«Paris, le 19 mai 1834.
»Mon prince,
»Roussin vient de refuser[221]: on va le remplacer par l'amiral Jacob,
je crois. J'ai laissé le conseil parfaitement libre de nommer un
ministre des affaires étrangères ou un ministre de la marine.
»Nous avons beaucoup de lettres de Constantinople et de Vienne.
Roussin mande que les préparatifs maritimes russes sont immenses et
pressés: on annonce un voyage de l'empereur en Crimée. Méhémet-Ali
s'agite sur son divan et se croit menacé, mais il est assez embarrassé
en Syrie et à Candie et ne pense plus à aller plus loin autrement
que par des intrigues dans le divan même.
»Sainte-Aulaire pense que les trois cours du Nord feront un
arrangement séparé avec la Hollande, si les conférences ne se
reprennent pas.
»M. de Metternich ne digère pas le traité, mais prend en apparence la
chose assez doucement. M. Ancillon est plus vif. Nous sommes dans un
petit moment d'agitation ministérielle qui n'aura pas de suites, mais
cela me fait perdre mon temps et un peu de ce que j'avais à vous
dire...
»M. de La Fayette s'en va mourant ce soir, demain ou après au plus
tard[222]... »
[221] Le portefeuille de la marine.
[222] M. de La Fayette mourut le 20 mai. Ses obsèques eurent lieu
le 22 au milieu d'une immense affluence.