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de se remettre en ses mains en lui faisant bien comprendre

qu'il se rendait.

Alors il ôta son casque, dont la pointe le pouvait trahir,

et il sortit sa tête au bord de son trou, avec des précautions

[5]infinies.

Aucun être isolé ne se montrait à l'horizon. Là-bas,

à droite, un petit village envoyait au ciel la fumée de

ses toits, la fumée de ses cuisines! Là-bas, à gauche; il

apercevait, au bout des arbres d'une avenue, un grand

[10]château flanqué de tourelles.

Il attendit jusqu'au soir, souffrant affreusement, ne

voyant rien que des vols de corbeaux, n'entendant rien

que les plaintes sourdes de ses entrailles.

Et la nuit encore tomba sur lui.

[15]Il s'allongea au fond de sa retraite et il s'endormit d'un

sommeil fiévreux, hanté de cauchemars, d'un sommeil

d'homme affamé.

L'aurore se leva de nouveau sur sa tête. Il se remit en

observation. Mais la campagne restait vide comme la

[20]veille; et une peur nouvelle entrait dans l'esprit de Walter

Schnaffs, la peur de mourir de faim! Il se voyait étendu

au fond de son trou, sur le dos, les deux yeux fermés. Puis

des bêtes, des petites bêtes de toute sorte s'approchaient

de son cadavre et se mettaient à le manger, l'attaquant

[25]partout à la fois, se glissant sous ses vêtements pour

mordre sa peau froide. Et un grand corbeau lui piquait

les yeux de son bec effilé.

Alors, il devint fou, s'imaginant qu'il allait s'évanouir

de faiblesse et ne plus pouvoir marcher. Et déjà, il

[30]s'apprêtait à s'élancer vers le village, résolu à tout oser, à

tout braver, quand il aperçut trois paysans qui s'en allaient

aux champs avec leurs fourches sur l'épaule, et il se replongea

dans sa cachette.

Contes Français · 第 65 / 396 题