MADAME ADÉLAÏDE D'ORLÉANS AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Tuileries, le 24 janvier 1833.

»Mon cher prince,

»J'ai tout de suite fait part au roi de ce que vous me mandez sur les

douanes. Il me charge de vous dire qu'il entre tout à fait dans votre

manière de voir à cet égard, et qu'il ne cesse de parler dans ce sens,

et pour amener le résultat que vous désirez et lui aussi avec toute

sagesse et raison, car, certes, notre alliance avec l'Angleterre est

plus heureuse et plus importante que jamais pour nous et pour elle.

»C'est une bien grande nouvelle que la victoire d'Ibrahim[60]. Notre

cher roi désire vivement savoir quelles sont vos idées sur cet

événement?... quelles seront ses conséquences?... et sur ce que vous

pensez qu'il y aurait à faire maintenant, et à préparer pour les

suites qu'elles peuvent avoir et pour l'avenir. Il pense avec raison

que personne ne peut mieux juger cela que vous; et dans sa grande

confiance en vos lumières, il tient beaucoup à avoir votre avis sur

cette importante question...»

[60] Bataille de Konieh (21 décembre 1832), où l'armée turque fut

taillée en pièces. C'est à la suite de cette bataille que furent

entamées les négociations dont il est question plus haut.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 5 · 第 69 / 313 题