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Et, suivant le regard du marchand des quatre saisons,

M. Godefroy aperçoit devant le foyer, où se meurt un

petit feu de coke, deux paires de chaussures enfantines:

les fines bottines de Raoul et les souliers à clous de Zidore;

[5]et chacune des paires de chaussures contient un pantin de

deux sous et un cornet de bonbons de chez l'épicier.

«Ne faites pas attention, monsieur, murmure alors

Pierron d'une voix presque honteuse. C'est Zidore, avant

de se jeter sur le lit, qui a mis là ses souliers et ceux de

[10]votre fils... A la laïque, on a beau leur dire que c'est de

la blague, les enfants croient encore à la Noël... Alors,

moi, en revenant de chez le commissaire, comme je ne

savais pas, après tout, si votre gamin ne passerait pas la

nuit dans ma turne, j'ai acheté ces bêtises-là... vous

[15]comprenez... pour que les gosses... à leur réveil...»

Ah! c'est à présent que les bras leur tomberaient, aux

députés qui ont vu si souvent M. Godefroy voter pour la

libre pensée;--au fond, il s'en moquait pas mal, mais la

réélection!--C'est à présent qu'ils jetteraient leur langue

[20]au chat, tous les messieurs durs et secs qui siégeaient avec

M. Godefroy autour des tables vertes et qui l'admiraient

comme un maître pour sa sécheresse et pour sa dureté.

Est-ce que, par hasard, ce serait aujourd'hui la fin du

monde?... M. Godefroy a les yeux pleins de larmes!

[25]Tout à coup, il s'élance hors de la baraque, y rentre au

bout d'une minute, les bras chargés du superbe cheval

mécanique, de la grosse boite de soldats de plomb, des

autres jouets magnifiques achetés par lui dans l'après-midi

et restés dans sa voiture; et, devant Pierron stupéfait,

[30]il dépose son fardeau doré et verni auprès des petits

souliers. Puis, saisissant la main du manchot dans les

siennes, et d'une voix que l'émotion fait trembler:

Contes Français · 第 244 / 396 题