LE PRINCE DE TALLEYRAND AU COMTE DE RIGNY.

«Londres, le 1er mai 1834.

»Monsieur le comte,

»...J'ai pu voir lord Palmerston hier et lui parler des deux affaires

qui faisaient l'objet principal de votre dépêche numéro 33. Il adopte

en tout point votre opinion sur la conduite du gouvernement prussien

envers le général Goblet et il a écrit à Berlin pour charger lord

Minto de faire des représentations...

»Il y a eu tant et de si diverses propositions mises en avant dans ces

derniers temps au sujet du Luxembourg, que lord Palmerston pense qu'il

ne nous convient pas de nous montrer trop préoccupés de cette affaire,

et que nous devons attendre qu'on nous soumette quelque projet positif

que la France et l'Angleterre seront toujours libres d'accepter ou de

rejeter.

»Lord Palmerston m'a communiqué ensuite des dépêches qu'il avait

reçues de Vienne et dans lesquelles sir Frédéric Lamb lui rendait

compte de plusieurs conversations qu'il avait eues avec le prince de

Metternich, sur la reprise des conférences de Londres pour terminer

l'affaire hollando-belge. Toutes ces conversations n'ont été qu'une

longue série de raisonnements de la part du chancelier d'État pour

prouver la nécessité de réunir la conférence, et quoique, en

définitive, ils ne présentent rien de bien nouveau, lord Palmerston se

propose de charger sir Frédéric Lamb d'y répondre et d'annoncer

l'intention du gouvernement anglais de se rendre aux désirs du cabinet

autrichien, lorsqu'on aura la certitude que le roi des Pays-Bas

consent à signer les sept premiers articles du traité du 15 novembre,

sur lesquels les gouvernements d'Autriche, de Prusse et de Russie

n'ont jamais élevé la moindre contestation. Il pense, comme moi, que

le refus ou l'acceptation du roi des Pays-Bas ferait connaître

péremptoirement s'il veut ou ne veut pas finir.

»La dépêche de lord Palmerston sera transmise à Vienne par Paris,

et lord Granville doit vous en donner communication...

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 5 · 第 159 / 313 题