«Paris, le 4 mai 1833.
«Mon prince,
»Vous trouverez, mon prince, dans ma dépêche officielle, le résumé de
nos nouvelles de Constantinople. L'affaire ne tient plus qu'à un fil à
Alexandrie. Ibrahim se retire; j'ai tout lieu d'espérer que les
efforts réunis de tout le monde agiront sur le pacha et que nous
emporterons le tout. Mais, il n'en devient que plus nécessaire d'agir,
dès aujourd'hui, sur la Russie, qui fait ce qu'elle peut, me
mande-t-on de Constantinople, pour empêcher le dénouement, afin de
s'impatroniser tout à son aise dans le Levant, de bien s'établir et de
ne s'en aller qu'après mille difficultés. Je suppose que les derniers
événements parlementaires en Angleterre sont le seul obstacle à la
proposition dont vous m'avez parlé, et sur laquelle je me suis
empressé de vous répondre. Après la victoire, j'espère que nous allons
reprendre l'affaire d'Orient, sur nouveaux frais, et je vous conjure
de ne pas laisser le gouvernement anglais s'endormir encore une fois.
»Je ne sais ce que nous devons espérer ici des démarches des trois
cours à La Haye; les nouvelles de M. d'Eyragues[85] ne sont pas
rassurantes; il faut cependant en finir.--Les affaires vont bien ici;
tout annonce que la nouvelle session sera facile et courte...»
[85] Le marquis d'Eyragues, diplomate français, alors secrétaire
d'ambassade à La Haye, où il résidait depuis 1832. Il avait
d'abord été envoyé à Copenhague en 1827. En 1835, il alla comme
premier secrétaire à Constantinople, et fut plus tard accrédité
comme ministre plénipotentiaire à Carlsruhe (1838), puis à Dresde
(1845).