main, c’est une punition, mais infligée avec modération;

*colaphus*, coup assené sur la tête avec le poing fermé et avec

des marques de colère et de fureur.

Albus. Candidus. Albidus.

1. *Albus*, le blanc considéré en général comme l’absence de

toute couleur, ce qui n’a pas de couleur; *candidus*, le blanc

pris comme une couleur positive, la plus pure, la plus claire,

en comparaison de laquelle toutes les autres paraissent sombres

ou même sales; c’est un beau blanc éclatant. L’*album*, qui a

pour opposé *ater*, tire, comme le λευϰὸν, sur le jaune pâle; le

*candidum*, qui a pour opposé *niger*, tire, comme l᾿ἀργὸν, sur

le bleu pâle. *Alba cutis*, peau d’un malade, d’un hydropique;

*candida*, d’une personne qui est dans la fleur de la jeunesse.

Au figuré, *albor* est le symbole du bonheur et de la joie;

*candor*, de la pureté et de l’innocence.

Manuel de synonymie Latine · 第 6 / 14 题