CHAPITRE XXVII

La dernière journée.—Lettre de Marie-Antoinette à Mme

Élisabeth.—La Reine s'habille et se jette quelques instants sur

son lit.—L'abbé Girard.—Le bourreau Samson.—Préparatifs dans

Paris.—La Reine monte dans la charrette des condamnés.—Le trajet

de la Conciergerie à la place de la Révolution.—Le comédien

Grammont et la citoyenne Lacombe.—L'échafaud.—La mort.—Conclusion.

Il est quatre heures et demie du matin; dans quelques heures, le

bourreau viendra réclamer sa victime. La Reine demande de l'encre;

avant de mourir, elle a besoin d'épancher son âme et d'envoyer à ses

enfants et à sa belle-sœur ses dernières pensées avec ses dernières

larmes. C'est à Mme Élisabeth qu'elle écrit:

«Ce 16 octobre, à 4 h. ½ du matin.

«C'est à vous, ma sœur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens

d'être condamnée, non pas à une mort honteuse,—elle ne l'est que pour

les criminels,—mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente,

j'espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments.

Je suis calme, comme on l'est quand la conscience ne reproche rien.

J'ai un profond regret d'abandonner mes enfants. Vous savez que je

n'existais que pour eux, et vous, ma bonne et tendre sœur, vous qui

avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle

position je vous laisse!»

«J'ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille

était séparée de vous; hélas! la pauvre enfant, je n'ose pas lui

écrire[1654]; elle ne recevrait pas ma lettre; je ne sais pas même si

celle-ci vous parviendra[1655]. Recevez pour eux deux ma bénédiction;

j'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se

réunir avec vous et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils

pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer, que les

principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de

la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle en fera le bonheur.

Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son

frère, par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que

lui et son amitié pourront lui inspirer. Que mon fils, à son tour,

rende à sa sœur tous les soins, tous les services que l'amitié peut

inspirer. Qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où

ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur

union. Qu'ils prennent exemple de nous: combien, dans nos malheurs,

notre amitié nous a donné de consolation, et, dans le bonheur, on jouit

doublement, quand on peut le partager avec un ami, et où en trouver de

plus tendre et de plus uni que dans sa famille? Que mon fils n'oublie

jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément:

«qu'il ne cherche jamais à venger notre mort!»

«J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais

combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine. Pardonnez-lui, ma

chère sœur; pensez, à l'âge qu'il a, combien il est facile de faire

dire à un enfant ce qu'on veut et même ce qu'il ne comprend pas. Un

jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos

bontés et de vos tendresses pour tous deux.»

«Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J'aurais

voulu vous les écrire dès le commencement du procès; mais, outre qu'on

ne me laissait pas écrire, la marche a été si rapide que je n'en aurais

réellement pas eu le temps.»

«Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans

celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée et que j'ai toujours

professée. N'ayant aucune consolation spirituelle à attendre; ne

sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion,—et

même le lieu où je suis les exposerait trop, s'ils y entraient une

fois,—je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que

j'ai pu commettre, depuis que j'existe; j'espère que, dans sa bonté,

il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais

depuis longtemps pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa

miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais,

et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le

vouloir, j'aurais pu leur causer. Je pardonne à tous mes ennemis le

mal qu'ils m'ont fait. Je dis adieu à mes tantes et à tous mes frères

et sœurs. J'avais des amis: l'idée d'en être séparée pour jamais et

leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant:

qu'ils sachent du moins que jusqu'à mes derniers moments j'ai pensé à

eux.»

«Adieu, ma bonne et tendre sœur: puisse cette lettre vous arriver!

Pensez toujours à moi; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que

ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu! qu'il est déchirant de les

quitter pour toujours! Adieu! Adieu! Je ne vais plus m'occuper que de

mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre de mes actions, on

m'amènera peut-être un prêtre; mais je proteste ici que je ne lui dirai

pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger.»

La Reine a pleuré en écrivant cette lettre, non pas sur elle-même, mais

sur ses enfants. Elle a pleuré, en songeant aux mains indignes entre

lesquelles elle laisse son fils, à ce qu'on lui a déjà fait dire et

faire, à ce qu'on le forcera peut-être de dire et de faire encore. Mais

il ne faut pas que ces pensées l'amollissent; elle a besoin de tout son

courage et de toutes ses forces pour mourir. Elle refoule ses larmes,

donne sa lettre au concierge Bault[1656] et se met à genoux, répandant

longuement devant Dieu son âme tout entière[1657]. Elle se relève,

mange à la hâte une aile de poulet et un petit pain[1658], quitte sa

pauvre chemise, toute tachée par les hémorrhagies qui l'épuisent depuis

un mois, en met une autre que lui procure la femme du concierge[1659],

et, brisée par tant d'émotions, se jette tout habillée sur son lit,

enveloppe ses pieds dans une couverture et s'endort[1660].

A six heures, on la réveille: «Voilà, lui dit-on, un curé de Paris,

qui demande si vous voulez vous confesser.»—«Un curé de Paris,»

murmure-t-elle, il n'y en a guère[1661].» Le prêtre s'avance; il est

vêtu en laïque[1662]; c'est un abbé Girard, curé de Saint-Landry, dans

la Cité. La Reine le remercie; mais, fidèle à l'engagement qu'elle

a pris dans sa lettre, elle refuse de se servir du ministère d'un

schismatique. Ce ministère, d'ailleurs, elle n'en a pas besoin. Dieu

lui a fait la grâce de lui envoyer, quelques jours auparavant, un

prêtre fidèle[1663]; et, s'il faut en croire Madame Royale, ce matin

même, agenouillée devant sa fenêtre, elle aurait reçu l'absolution

et la bénédiction du curé de Sainte-Marguerite, détenu en face

d'elle[1664].

La Reine a froid; l'atmosphère déjà fraîche des premières nuits

d'automne, les brouillards du fleuve, l'humidité de la prison glacent

son sang dans ses veines. Sur le conseil de l'abbé Girard, elle place

un oreiller sur ses pieds et s'absorbe dans le recueillement de ses

pensées et de ses muettes prières[1665].

A sept heures, un nouveau personnage entre dans la prison; c'est le

dernier acteur de ce drame lugubre, le bourreau. «Vous venez de bonne

heure, Monsieur,» lui dit Marie-Antoinette, «ne pourriez-vous pas

retarder?»—«Non, Madame, j'ai ordre de venir[1666].» La Reine coupe

elle-même ses cheveux[1667] et Samson procède rapidement à la fatale

toilette. Puis on attend. Le prêtre essaie quelques exhortations,

la Reine ne les écoute que d'une oreille distraite. Sa pensée n'est

plus là. Mais l'abbé Girard s'étant hasardé à dire: «Votre mort va

expier...»—«Ah!» interrompt-elle vivement, «des fautes, mais pas un

crime[1668].»

Dès cinq heures du matin, le rappel a été battu dans les quarante-huit

sections de Paris. A sept heures, toute la force armée est sur

pied; des canons ont été rangés aux extrémités des ponts, places

et carrefours, depuis le Palais jusqu'à la place de la Révolution.

A dix heures du matin, de nombreuses patrouilles circulent dans

les rues[1669]. La foule se presse aux portes de la Conciergerie,

impatiente et houleuse; des milliers de sans-culottes[1670] sont là,

injuriant leur victime, et attendant leur proie.

A onze heures, un mouvement se fait. La porte de la prison s'ouvre;

la Reine paraît, majestueuse et fière, comme à Versailles; vêtue d'un

déshabillé de piqué blanc[1671], comme pour un jour de triomphe, a dit

un témoin oculaire[1672]; chaussée de souliers de prunelle noire, avec

des talons très haut, à la Saint-Huberty[1673]; un fichu de mousseline

blanche autour du cou; sur la tête un bonnet de linon sans barbes,—elle

n'a pu obtenir d'aller nu-tête à l'échafaud[1674];—les coudes retirés

en arrière par une grosse ficelle, dont le bourreau tient l'extrémité;

le teint pâle, un peu rouge aux pommettes, les yeux injectés de sang,

les cils immobiles et raidis[1675]; la lèvre plissée par un ineffable

dédain[1676]. Autour d'elle des gendarmes; près d'elle, le curé de

Saint-Landry: «Voulez-vous que je vous accompagne?» a dit le prêtre

constitutionnel.—«Comme vous voudrez,» a répondu insoucieusement la

Reine[1677].

Trente mille hommes forment la haie, depuis la Conciergerie jusqu'à la

place de la Révolution[1678]. Cet appareil militaire, cette crainte

d'une évasion possible, d'un complot pour enlever la condamnée pendant

le trajet[1679], cette foule immense qui roule comme la vague,

c'est le suprême et involontaire hommage rendu à la grandeur de

Marie-Antoinette; car on n'a pas eu pour cette majesté déchue les mêmes

égards que pour son mari. La voiture qui l'attend, acculée à quelques

pas de la porte, n'est point un carrosse, comme pour Louis XVI, c'est

l'ignoble charrette des condamnés vulgaires, avec ses roues pleines de

boue, une planche pour banquette, sans paille ni foin sur le plancher;

pour la traîner, un grossier cheval blanc; pour la conduire, un homme

en blouse, à figure sévère et sinistre. La Reine ne peut retenir un

mouvement de surprise, à la vue de cet étrange véhicule[1680]; mais

elle ne tarde pas à dominer cette émotion passagère.

Au marche-pied, placé derrière la charrette, on ajoute une petite

échelle assez large, de quatre ou cinq échelons. Samson offre la

main à la condamnée, pour l'aider à franchir les degrés; la Reine

refuse d'un geste et monte seule, sans appui. Elle se place sur la

banquette, le dos tourné au cheval; le prêtre s'assied près d'elle.

«Voici, Madame, lui dit-il, l'instant de vous armer de courage.»—«Du

courage,» reprend-elle vivement, il y a «si longtemps que j'en

fais l'apprentissage, qu'il n'est pas à croire que j'en manque

aujourd'hui[1681].» Le prêtre insiste; elle lui impose silence, en lui

répétant avec fermeté «qu'elle n'est point de sa religion, qu'elle

meurt en professant celle de son époux et qu'elle n'oubliera pas les

principes qu'il lui a répétés tant de fois[1682]». Le bourreau et son

aide sont debout, derrière la Reine, le tricorne à la main, appuyés

aux parois de la voiture et mettant «un soin visible à laisser flotter

à leur gré les cordes» qui lient les mains de la victime et dont ils

tiennent les extrémités.

Un pâle soleil d'automne éclaire cette scène. La charrette s'ébranle;

les gendarmes ont peine à lui frayer un passage, au milieu de cette

masse compacte de sans-culottes et de tricoteuses qui vont bien gagner

leur journée. Un silence étrange règne dans cette foule; mais, à

l'entrée de la rue Saint-Honoré, les clameurs commencent. Des lazzis

grossiers, des plaisanteries sinistres, des injures infâmes, des cris

de mort sortent, comme des émanations malfaisantes, des profondeurs

de cette populace en délire et se croisent avec des cris de _Vive la

République_! _A bas les tyrans[1683]!_ Quelques misérables battent des

mains[1684]; le comédien Grammont, à cheval, caracole autour de la

charrette, donnant le signal des outrages. Impassible et sereine, «sans

abattement ni fierté[1685],» la Reine plane au-dessus de cette tourbe;

ses regards se posent sur cette foule haineuse, presque sans la voir,

et ses oreilles sont frappées de ces bruits, sans les entendre. A peine

si, de temps à autre, quelque insulte, plus odieuse que les autres,

réussit à parvenir jusqu'à elle et à ramener un instant sur la terre

cette pensée, qui monte, obstinément vers le ciel.

Personne aux fenêtres; il ne faut rien au-dessus du niveau brutal de

la rue[1686]. Toute sympathie doit se taire; la haine seule a droit de

se montrer. Quelques spectateurs, dit-on, pourtant, s'évanouissent de

douleur[1687].

La charrette s'avance lentement: il faut, a écrit un journaliste,

que la Reine «boive longtemps la mort[1688]». Devant Saint-Roch, le

cortège s'arrête; c'est une des stations que l'acharnement ingénieux

des bourreaux a ménagées à la victime sur le long chemin de son

Calvaire. Sur le perron de l'église est entassée la fine fleur des

furies révolutionnaires, le bataillon de la citoyenne Lacombe. Grammont

se dresse sur ses étriers, en brandissant son sabre: «La voilà,

l'infâme Antoinette, crie-t-il; elle est f....., mes amis!» C'est le

signal; un long murmure s'élève de cette foule; les vociférations, les

imprécations, les injures viennent se fondre en un immense hurlement

de haine et d'insulte. Quelle jouissance pour ces femmes, pour ces

_lécheuses de guillotine_, comme les appelait énergiquement la

Commune, si elles pouvaient saisir sur le visage de la condamnée un

tressaillement, ou dans ses yeux une larme! Mais cette volupté ne leur

est pas donnée; sous le coup de l'outrage, la Reine demeure impassible;

elle ne voit rien, elle n'entend rien.

Cent pas plus loin, en face des Jacobins, il semble qu'elle veuille

déchiffrer l'inscription qui surmonte l'arcade du passage[1689]. Elle

se penche vers le prêtre constitutionnel et paraît l'interroger. Pour

toute réponse, le prêtre élève un petit Christ d'ivoire, et la Reine

rentre dans son silence et sa sérénité[1690].

A midi, le funèbre cortège débouche sur la place de la Révolution.

Par une dernière et sanglante ironie, l'échafaud est dressé près du

Pont-Tournant, au pied de la statue de la Liberté. La Reine jette un

long regard sur ces Tuileries, où elle est entrée pour la première

fois le 8 juin 1773, radieuse Dauphine, saluée par les acclamations

enthousiastes du peuple de Paris; d'où elle est sortie le 10 août

1792, aux cris de rage de ce même peuple, si cruellement mobile; sur

ces grands arbres, à l'ombre desquels son fils a joué tant de fois,

et dont les feuilles, jaunies par le soleil d'automne, tombent à

terre; sur ce palais où elle a vécu trois mortelles années, depuis

les journées d'octobre 1789, et en face duquel elle va mourir. Sous

le poids de ces souvenirs et de ces pensées, sa tête s'incline et son

visage pâlit[1691]. Elle fléchit un moment, oppressée par d'insondables

douleurs; mais aussitôt elle se redresse, descend de la charrette «avec

légèreté et promptitude» et, «quoique ses mains soient toujours liées,»

gravit, sans aide, les degrés de l'échafaud, «avec un air plus calme et

plus tranquille encore qu'en sortant de la prison[1692].»

En montant l'escalier, elle met par mégarde son pied sur celui du

bourreau. Samson laisse échapper un cri de douleur. La Reine se

retourne: «Monsieur,» dit-elle, avec une liberté d'esprit et une

dignité inouïes dans un pareil moment, «Monsieur, je vous demande

pardon[1693]!» Puis elle lève les yeux au ciel et murmure une dernière

prière.

Quatre minutes après[1694], le couperet national avait accompli son

œuvre. L'exécuteur montrait longuement au peuple cette tête sanglante,

dont un mouvement convulsif agitait les paupières, et dont un vif

incarnat teignait encore les joues. «_Vive la République!_» répondait

le peuple. Il était midi et quart.

Tout était fini: la fille des Césars était allée rejoindre au ciel

le fils de saint Louis. La foule s'écoulait, silencieuse et comme

consternée, en proie à ce saisissement involontaire qui oppresse les

consciences même les plus endurcies, après l'accomplissement d'un grand

crime.

Cependant, de cette populace haineuse et assouvie, un homme sortait, se

glissait sous la guillotine et trempait son mouchoir dans le sang qui

découlait de l'échafaud, comme dans le sang d'une martyre[1695].

Ce sang de la victime, l'histoire l'a recueilli, comme le gendarme

Maingot. Elle l'a recueilli, pour en marquer au front les assassins

de Marie-Antoinette. «Le premier crime de la Révolution, dit

Chateaubriand, fut la mort du Roi; mais le plus affreux fut la mort

de la Reine[1696].» «Paris n'a plus un crime à commettre, écrivait le

cardinal de Bernis en apprenant l'attentat du 16 octobre. Le dernier

ajoute à tous les autres un degré d'horreur et d'infamie inconnu

jusqu'à aujourd'hui[1697].» Et Napoléon a dit de son côté: «La mort

de la Reine fut un crime pire que le régicide[1698];» crime purement

gratuit, puisqu'il n'y avait aucun prétexte à alléguer comme excuse;

crime éminemment impolitique, puisqu'il frappait «une princesse

étrangère, le plus sacré des otages»; crime souverainement lâche,

puisque la victime était une femme «qui n'avait eu que des honneurs

sans pouvoir».

Quinze jours après[1699], le fossoyeur Joly enfouissait, dans un coin

obscur du cimetière de la Madeleine, les restes mutilés de la grande

suppliciée et soumettait à l'approbation du président du Tribunal

révolutionnaire, Herman, une note ainsi conçue:

La Veuve Capet, pour la bière 6 livres

Pour la fosse et les fossoyeurs. 25 —[1700]

C'était le dernier _Mémoire des fournitures faites pour le service de

la Reine de France_!

Histoire de Marie-Antoinette, Volume 2 (of 2) · 第 54 / 61 题