«Londres, le 27 octobre 1832.
»Monsieur le duc,
»J'ai reçu ce matin les ratifications de la convention du 22 octobre
que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser avec votre dépêche numéro
77. Je vois avec plaisir que cette convention a rempli les intentions
du gouvernement du roi, et je vous le répète, je suis convaincu qu'il
appréciera chaque jour davantage ses conséquences importantes. Nous
venons de faire l'échange des ratifications avec lord Palmerston; je
vous enverrai celles de l'Angleterre par le prochain portefeuille.
»Nous avons transmis la convention ratifiée aux plénipotentiaires des
trois cours d'Autriche, de Prusse et de Russie, avec la note dont je
joins une copie.
»Un bateau à vapeur part dans une heure pour Rotterdam; il porte la
note numéro 2 aux chargés d'affaires de France et d'Angleterre à La
Haye, et un courrier, qui part également ce soir, portera à Bruxelles
la note numéro 3.
»Quant aux explications que vous me demandez, monsieur le duc, sur la
clause de la convention relative à la remise de Venloo par les Belges,
je puis vous dire que nous n'avons jamais eu l'intention de faire
livrer Venloo au roi des Pays-Bas, avant la complète exécution du
traité du 15 novembre. La sommation sera faite aux Belges comme
témoignage de notre impartialité, mais voici le parti que nous avons
pris au sujet de cette ville. Nous devons demain, lord Palmerston et
moi, proposer au baron de Bülow de faire remettre Venloo par les
Belges à Sa Majesté le roi de Prusse, sous la condition que ce
souverain s'engagera à ne la restituer au roi des Pays-Bas, que
lorsque celui-ci aura rempli toutes les stipulations du traité du 15
novembre. Je vous ferai connaître l'issue de cette proposition que
j'ai adoptée parce que je savais qu'elle entrait complètement dans les
vues du roi...»