«Paris, le 18 juin 1834.
»Mon prince,
»Rouen[237] me mande du 28 mai que l'escadre anglaise était à Nauplie
et qu'elle portait _quinze cents hommes de troupe_ et six pièces de
campagne. L'amiral parlait d'aller vers les Dardanelles, mais
attendrait encore quelques jours des nouvelles de Malte.
»Cette demi-mesure me paraît singulière, mais s'accorde avec le
langage que jusqu'à la date du 30 mai tenait à Constantinople lord
Ponsonby. Je suis porté à croire que, depuis, il aura modifié ce
langage et même qu'il aura déconseillé à l'amiral de réunir ses
vaisseaux sur la côte d'Asie. En tout cas, la Russie va en prendre
prétexte pour rester armée et nous serons constamment en échec.
»Un Russe, nommé Mayenvorth, qui fait ici son métier, dit partout
avoir reçu de Medem l'assurance que s'il entre encore un vaisseau
anglais dans la Méditerranée les Russes iront au Bosphore. Il
faut savoir que leur position maritime dans la mer Noire n'est
garantie que par les châteaux du Bosphore, car Sébastopol n'est pas en
état de défense par mer...»
[237] Le baron Rouen était alors ministre de France en Grèce.