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en retraite, emportant leurs morts et leurs blessés, qu'on

évalue à cinquante hommes hors»

Le jeune officier reprit:

[5]--Quelles dispositions dois-je prendre, mon colonel?

Le colonel répondit:

--Nous allons nous replier pour éviter un retour offensif

avec de l'artillerie et des forces supérieures.

Et il donna l'ordre de repartir.

[10]La colonne se reforma dans l'ombre, sous les murs du

château, et se mit en mouvement, enveloppant de partout

Walter Schnaffs garrotté, tenu par six guerriers le revolver

au poing.

Des reconnaissances furent envoyées pour éclairer la

[15]route. On avançait avec prudence, faisant halte de temps

en temps.

Au jour levant, on arrivait à la sous-préfecture de la

Roche-Oysel, dont la garde nationale avait accompli ce

fait d'armes.

[20]La population anxieuse et surexcitée attendait. Quand

on aperçut le casque du prisonnier, des clameurs formidables

éclatèrent. Les femmes levaient les bras; des vieilles

pleuraient; un aïeul lança sa béquille au Prussien et blessa

le nez d'un de ses gardiens.

[25]Le colonel hurlait.

--Veillez à la sûreté du captif.

On parvint enfin à la maison de ville. La prison fut

ouverte, et Walter Schnaffs jeté dedans, libre de liens.

Deux cents hommes en armes montèrent la garde autour

[30]du bâtiment.

Alors, malgré des symptômes d'indigestion qui le tourmentaient

depuis quelque temps, le Prussien, fou de joie,

Contes Français · 第 69 / 396 题