Les documents étendus que M. Achard, archiviste de la préfecture de

Vaucluse, a bien voulu réunir pour nous, avec un empressement dont nous

ne saurions trop le remercier, ne donnent que le nom d'un architecte

dans la construction de cette oeuvre colossale: c'est un certain Pierre

Obreri ou Pierre Obrier. Obreri n'est guère un nom italien, mais ce qui

l'est encore moins, c'est le monument lui-même. L'architecture italienne

du XIVe siècle, soit que nous la prenions dans le sud ou dans le nord de

la péninsule, ne rappelle en rien celle du palais des papes. Depuis la

tour de Trouillas jusqu'à celle des Anges, dans toute l'étendue de ces

bâtiments, du nord au sud, de l'est à l'ouest, la construction, les

profils, les sections de piles, les voûtes, les baies, les défenses,

appartiennent à l'architecture française du Midi, à cette architecture

gothique qui se débarrasse difficilement de certaines traditions

romanes. L'ornementation, très sobre d'ailleurs, rappelle celle de la

cathédrale de Narbonne dans ses parties hautes, qui datent du

commencement du XIVe siècle. Or, la cathédrale de Narbonne est l'oeuvre

d'un architecte français, le même peut-être qui bâtit celle de Clermont

en Auvergne, et celle de Limoges, ainsi que peut le faire supposer la

parfaite conformité de ces trois plans. Les seuls détails du palais

d'Avignon, qui sont évidemment de provenance italienne, ce sont les

peintures attribuées à Giotto et à Simon Memmi ou à ses élèves[28].

N'oublions pas d'ailleurs que Clément V, qui, le premier, établit le

siége apostolique à Avignon, était Bertrand de Grotte, né à Villandrau,

près de Bordeaux; que Jean XXII, son successeur, était Jacques d'Euse,

né à Cahors; que Benoît XII était Jacques Fournier, né à Saverdun, au

comté de Foix; que Clément VI était Pierre Roger, né au château de

Maumont, dans le diocèse de Limoges; qu'Innocent VI était Étienne

d'Albert, né près de Pompadour, au diocèse de Limoges; qu'Urbain V était

Guillaume Grimoald, né à Grisac, dans le Gévaudan, diocèse de Mende, et

que Grégoire XI, neveu du pape Clément VI, était, comme son oncle, né à

Maumont, au diocèse de Limoges. Que ces papes, qui firent entrer dans le

sacré collége un grand nombre de prélats français, et particulièrement

des Gascons et des Limousins, eussent fait venir des architectes

italiens pour bâtir leur palais, ceci n'est guère vraisemblable; mais

les eussent-ils fait venir, qu'il serait impossible toutefois de ne

point considérer les constructions du palais des papes d'Avignon comme

appartenant à l'architecture des provinces méridionales de la France.

Nous insistons sur ce point, parce que c'est un préjugé communément

établi que le palais des papes est une de ces constructions grandioses

appartenant aux arts de l'Italie. À cette époque, au XIVe siècle, le

goût de l'architecture italienne flotte indécis entre les traditions

antiques et les influences de France et d'Allemagne, et ce n'est pas par

la grandeur et la franchise qu'il se distingue. Les papes établis en

France, possesseurs d'un riche comtat, réunissant des ressources

considérables, vivant relativement dans un état de paix profonde, sortis

tous de ces diocèses du Midi, alors si riches en monuments, ont fait à

Avignon une oeuvre absolument française, bien supérieure comme

conception d'ensemble, comme grandeur et comme goût, à ce qu'alors on

élevait en Italie. Examinons maintenant ce vaste édifice dans toutes ses

parties. Nous devons prendre le palais des papes à Avignon tel qu'il

existait à la fin du XIVe siècle, c'est-à-dire après les constructions

successives faites depuis Clément V jusqu'à Grégoire XI, car il serait

difficile de donner les transformations des divers services qui le

composent, et de montrer, par exemple, le palais bâti par Jean XXII. Ces

immenses bâtiments s'élèvent sur la déclivité méridionale du rocher des

Doms, à l'opposite du Rhône; de telle sorte que le rez-de-chaussée de la

partie voisine de l'église Notre-Dame, qui est la plus ancienne, se

trouve au niveau du premier étage de la partie des bâtiments élevés en

dernier lieu, du côté sud, par Urbain V. Si donc nous traçons le plan du

rez-de-chaussée du palais des papes, vers sa partie inférieure, nous

tombons en pleine roche, en nous avançant vers le nord (fig. 14).

L'entrée d'honneur A s'ouvre sur une esplanade dominant tous les

alentours, et autrefois divisée en plusieurs _bailles_, avec courtines,

tour et portes. Cette entrée A est défendue par deux herses, des vantaux

et un double mâchicoulis. En avant, donnant sur l'esplanade, l'ouvrage

avancé fut remplacé au XVIIe siècle par un mur de contre-garde crénelé.

Sous le vestibule d'entrée, à droite, est la porte s'ouvrant dans un

vaste corps de garde B, voûté. De la cour d'honneur C on peut se diriger

sur tous les points du palais. Du vestibule D on monte aux étages

supérieurs par un large et bel escalier à deux rampes, ou bien on entre

dans la grande salle basse E et son annexe F, ou, encore dans la salle

G. Par le passage H, on descend à l'esplanade orientale I, où l'on

pénètre dans les salles K, sous la grosse tour L et son annexe _l_. Par

le petit passage O détourné, on s'introduit dans la grande salle M,

laquelle servait de poste et communiquait aux défenses supérieures par

un escalier P. En R, est une poterne défendue par un mâchicoulis

intérieur, une herse et des vantaux. En S, est une seconde poterne

défendue par des mâchicoulis et une herse; en T, un degré qui monte au

rez-de-chaussée de la partie du palais bâtie sur le rocher à un niveau

plus élevé que le sol de la cour d'honneur. La partie la plus ancienne

du palais, la tour de Trouillas est en V, flanquant le rocher et

s'élevant au-dessus de toutes les autres tours du palais: c'est le

donjon, dont nous ne voyons ici que les soubassements. Un escalier X,

desservant cette partie des bâtiments, descend jusqu'au sol de

l'esplanade I, et donne entrée sur le mur de défense Z garni de

mâchicoulis et d'un chemin de ronde. En N, adossé à ce mur, est un

fournil.

Tout ce rez-de-chaussée est voûté et construit de manière à défier le

temps et la main des hommes. Du corps de garde B on monte par un

escalier à vis aux défenses supérieures de la porte principale A. Un

autre escalier Q monte aux appartements donnant sur l'esplanade.

Ainsi qu'on peut le reconnaître, la disposition de rez-de-chaussée est

bonne, en ce que, de la cour d'honneur, on arrive directement à tous les

points du palais. Observons aussi que les deux poternes R, S, sont

percées dans des rentrants, bien masquées et défendues; que les fronts

sont flanqués, et que les architectes ont profité de la disposition

naturelle du rocher pour établir leurs bâtiments. Des jardins

s'étendaient du côté du sud, sur une sorte de promontoire que forme la

colline. D'un côté (vers le nord), le rocher des Doms est à pic sur le

Rhône, et était de plus défendu par un fort (le fort Saint-Martin). De

l'autre (vers le sud), il s'implantait au centre de la ville, et la

coupait pour ainsi dire en deux parts. Vers l'ouest, les _bailles_

s'étendaient jusqu'au palais épiscopal, étaient arrêtées par le rempart

de la ville, qui descendait jusqu'aux bords du Rhône et se reliait au

fort Saint-Martin[29]. Des rampes ménagées le long de ce fort

descendaient jusqu'à la porte ou châtelet donnant entrée sur le pont

Saint-Bénézet, qui traversait le Rhône (voy. PONT). Vers l'est,

l'escarpement est abrupt et domine les rues de la cité. L'assiette de ce

palais était donc merveilleusement choisie pour tenir la ville sous sa

dépendance ou protection, pour surveiller les rives du fleuve

précisément au point où il forme un coude assez brusque, pour être en

communication avec le mur d'enceinte, et pour sortir au besoin de la

cité sans être vu.

Afin de ne pas multiplier les figures, nous présentons le plan du palais

des papes à rez-de-chaussée pour la partie la plus élevée, et au premier

étage pour la partie située au-dessus des bâtiments entourant la cour

d'honneur. Par le fait, le niveau du rez-de-chaussée des bâtiments

supérieurs correspond au niveau d'un étage entresolé, disposé en partie

sur le plan donné dans la figure 14.

En A (fig. 15), est l'église Notre-Dame des Doms, rétablie dans sa forme

première et avant l'adjonction des chapelles qui ont altéré le plan de

ce bel édifice. Élevée pendant le XIIe siècle, l'église Notre-Dame des

Doms, aujourd'hui encore cathédrale d'Avignon, fut conservée par les

papes, et c'est dans son voisinage que les pontifes élevèrent les

premières constructions de leur palais, entre autres les tours B et les

corps de logis _b_. S'avançant peu à peu vers le sud et suivant la

déclivité du rocher, les papes fermèrent d'abord la cour C, entourée

d'un large portique avec étage au-dessus, puis la cour d'honneur D. Il

est à remarquer qu'en élevant chaque tour et chaque corps de logis, on

les fortifiait, pour mettre toujours les portions terminées du palais à

l'abri d'une attaque. Ainsi, le bâtiment E, par exemple, était défendu

par des mâchicoulis en _e_, parce qu'au moment de sa construction, il

avait vue directe sur les dehors, la cour d'honneur D et la grande salle

G ayant été construites en dernier lieu, ainsi que la tour H.

Sous Urbain V, les appartements du pape se trouvaient au premier étage,

autour de la cour d'honneur. Une grande salle (la salle G) entièrement

voûtée, servait de chapelle. Ses voûtes étaient couvertes de belles

peintures dont il ne reste plus que des fragments. L'escalier d'honneur

I donnait entrée dans cette chapelle et dans les appartements des corps

de logis à l'occident et au levant. Un couloir de service longe les

pièces de l'aile occidentale, est desservi par l'escalier K, communique

à la porterie et avec défenses supérieures par les vis L, aboutit

au-dessus de la poterne P, et met l'aile occidentale en communication

avec le logis E. Un crénelage avec larges mâchicoulis bordait les

chambres de l'aile occidentale, au niveau du premier étage, sur le

dehors. En F, étaient placées, au premier étage, les grandes

cuisines[30]. La salle des festins était au-dessus de la salle _b_, et

se trouvait séparée des galeries du cloître par une cour très étroite et

très longue; on observera que des mâchicoulis défendent le pied des

quatre bâtiments qui entourent ce cloître. Des cloisons, dont nous

n'avons pas tenu compte dans ce plan, parce qu'elles ont été changées

plusieurs fois de place, divisaient les logis qui entourent le cloître

et laissaient des couloirs de service. Ce vaste palais était donc très

habitable, toutes les pièces étant éclairées au moins d'un côté. On

remarquera aussi que dans l'épaisseur des murs des tours notamment, sont

pratiqués des couloirs de service et des escaliers qui mettaient en

communication les divers étages entre eux, et pouvaient au besoin

faciliter la défense. Une élévation prise sur toute l'étendue de la face

occidentale fait saisir l'ensemble de ce majestueux palais (fig. 16) qui

domine la ville d'Avignon, le cours du Rhône et les campagnes

environnantes. Il était autrefois richement décoré de peintures à

l'intérieur[31]. Mais deux incendies, l'abandon et le vandalisme, ont

détruit la plus grande partie des décorations. Quelques plafonds assez

richement peints datent du XVIe siècle. L'emmarchement du grand

escalier, aujourd'hui délabré et sordide, était fait de marbre ou de

pierre polie, ses voûtes étaient peintes. La chapelle était des plus

splendides et contenait des monuments précieux: c'est dans ce vaisseau

que furent déposés les trophées envoyés au pape en 1340, par le roi de

Castille, à la suite de la victoire de Tarifa.

Les deux tourelles qui surmontent la porte d'entrée en forme

d'échauguettes ne furent démolies qu'en 1749, parce que (dit un rapport

du sieur Thibaut, ingénieur, en date du 29 mars de la même année) elles

menaçaient ruine; un tableau déposé dans la bibliothèque d'Avignon et

plusieurs gravures nous en ont conservé la forme. Quant aux

couronnements des tours, notamment ceux de la tour de Trouillas, ils ne

furent complétement détruits qu'au commencement de ce siècle, et sont

également représentés dans les tableaux et gravures du XVIIe siècle. Le

palais des papes possède sept tours qui sont: 1º la tour de Trouillas,

2º de la Gache[32], 3º de Saint-Jean, 4º de Saint-Laurent, 5º de la

Cloche, 6º des Anges[33], 7º de l'Estrapade.

Les légats habitèrent le palais d'Avignon, après le départ de l'antipape

Benoît XIII, et y firent quelques travaux, entre autres le cardinal

d'Armagnac, en 1569; mais cette vaste habitation était fort délabrée et

«fort mal logeable», comme le dit Ch. de Brosses, pendant le dernier

siècle. Aujourd'hui, c'est à grand'peine que l'on peut reconnaître les

dispositions intérieures à travers les planchers et les cloisons qui

coupent les étages, pour loger de la troupe[34].

Ce dernier exemple indique, comme les précédents, que la question de

symétrie n'était point soulevée lorsqu'il s'agissait de bâtir des palais

pendant le moyen âge. On cherchait à placer les services suivant le

terrain ou l'orientation la plus favorable, suivant les besoins, et l'on

donnait à chaque corps de logis la forme, l'apparence qui convenaient à

sa destination.

Tous les palais épiscopaux n'avaient pas en France cet aspect de

forteresse. Le palais archiépiscopal de Rouen, le palais épiscopal

d'Évreux, celui de Beauvais, rebâtis presque entièrement au XVe siècle,

ressemblaient fort à des hôtels princiers s'ouvrant sur les dehors par

de larges fenêtres, et ne possédant plus de tours de défense. Quant aux

rois de France, à dater de la fin du XIVe siècle, lorsqu'ils résidaient

dans les villes, ils habitaient des hôtels. À Paris, le roi possédait

plusieurs hôtels, et dans la plupart des bonnes villes on avait le logis

du roi, qui souvent n'était qu'une résidence très modeste. Les châteaux

furent préférés, on y jouissait d'une plus grande liberté. Les troubles

qui remplirent la capitale pendant une grande partie du XVe siècle

engagèrent les souverains à ne plus se fier qu'à de bonnes murailles à

distance de la ville.

Les châteaux du Louvre, de la Bastille, de Vincennes, ceux des bords de

la Loire, devinrent la résidence habituelle des rois de France, depuis

les guerres de l'indépendance jusqu'au règne de François Ier. Les grands

vassaux suivirent en cela l'exemple du souverain, et préféraient leurs

châteaux à leurs résidences urbaines, et le nom de palais resta aux

bâtiments occupés par les parlements.

[Illustration: Fig. 1.]

[Illustration: Fig. 2.]

[Illustration: Fig. 3.]

[Illustration: Fig. 4.]

[Illustration: Fig. 5.]

[Illustration: Fig. 6.]

[Illustration: Fig. 7.]

[Illustration: Fig. 8.]

[Illustration: Fig. 9.]

[Illustration: Fig. 10.]

[Illustration: Fig. 11.]

[Illustration: Fig. 12.]

[Illustration: Fig. 13.]

[Illustration: Fig. 14.]

[Illustration: Fig. 15.]

[Illustration: Fig. 16.]

[Note 1: _Récit des temps mérovingiens_, par Augustin

Thierry, récit 1er.]

[Note 2: Charlemagne avait aussi des palais dans des

villes, celui d'Aix entre autres, qui passait pour très beau.

«Karles ne torna pas à Saint-Polle martir

N'an son palais plenier, qi fu de marbre bis.»

(_La Chanson des Saxons_, ch. L.)

]

[Note 3: _Hist. du duché de Valois_, par le P. Carlier,

prieur d'Andrezy, 1764, t. 1, liv. II, p. 169.]

[Note 4: _Mallobergium, Malbergium_, maison des plaids,

lieu où l'on rendait la justice. (Voir Du Cange,

_Glossaire_.)]

[Note 5: Ce fut dans cette tour que Montgomery fut

enfermé après le tournoi qui fut si fatal à Henri II.]

[Note 6: Ainsi que le constatent deux dessins fort

curieux, représentant les démolitions du palais avant la

construction de la façade actuelle sur la cour du May. Ces

dessins, qui appartenaient à M. Lassus, ont été lithographiés

pour faire partie d'une monographie du Palais, qui n'a pas

été publiée.]

[Note 7: _Antiquités de Paris_.]

[Note 8: Voy. l'_Hist. topogr. et archéol. de l'anc.

Paris_, par MM. A. Lenoir et A. Berty (feuille X).]

[Note 9: Voyez le grand Plan de Paris à vol d'oiseau, par

Mérian, et la Tapisserie de l'hôtel de ville; la Topographie

de la Gaule, par Mérian; _Livre troisième de la Cosmogr.

universelle_, Sébastien Munster et Belle-Forest, 1665; le

Plan de Gomboust; l'oeuvre d'Israël Sylvestre; la Topographie

de la France bibliog. imp.; l'oeuvre de Pérelle (vue du pont

au Change); l'_Hist. pittor. du Palais de justice_, par

Sauvan et Schmit, 1825; l'_Itinéraire arch. de Paris_, par M.

le baron de Guilhermy.]

[Note 10: _Le Livre des faits et bonnes meurs du sage roy

Charles_, chap. XXXVIII. Christine de Pisan.]

[Note 11: Voyez le plan de ce palais dans le _Voyage

archéol. dans le département de l'Aube_ par A. F. Arnaud

(1837). Ce palais est entièrement rasé.]

[Note 12: C'est là, dit M. Ch. de Chergé, dans son _Guide

du voyageur à Poitiers_, que se «trouve la tour historique de

Maubergeon (_Malhbery_, audiences en lieux couverts,

_Mallobergium_), lieu où, dès l'origine, et sous Charlemagne,

furent tenues les audiences publiques et rendue la justice,

et dont relevèrent depuis tous les fiefs capitaux de la

province..... Ce fut dans le palais de Poitiers que le

dauphin, fils de France, fut proclamé roi sous le nom de

Charles VII (oct. 1422); ce fut là encore que fut interrogée,

par les docteurs les plus habiles, Jeanne d'Arc, la Pucelle

(mars 1429); ce fut là que s'assemblèrent les parlements de

Paris et de Bordeaux, au moment où la France presque entière

était anglaise....» Si un monument est historique, c'est bien

celui-là.]

[Note 13: En effet, les saillies des ornements entourant

les fenêtres, les statues décorant les cylindres des tours,

auraient gêné beaucoup le service des mâchicoulis, si l'on

eût voulu en faire usage en cas d'attaque. M. de Mérindol a

bien voulu nous communiquer l'excellent travail qu'il a fait

sur le palais de Poitiers, et c'est d'après ses relevés très

exacts que nos dessins ont été réduits.]

[Note 14: Guizot, _Hist. de la civilis. en France_, VIIIe

leçon.]

[Note 15: _Le Théâtre des antiquités de Paris_, 1612, p.

43.]

[Note 16: Sauval, liv. VII.]

[Note 17: Voyez la tapisserie de l'hôtel de ville; le

Plan Gomboust; le grand Plan de Paris à vol d'oiseau, de

Mérian; les vues d'Israël Sylvestre; celles de Pérelle; le

Plan de la cité de l'abbé Delagrive; les plans et coupes

déposés aux archives de l'Empire et dont M. A. Berty a eu

l'obligeance de nous communiquer des calques; une gravure du

parvis Notre-Dame, par L. van Merlen, qui montre le

couronnement du bâtiment H.]

[Note 18: Voyez dans le tome II de l'_Architecture civile

et domestique_ de MM. Verdier et Gattois, p. 201, le plan du

palais épiscopal.]

[Note 19: Cette tourelle existe encore. (Voy. l'_Archit.

civ. et dom._ de MM. Verdier et Cattois, t. I.)]

[Note 20: Nous devons ces renseignements historiques à M.

Tournal, conservateur du Musée de Narbonne.]

[Note 21: Dite aujourd'hui la place aux Herbes.]

[Note 22: Cet escalier fut détruit vers 1620, et remplacé

par un bel escalier placé dans la tour Y. C'est de 1620 à

1634 que furent élevées de nouvelles façades dans la cour, et

que furent arrangés les grands appartements actuellement

occupés en partie par le musée de la ville. Nous avons

retrouvé les traces des fondations de l'escalier X.]

[Note 23: On désignait ainsi ce passage, parce que sous

l'arcade I était suspendue une ancre, comme signe des droits

que les archevêques possédaient sur le port de Narbonne.]

[Note 24: «Item civitas (Avenionis) habet patuum quod est

juxta cimeterium Sancti Benedicti usque ad rupem castricum

pertinentiis suis usque ad Rhodanum et usque ad domos que

possidentur pro Hugone Bertrando et sicut protenditur usque

adstare Bertrandi Hugonis et usque ad cimeterium ecclesie

Beate Marie et usque ad ecclesiam beate Marie de Castro.»

(Bibl. d'Avignon, fonds Requien, cartul. des statuts. Invent.

des biens de la républ. d'Avignon, fait en 1234 par le

podestat Parceval de Doria.)--Communiqué par M. Achard,

archiviste de la préfecture de Vaucluse.]

[Note 25: Ou Pierre Obrier, selon les _Annales

d'Avignon_, t. III.--Manuscrit donné au musée d'Avignon par

M. Requien; comm. par M. Achard, archiviste de la

préfecture.]

[Note 26: On voit encore aujourd'hui les traces de ce

sinistre dans les parties supérieures de l'édifice. «L'an

1378, à l'heure du trépas du pape Grégoire XI à Rome, selon

les vieux documents de Provence, le palais d'Avignon

s'embrasa par telle fureur, qu'il ne fut jamais au pouvoir

des hommes, quel secours qui de toute part y arrivât, de

l'éteindre ni arrêter, que la plus grande partie de ce grand

et superbe édifice ne fût arse dévorée et mise en

consommation par les flammes, ainsi que j'en ai moi-même

encore vû les marques et vestiges dans cette fière et

hautaine masse de pierres.» (Nostradamus, _Hist. de

Provence_, p. 437.)]

[Note 27: _Journal d'un habitant d'Avignon_, cité par

Gaufridi (_Hist. de Provence_).]

[Note 28: Il est bon d'observer ici que Giotto était mort

à l'époque où s'élevait le palais des papes. Les seules

peintures que l'on pourrait lui attribuer sont celles que

l'on voyait, il y a quelques années, sous le porche de

Notre-Dame des Doms. Mais quand elles furent faites, les

papes n'étaient pas à Avignon.]

[Note 29: Ce fort fut détruit, en 1650, par l'explosion

de la poudrière qu'il contenait.]

[Note 30: Ce sont ces cuisines que l'on montre comme

étant une salle d'exécution à huis clos et une chambre de

torture.]

[Note 31: Il ne reste de ces peintures que des traces

dans la grande chapelle, et dans deux des salles de la tour

dite aujourd'hui de la Justice, M.]

[Note 32: Ce nom lui venait de ce qu'elle servait de

guette. Du haut de la tour de la Gache la plus voisine de la

façade de Notre-Dame des Doms et la plus élevée, (voyez sur

la façade) on donnait, à son de trompe, le signal du

couvre-feu, on avertissait les habitants en cas d'incendie ou

d'alarme.]

[Note 33: C'est la tour située entre la porte et la

grande chapelle (voyez la façade).]

[Note 34: L'empereur Napoléon III a donné l'ordre, lors

de son passage à Avignon, en 1860, de bâtir une caserne dans

la ville, afin de pouvoir débarrasser et réparer ce

magnifique palais.]

PALIER, s. m. Repos ménagé entre les volées d'un escalier (voy.

ESCALIER).

PALISSADE, s. f. _Palis_, _Plaseis_, _Pel_, _Peus_, _Picois_. Enceinte

formée de pieux fichés en terre et aiguisés à leur partie supérieure.

Beaucoup de bourgades, de villages et d'habitations rurales, manoirs,

granges, etc., n'étaient, pendant le moyen âge, fermés que de

palissades. Les dépendances des châteaux, basses-cours, jardins,

garennes, n'avaient souvent d'autre défense qu'une palissade avec haie

vive.

«Là ù li Griu recuevrent de plascis

Fu mult fors li estors et durs li fereis[35];

...

Ne l'puet garir castiaus, tant soit clos de palis,

Fossés, ne murs entor, dognons, ne plascis[36].»

Il était d'usage aussi de planter des palissades au pied des remparts

des villes, de manière à laisser entre la muraille et l'enceinte de

pieux un espace servant de chemin de ronde, de _lice_, ainsi qu'alors on

appelait ces espaces. C'était un moyen d'empêcher les assaillants de

saper le pied des remparts, lorsqu'il n'y avait pas de fossés, de

prolonger la défense, et de permettre aux assiégés de faire des sorties.

Lorsqu'une troupe investissait un château ou une ville fortifiée, il y

avait d'abord de furieux combats livrés pour s'emparer des palissades et

des lices, afin de pouvoir attacher les mineurs aux murs, ou faire

approcher les galeries et tours roulantes.

«Aportez mei cet pel dont cel chastel est clos:

Com ainz l'arez tolli, ainz sarez à repos[37].

. . .

Li Dus a Herloin mult bien asseuré,

Monsteroil a bien clos, enforchié è fermé.

De pel à hérichon, de mur è de fossé[38].

...

N'i poent pel ne mur remeindre[39].»

Ces ouvrages de bois autour des places avaient souvent une grande

importance; ils formaient de véritables barbacanes, ou défendaient de

longues caponnières. Les assiégés faisaient du mieux qu'ils pouvaient

pour les conserver, car ces palissades forçaient les assaillants à

étendre leur contrevallation, permettaient l'entrée des secours et des

provisions, et rendaient la défense du haut des remparts plus efficace

en ce qu'elle découvrait un champ plus étendu. (Voy. ARCHITECTURE

MILITAIRE, SIÉGE.)

[Note 35: _Li Romans d'Alixandre: Combat de Perdicas et

d'Akin_. Édit. de Stuttgard, 1846, p. 140.]

[Note 36: _Ibid._: _Message à Darius_, p. 251.]

[Note 37: _Le Roman de Rou_, vers 2600.]

[Note 38: _Ibid._, vers 2628.]

[Note 39: _Ibid._, vers 7352.]

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 7 - (P) · 第 2 / 44 段