LE PRINCE DE TALLEYRAND AU COMTE DE RIGNY.

«Londres, le 17 juillet 1834.

»Monsieur le comte,

»J'ai l'honneur de vous transmettre une copie de la lettre que je

viens de recevoir de M. le ministre d'Espagne et qui était accompagnée

de la note, également jointe en copie, adressée par ce ministre à lord

Palmerston. Cette note qui est toute empreinte de l'irréflexion d'une

démarche faite, je pense, un peu prématurément, mettra nécessairement

le gouvernement anglais dans le cas de s'entendre avec nous sur la

conduite que les cabinets de Londres et de Paris auront à tenir dans

les circonstances nouvelles où va se trouver l'Espagne. Je vous prie,

monsieur le comte, de vouloir bien me faire connaître à cet égard les

intentions du gouvernement du roi et me donner les directions qui me

sont absolument nécessaires dans une question si importante et qui se

rattache si intimement aux intérêts de la France.

»J'ai accusé réception simplement à M. de Miraflorès de sa note, et

comme il est évident qu'elle est son propre ouvrage et qu'il n'a pas

eu le temps de recevoir des ordres de sa cour, vous croirez sans doute

que nous devons attendre, pour prendre un parti décisif, que le

gouvernement espagnol ait communiqué directement ses vues sur ce

point.

»J'ai l'honneur de vous envoyer un exemplaire du _bill_ rendu dans la

dernière session du parlement sur l'exécution des conventions conclues

entre la France et la Grande-Bretagne pour la répression de la traite.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 5 · 第 184 / 313 题