La dernière journée.—Lettre de Marie-Antoinette à Mme
Élisabeth.—La Reine s'habille et se jette quelques instants sur
son lit.—L'abbé Girard.—Le bourreau Samson.—Préparatifs dans
Paris.—La Reine monte dans la charrette des condamnés.—Le trajet
de la Conciergerie à la place de la Révolution.—Le comédien
Grammont et la citoyenne Lacombe.—L'échafaud.—La mort.—Conclusion.
Il est quatre heures et demie du matin; dans quelques heures, le
bourreau viendra réclamer sa victime. La Reine demande de l'encre;
avant de mourir, elle a besoin d'épancher son âme et d'envoyer à ses
enfants et à sa belle-sœur ses dernières pensées avec ses dernières
larmes. C'est à Mme Élisabeth qu'elle écrit:
«Ce 16 octobre, à 4 h. ½ du matin.
«C'est à vous, ma sœur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens
d'être condamnée, non pas à une mort honteuse,—elle ne l'est que pour
les criminels,—mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente,
j'espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments.
Je suis calme, comme on l'est quand la conscience ne reproche rien.
J'ai un profond regret d'abandonner mes enfants. Vous savez que je
n'existais que pour eux, et vous, ma bonne et tendre sœur, vous qui
avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle
position je vous laisse!»
«J'ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille
était séparée de vous; hélas! la pauvre enfant, je n'ose pas lui
écrire[1654]; elle ne recevrait pas ma lettre; je ne sais pas même si
celle-ci vous parviendra[1655]. Recevez pour eux deux ma bénédiction;
j'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se
réunir avec vous et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils
pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer, que les
principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de
la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle en fera le bonheur.
Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son
frère, par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que
lui et son amitié pourront lui inspirer. Que mon fils, à son tour,
rende à sa sœur tous les soins, tous les services que l'amitié peut
inspirer. Qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où
ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur
union. Qu'ils prennent exemple de nous: combien, dans nos malheurs,
notre amitié nous a donné de consolation, et, dans le bonheur, on jouit
doublement, quand on peut le partager avec un ami, et où en trouver de
plus tendre et de plus uni que dans sa famille? Que mon fils n'oublie
jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément:
«qu'il ne cherche jamais à venger notre mort!»
«J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais
combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine. Pardonnez-lui, ma
chère sœur; pensez, à l'âge qu'il a, combien il est facile de faire
dire à un enfant ce qu'on veut et même ce qu'il ne comprend pas. Un
jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos
bontés et de vos tendresses pour tous deux.»
«Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J'aurais
voulu vous les écrire dès le commencement du procès; mais, outre qu'on
ne me laissait pas écrire, la marche a été si rapide que je n'en aurais
réellement pas eu le temps.»
«Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans
celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée et que j'ai toujours
professée. N'ayant aucune consolation spirituelle à attendre; ne
sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion,—et
même le lieu où je suis les exposerait trop, s'ils y entraient une
fois,—je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que
j'ai pu commettre, depuis que j'existe; j'espère que, dans sa bonté,
il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais
depuis longtemps pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa
miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais,
et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le
vouloir, j'aurais pu leur causer. Je pardonne à tous mes ennemis le
mal qu'ils m'ont fait. Je dis adieu à mes tantes et à tous mes frères
et sœurs. J'avais des amis: l'idée d'en être séparée pour jamais et
leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant:
qu'ils sachent du moins que jusqu'à mes derniers moments j'ai pensé à
eux.»
«Adieu, ma bonne et tendre sœur: puisse cette lettre vous arriver!
Pensez toujours à moi; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que
ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu! qu'il est déchirant de les
quitter pour toujours! Adieu! Adieu! Je ne vais plus m'occuper que de
mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre de mes actions, on
m'amènera peut-être un prêtre; mais je proteste ici que je ne lui dirai
pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger.»
La Reine a pleuré en écrivant cette lettre, non pas sur elle-même, mais
sur ses enfants. Elle a pleuré, en songeant aux mains indignes entre
lesquelles elle laisse son fils, à ce qu'on lui a déjà fait dire et
faire, à ce qu'on le forcera peut-être de dire et de faire encore. Mais
il ne faut pas que ces pensées l'amollissent; elle a besoin de tout son
courage et de toutes ses forces pour mourir. Elle refoule ses larmes,
donne sa lettre au concierge Bault[1656] et se met à genoux, répandant
longuement devant Dieu son âme tout entière[1657]. Elle se relève,
mange à la hâte une aile de poulet et un petit pain[1658], quitte sa
pauvre chemise, toute tachée par les hémorrhagies qui l'épuisent depuis
un mois, en met une autre que lui procure la femme du concierge[1659],
et, brisée par tant d'émotions, se jette tout habillée sur son lit,
enveloppe ses pieds dans une couverture et s'endort[1660].
A six heures, on la réveille: «Voilà, lui dit-on, un curé de Paris,
qui demande si vous voulez vous confesser.»—«Un curé de Paris,»
murmure-t-elle, il n'y en a guère[1661].» Le prêtre s'avance; il est
vêtu en laïque[1662]; c'est un abbé Girard, curé de Saint-Landry, dans
la Cité. La Reine le remercie; mais, fidèle à l'engagement qu'elle
a pris dans sa lettre, elle refuse de se servir du ministère d'un
schismatique. Ce ministère, d'ailleurs, elle n'en a pas besoin. Dieu
lui a fait la grâce de lui envoyer, quelques jours auparavant, un
prêtre fidèle[1663]; et, s'il faut en croire Madame Royale, ce matin
même, agenouillée devant sa fenêtre, elle aurait reçu l'absolution
et la bénédiction du curé de Sainte-Marguerite, détenu en face
d'elle[1664].
La Reine a froid; l'atmosphère déjà fraîche des premières nuits
d'automne, les brouillards du fleuve, l'humidité de la prison glacent
son sang dans ses veines. Sur le conseil de l'abbé Girard, elle place
un oreiller sur ses pieds et s'absorbe dans le recueillement de ses
pensées et de ses muettes prières[1665].
A sept heures, un nouveau personnage entre dans la prison; c'est le
dernier acteur de ce drame lugubre, le bourreau. «Vous venez de bonne
heure, Monsieur,» lui dit Marie-Antoinette, «ne pourriez-vous pas
retarder?»—«Non, Madame, j'ai ordre de venir[1666].» La Reine coupe
elle-même ses cheveux[1667] et Samson procède rapidement à la fatale
toilette. Puis on attend. Le prêtre essaie quelques exhortations,
la Reine ne les écoute que d'une oreille distraite. Sa pensée n'est
plus là. Mais l'abbé Girard s'étant hasardé à dire: «Votre mort va
expier...»—«Ah!» interrompt-elle vivement, «des fautes, mais pas un
crime[1668].»
Dès cinq heures du matin, le rappel a été battu dans les quarante-huit
sections de Paris. A sept heures, toute la force armée est sur
pied; des canons ont été rangés aux extrémités des ponts, places
et carrefours, depuis le Palais jusqu'à la place de la Révolution.
A dix heures du matin, de nombreuses patrouilles circulent dans
les rues[1669]. La foule se presse aux portes de la Conciergerie,
impatiente et houleuse; des milliers de sans-culottes[1670] sont là,
injuriant leur victime, et attendant leur proie.
A onze heures, un mouvement se fait. La porte de la prison s'ouvre;
la Reine paraît, majestueuse et fière, comme à Versailles; vêtue d'un
déshabillé de piqué blanc[1671], comme pour un jour de triomphe, a dit
un témoin oculaire[1672]; chaussée de souliers de prunelle noire, avec
des talons très haut, à la Saint-Huberty[1673]; un fichu de mousseline
blanche autour du cou; sur la tête un bonnet de linon sans barbes,—elle
n'a pu obtenir d'aller nu-tête à l'échafaud[1674];—les coudes retirés
en arrière par une grosse ficelle, dont le bourreau tient l'extrémité;
le teint pâle, un peu rouge aux pommettes, les yeux injectés de sang,
les cils immobiles et raidis[1675]; la lèvre plissée par un ineffable
dédain[1676]. Autour d'elle des gendarmes; près d'elle, le curé de
Saint-Landry: «Voulez-vous que je vous accompagne?» a dit le prêtre
constitutionnel.—«Comme vous voudrez,» a répondu insoucieusement la
Reine[1677].
Trente mille hommes forment la haie, depuis la Conciergerie jusqu'à la
place de la Révolution[1678]. Cet appareil militaire, cette crainte
d'une évasion possible, d'un complot pour enlever la condamnée pendant
le trajet[1679], cette foule immense qui roule comme la vague,
c'est le suprême et involontaire hommage rendu à la grandeur de
Marie-Antoinette; car on n'a pas eu pour cette majesté déchue les mêmes
égards que pour son mari. La voiture qui l'attend, acculée à quelques
pas de la porte, n'est point un carrosse, comme pour Louis XVI, c'est
l'ignoble charrette des condamnés vulgaires, avec ses roues pleines de
boue, une planche pour banquette, sans paille ni foin sur le plancher;
pour la traîner, un grossier cheval blanc; pour la conduire, un homme
en blouse, à figure sévère et sinistre. La Reine ne peut retenir un
mouvement de surprise, à la vue de cet étrange véhicule[1680]; mais
elle ne tarde pas à dominer cette émotion passagère.
Au marche-pied, placé derrière la charrette, on ajoute une petite
échelle assez large, de quatre ou cinq échelons. Samson offre la
main à la condamnée, pour l'aider à franchir les degrés; la Reine
refuse d'un geste et monte seule, sans appui. Elle se place sur la
banquette, le dos tourné au cheval; le prêtre s'assied près d'elle.
«Voici, Madame, lui dit-il, l'instant de vous armer de courage.»—«Du
courage,» reprend-elle vivement, il y a «si longtemps que j'en
fais l'apprentissage, qu'il n'est pas à croire que j'en manque
aujourd'hui[1681].» Le prêtre insiste; elle lui impose silence, en lui
répétant avec fermeté «qu'elle n'est point de sa religion, qu'elle
meurt en professant celle de son époux et qu'elle n'oubliera pas les
principes qu'il lui a répétés tant de fois[1682]». Le bourreau et son
aide sont debout, derrière la Reine, le tricorne à la main, appuyés
aux parois de la voiture et mettant «un soin visible à laisser flotter
à leur gré les cordes» qui lient les mains de la victime et dont ils
tiennent les extrémités.
Un pâle soleil d'automne éclaire cette scène. La charrette s'ébranle;
les gendarmes ont peine à lui frayer un passage, au milieu de cette
masse compacte de sans-culottes et de tricoteuses qui vont bien gagner
leur journée. Un silence étrange règne dans cette foule; mais, à
l'entrée de la rue Saint-Honoré, les clameurs commencent. Des lazzis
grossiers, des plaisanteries sinistres, des injures infâmes, des cris
de mort sortent, comme des émanations malfaisantes, des profondeurs
de cette populace en délire et se croisent avec des cris de _Vive la
République_! _A bas les tyrans[1683]!_ Quelques misérables battent des
mains[1684]; le comédien Grammont, à cheval, caracole autour de la
charrette, donnant le signal des outrages. Impassible et sereine, «sans
abattement ni fierté[1685],» la Reine plane au-dessus de cette tourbe;
ses regards se posent sur cette foule haineuse, presque sans la voir,
et ses oreilles sont frappées de ces bruits, sans les entendre. A peine
si, de temps à autre, quelque insulte, plus odieuse que les autres,
réussit à parvenir jusqu'à elle et à ramener un instant sur la terre
cette pensée, qui monte, obstinément vers le ciel.
Personne aux fenêtres; il ne faut rien au-dessus du niveau brutal de
la rue[1686]. Toute sympathie doit se taire; la haine seule a droit de
se montrer. Quelques spectateurs, dit-on, pourtant, s'évanouissent de
douleur[1687].
La charrette s'avance lentement: il faut, a écrit un journaliste,
que la Reine «boive longtemps la mort[1688]». Devant Saint-Roch, le
cortège s'arrête; c'est une des stations que l'acharnement ingénieux
des bourreaux a ménagées à la victime sur le long chemin de son
Calvaire. Sur le perron de l'église est entassée la fine fleur des
furies révolutionnaires, le bataillon de la citoyenne Lacombe. Grammont
se dresse sur ses étriers, en brandissant son sabre: «La voilà,
l'infâme Antoinette, crie-t-il; elle est f....., mes amis!» C'est le
signal; un long murmure s'élève de cette foule; les vociférations, les
imprécations, les injures viennent se fondre en un immense hurlement
de haine et d'insulte. Quelle jouissance pour ces femmes, pour ces
_lécheuses de guillotine_, comme les appelait énergiquement la
Commune, si elles pouvaient saisir sur le visage de la condamnée un
tressaillement, ou dans ses yeux une larme! Mais cette volupté ne leur
est pas donnée; sous le coup de l'outrage, la Reine demeure impassible;
elle ne voit rien, elle n'entend rien.
Cent pas plus loin, en face des Jacobins, il semble qu'elle veuille
déchiffrer l'inscription qui surmonte l'arcade du passage[1689]. Elle
se penche vers le prêtre constitutionnel et paraît l'interroger. Pour
toute réponse, le prêtre élève un petit Christ d'ivoire, et la Reine
rentre dans son silence et sa sérénité[1690].
A midi, le funèbre cortège débouche sur la place de la Révolution.
Par une dernière et sanglante ironie, l'échafaud est dressé près du
Pont-Tournant, au pied de la statue de la Liberté. La Reine jette un
long regard sur ces Tuileries, où elle est entrée pour la première
fois le 8 juin 1773, radieuse Dauphine, saluée par les acclamations
enthousiastes du peuple de Paris; d'où elle est sortie le 10 août
1792, aux cris de rage de ce même peuple, si cruellement mobile; sur
ces grands arbres, à l'ombre desquels son fils a joué tant de fois,
et dont les feuilles, jaunies par le soleil d'automne, tombent à
terre; sur ce palais où elle a vécu trois mortelles années, depuis
les journées d'octobre 1789, et en face duquel elle va mourir. Sous
le poids de ces souvenirs et de ces pensées, sa tête s'incline et son
visage pâlit[1691]. Elle fléchit un moment, oppressée par d'insondables
douleurs; mais aussitôt elle se redresse, descend de la charrette «avec
légèreté et promptitude» et, «quoique ses mains soient toujours liées,»
gravit, sans aide, les degrés de l'échafaud, «avec un air plus calme et
plus tranquille encore qu'en sortant de la prison[1692].»
En montant l'escalier, elle met par mégarde son pied sur celui du
bourreau. Samson laisse échapper un cri de douleur. La Reine se
retourne: «Monsieur,» dit-elle, avec une liberté d'esprit et une
dignité inouïes dans un pareil moment, «Monsieur, je vous demande
pardon[1693]!» Puis elle lève les yeux au ciel et murmure une dernière
prière.
Quatre minutes après[1694], le couperet national avait accompli son
œuvre. L'exécuteur montrait longuement au peuple cette tête sanglante,
dont un mouvement convulsif agitait les paupières, et dont un vif
incarnat teignait encore les joues. «_Vive la République!_» répondait
le peuple. Il était midi et quart.
Tout était fini: la fille des Césars était allée rejoindre au ciel
le fils de saint Louis. La foule s'écoulait, silencieuse et comme
consternée, en proie à ce saisissement involontaire qui oppresse les
consciences même les plus endurcies, après l'accomplissement d'un grand
crime.
Cependant, de cette populace haineuse et assouvie, un homme sortait, se
glissait sous la guillotine et trempait son mouchoir dans le sang qui
découlait de l'échafaud, comme dans le sang d'une martyre[1695].
Ce sang de la victime, l'histoire l'a recueilli, comme le gendarme
Maingot. Elle l'a recueilli, pour en marquer au front les assassins
de Marie-Antoinette. «Le premier crime de la Révolution, dit
Chateaubriand, fut la mort du Roi; mais le plus affreux fut la mort
de la Reine[1696].» «Paris n'a plus un crime à commettre, écrivait le
cardinal de Bernis en apprenant l'attentat du 16 octobre. Le dernier
ajoute à tous les autres un degré d'horreur et d'infamie inconnu
jusqu'à aujourd'hui[1697].» Et Napoléon a dit de son côté: «La mort
de la Reine fut un crime pire que le régicide[1698];» crime purement
gratuit, puisqu'il n'y avait aucun prétexte à alléguer comme excuse;
crime éminemment impolitique, puisqu'il frappait «une princesse
étrangère, le plus sacré des otages»; crime souverainement lâche,
puisque la victime était une femme «qui n'avait eu que des honneurs
sans pouvoir».
Quinze jours après[1699], le fossoyeur Joly enfouissait, dans un coin
obscur du cimetière de la Madeleine, les restes mutilés de la grande
suppliciée et soumettait à l'approbation du président du Tribunal
révolutionnaire, Herman, une note ainsi conçue:
La Veuve Capet, pour la bière 6 livres
Pour la fosse et les fossoyeurs. 25 —[1700]
C'était le dernier _Mémoire des fournitures faites pour le service de
la Reine de France_!