[_Particulière._]
Le 27 octobre 1832.
Mon cher duc,
Notre échange des ratifications vient d'être fait. Je suis bien aise
que vous soyez content et je le suis beaucoup d'avoir servi le
ministère que j'aime et dont vous êtes le principal intérêt.
J'ai été obligé de m'occuper sans délai de toutes les communications
à faire, et j'espère que j'y ai mis toute la prudence que les
circonstances exigent. C'est en déposant Venloo entre les mains des
Prussiens que le nœud gordien sera dénoué.
Cela est sans inconvénient, et cela nous débarrasse des exigences
des puissances du Nord qui, la Prusse satisfaite, n'oseront avoir
des doutes sur notre bonne foi. C'est, d'ailleurs, un hommage à la
personne même du roi de Prusse dont la bienveillance est fort à
soigner; car elle est une barrière et il faut la rendre
insurmontable. Je vous engage à presser M. de Werther d'écrire dans
ce sens-là à sa cour. De mon côté, j'exciterai M. de Bülow. Vous
voyez donc qu'il doit être entendu que, même le roi de Hollande
refusant, le roi des Belges doit évacuer la partie du territoire qui
ne lui appartient pas. Cela mettra d'autant plus le roi de Hollande
dans son tort sans nous mettre nous dans aucun danger, puisque nous
devons stipuler que le roi de Prusse évacuera Venloo dès que le roi
des Pays-Bas aura accédé au traité du 15 novembre.
Adieu, mille amitiés bien tendres.