DOCUMENTS ICONO-BIBLIOGRAPHIQUES

Blason de Ulrich von Hutten.

«De gueule à deux bandes d'or. Cimier: un vol de gueule chargé, à dextre

de deux barres, et à senestre de deux bandes d'or.»

Épitaphe.

Hic eques auratus jacet, oratorque disertus

Huttneus, vates carmine et ense potens.

Iconographie.

La plupart des portraits de Ulrich von Hutten sont de deux styles et

semblent provenir de deux modèles: le portrait en pied et le buste; ils

ont été refaits et stylisés dans différentes éditions et de toutes

manières. Un autre portrait représente le chevalier lauré; les moines,

pour marquer leur mépris du pamphlétaire, en firent l'usage que trouva

merveilleusement Gargantua (au chapitre XIII de _la Vie très horrificque

du Grand Gargantua_[2]). Ulrich von Hutten voulut, pour cette injure,

mettre le feu au couvent et s'apaisa en lui infligeant une amende de

mille pistoles.

[2] Comment Grandgousier congneut l'esperit merveilleux de Gargantua à

l'invention d'un torche (cul.)

Index bibliographique.

Une réédition complète des œuvres de Ulrich von Hutten a paru en 6

volumes in-8º chez J. G. Reimer, à Berlin, 1821-1827.

Parmi les éditions princeps, il convient de citer:

_Epistolæ obscurorum virorum ad venerabilem magistram Ortuinus, Gratiâ

Peventriensem Coloniæ Aggrippinæ bonas litteras docentem viriis et locis

et temporibus missæ, ac demum in volumen coactæ._

Le colophon indique comme lieu d'édition Venise et comme nom

d'imprimeur, le célèbre architypographe Alde. En dépit de cette

indication, l'ouvrage a été clandestinement imprimé en Rhénanie. Une

édition augmentée porte cette indication qui précise les rapports de

Hutten avec la Suisse où il devait terminer sa vie:

_Hoc opus est impressum Berne, ubi quator prædicatorum lucernæ

illuminaverunt totam Suitensium regionem, antequam Hochstrat vexavit

Joannem Capnionem_ (c'est le surnom de Reuchlin). On a joint souvent à

ces éditions: _les Lamentations des hommes obscurs_ parues à Cologne

en 1518 (?) avec un singulier frontispice, mais là, l'imitation du

genre est patente.

en grec: ΟΥΤΙΣ: Nemo, seu satyra de ineptis sæculi studiis et veræ

eruditionis contemptu. Leipzig, Schumann, 1518.

C'est une satire des études «stupides de ce siècle et du mépris qu'il

a de la véritable érudition»; macaronade en vers latins: Personne

(l'auteur) est coupable; et dans la société, personne n'est coupable.

Le volume est orné d'un singulier frontispice gravé sur bois _par_ ou

_d'après_ Hans Cranach; le dessin représente un fou costumé de

feuilles effrangées et armé d'un balai à mouches, un hibou est perché

sur sa tête; le décor est d'une composition baroque. Il y eut une

imitation française: _Les grands et merveilleux faits de Nemo, imités

en partie des vers latins d'U. de H., et augmentés par P. J. A. Léon

Macé Bonhomme._

Ulrichi de Hutten eq.

De Guaici medicina et morbo Gallico, liber unus. Mayence, Scheffer,

1519.

Ce traité singulier a eu de nombreuses éditions tant en Allemagne

qu'en Italie; le chevalier traita gravement du mal dont il devait

mourir. On remarquera, dans l'énoncé de ce docte sujet, les aménités

nationales qui attribuent à des patries différentes, selon le

traducteur, une avarie déjà connue sans étiquette ethnique, des

Égyptiens.

_L'expérience et approbation de Ulrich de Hutten, notable chevalier,

touchant la médecine du boys dict de gaïacum, pour circumvenir et

déchasser la maladie induement appelée françoise, ainçoys par gens de

meilleur jugement est dicte et appelée la maladie de Naples._

Traduite et interprétée par maistre Jeham Cheradame Hippocrates,

estudyant en la faculté et art de médecine.

On lit dans le colophon: Cy finist le livre de Ulrich de Hutten, de la

maladie de Naples, nouvellement imprimé à Paris, pour Jehan Trepperel,

libraire et marchant demourant à la rue Neufve Nostre Dame à

l'enseigne de l'Escu de France.

On retrouve ce volume dans le fonds si riche du grand maître imprimeur

si peu connu Louis Perrin:

_Livre du chevalier Ulric de Hutten sur la Maladie française et sur les

propriétés du bois de Gayac_, précédé d'une notice historique sur sa vie

et ses ouvrages, traduit du latin, accompagné de commentaires, d'études

médicales, d'observations critiques, de recherches historiques,

biographiques et bibliographiques par le Dr F.-F.-A. Potton. Lyon, Louis

Perrin, 1865 in-8º.

_Dialogi_: Fortuna, Febris etc... Moguntiæ (Mayence), Schœffer, 1520.

Avec un bois gravé représentant la Fortune tenant une corne

d'abondance, debout sur un globe et portant une sphère sur la tête.

_Conquestiones._ Schott, Strasbourg, 1520.

Ce volume _se termine_ par un portrait gravé sur bois représentant le

chevalier lauré; l'image s'inscrit dans une couronne comportant quatre

blasons de Hutten et ses aïeux.

Parmi les ouvrages traduits en français en plus de celui cité plus haut,

voici les seuls connus:

_Dialogue très facétieux et très salé_, traduit du latin par Victor

Develay, Paris, Librairie des Bibliophiles, 1870.

Lettre des Hommes obscurs.--(C'est la première édition en français.) Par

le même--même édition.

_Arminius_, dialogue de U. v. H. traduit en français pour la première

fois, texte latin en regard, par Édouard Thion, Paris, Lisieux, 1877.

Epitres des hommes obscurs du chevalier Ulric von Hutten traduites par Laurent Tailhade · 第 7 / 96 题