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Cette nuit-là, par hasard, il n'avait fait aucun bruit, et

c'est seulement en venant ouvrir les fenêtres que le serviteur

avait trouvé sir John assassiné. Il ne soupçonnait

personne.

[5]Je communiquai ce que je savais du mort aux magistrats

et aux officiers de la force publique, et on fit dans toute

l'île une enquête minutieuse. On ne découvrit rien.

Or, une nuit, trois mois après le crime, j'eus un affreux

cauchemar. Il me sembla que je voyais la main, l'horrible

[10]main, courir comme un scorpion ou comme une araignée le

long de mes rideaux et de mes murs. Trois fois, je me réveillai,

trois fois je me rendormis, trois fois je revis le

hideux débris galoper autour de ma chambre en remuant

les doigts comme des pattes.

[15]Le lendemain, on me l'apporta, trouvé dans le cimetière,

sur la tombe de sir John Rowell, enterré là; car on

n'avait pu découvrir sa famille. L'index manquait.

Voilà, mesdames, mon histoire.. Je ne sais rien de plus.

Les femmes, éperdues, étaient pâles, frissonnantes.

[20]Une d'elles s'écria:

--Mais ce n'est pas un dénouement cela, ni une explication!

Nous n'allons pas dormir si vous ne nous dites

pas ce qui s'était passé, selon vous.

Le magistrat sourit avec sévérité:

[25]--Oh! moi, mesdames, je vais gâter, certes, vos rêves

terribles. Je pense tout simplement que le légitime propriétaire

de la main n'était pas mort, qu'il est venu la

chercher avec celle qui lui restait. Mais je n'ai pu savoir

comment il a fait, par exemple. C'est là une sorte de

[30]vendetta.

Contes Français · 第 49 / 396 题