«Londres, le 28 mars 1833.
»Monsieur le duc,
»Dans une des dernières dépêches que vous m'avez fait l'honneur de
m'adresser, vous avez bien voulu me parler d'un entretien que sir
Stratford Canning aurait eu avec M. de Rayneval et duquel il
résulterait que l'Angleterre ne serait pas éloignée de traiter la
question portugaise sur la base de la reconnaissance de dom Miguel.
»J'ai déjà été dans le cas de vous exposer les difficultés qui
s'opposaient à ce que je pusse me procurer des renseignements sur les
intentions précises du cabinet anglais à l'égard du Portugal et de
l'Espagne. Je puis vous dire cependant que j'ai plus d'une fois
entretenu lord Palmerston de l'état de la péninsule, et que le langage
qu'il m'a tenu dans ces différentes occasions me persuade que
l'Angleterre n'a aucun plan arrêté pour mettre fin à l'état de choses
qui existe en Portugal. Je suis même porté à croire que depuis le
départ de sir Stratford Canning, et depuis surtout que ce diplomate a
échoué dans la négociation qu'il devait suivre à Madrid, le cabinet
anglais s'est à peu près livré aux événements pour la solution de la
question portugaise. Il attend les informations de sir Stratford
Canning, et je crois qu'il ne lui a pas envoyé d'autres
instructions que celle de se diriger d'après les circonstances.
»Je ne vous envoie pas la note remise le 3 février par sir Stratford
Canning à M. de Zéa, ni la réponse que celui-ci a faite sous la date
du 28 février; je les ai entre les mains, mais je suppose que M. de
Rayneval n'aura pas manqué de vous transmettre des copies de ces deux
pièces.
»Je vous renouvelle l'assurance que je ne négligerai rien pour me
procurer tous les renseignements qu'il me sera possible d'obtenir sur
la marche du gouvernement anglais dans les affaires de Portugal et
d'Espagne, et que je m'empresserai de vous les communiquer...»