«Paris, le 11 juin 1834.
»Mon prince,
»Il nous paraît ici que M. Grant[233] a été bien officieux et bien
prompt quant à don Carlos. S'il l'eût laissé vingt-quatre heures de
plus menacé par Rodil, on aurait eu une convention avec lui à peu
près semblable à celle qu'a souscrite dom Miguel.
»Quoi qu'il en soit, le traité a bien atteint son but: l'expulsion des
deux prétendants, et don Carlos nous paraît être, sauf quelque chose
d'écrit, exactement dans la même situation que dom Miguel.
»On ne pouvait dans un traité fixer leur résidence future: on ne le
peut davantage dans un supplément de traité. Quant à rendre le traité
permanent, je comprends que Martinez de la Rosa le désire comme action
morale continue sur les partisans de don Carlos; mais il ne faudrait
pas que cela devînt pour nous une nécessité ou une obligation d'une
intervention continue aussi: cela serait embarrassant. Rayneval et
Villiers me paraissent être d'accord cependant qu'il y aurait quelque
chose à ajouter. Si on le veut à Londres, nous n'y ferons pas
d'obstacle, mais nous ne voudrions pas qu'il en résultât pour nous
aucune obligation nouvelle en dehors des termes du traité dont vous
avez si bien saisi l'à-propos et calculé les effets.
»Le duc de Frias a eu l'ordre de nous presser là-dessus. Je lui ai
simplement répondu ce matin que c'était une affaire à traiter à
Londres...»
[233] Sir John Grant (1804-1850) était secrétaire de légation en
Portugal. Il faisait fonction de chargé d'affaires en l'absence
du ministre lord Howard de Walden. Les conditions de la
capitulation d'Evora avaient été discutées dans une conférence
entre lui, le général en chef des troupes miguélistes et le comte
de Saldanha.