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--Monsieur le sous-préfet, sentez-vous comme nous

sentons bon?

Et les sources lui font sous la mousse une musique divine;

et dans les branches, au-dessus de sa tête, des tas

[5]de fauvettes viennent lui chanter leurs plus jolis airs; et

tout le petit bois conspire pour l'empêcher de composer

son discours.

Tout le petit bois conspire pour l'empêcher de composer

son discours... M. le sous-préfet, grisé de parfums, ivre

[10]de musique, essaye vainement de résister au nouveau

charme qui l'envahit. Il s'accoude sur l'herbe, dégrafe

son bel habit, balbutie encore deux ou trois fois:

--Messieurs et chers administrés... Messieurs et

chers admi... Messieurs et chers...

[15]Puis il envoie les administrés au diable; et la Muse des

comices agricoles n'a plus qu'à se voiler la face.

Voile-toi la face, ô Muse des comices agricoles!... Lorsque,

au bout d'une heure, les gens de la sous-préfecture,

inquiets de leur maître sont entrés dans le petit bois, ils

[20]ont vu un spectacle qui les a fait reculer d'horreur...

M. le sous-préfet était couché sur le ventre, dans l'herbe,

débraillé comme un bohème. Il avait mis son habit bas;

...et, tout en mâchonnant des violettes, M. le sous-préfet

faisait des vers.

Contes Français · 第 159 / 396 题